Consécration au Sacré Cœur de Jésus
Cette Consécration a été composée par Sainte Marguerite-Marie, sous l’inspiration de Notre-Seigneur, ainsi qu’elle l’écrit au P. Croiset en lui recommandant de l’insérer dans le Livre qu’il devait faire paraître. « Elle vient de Lui, dit-elle, et Il n’agréerait pas qu’elle y fût omise. »
Je, (nom), me donne, et consacre au sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ma personne et ma vie, mes actions, peines et souffrances, pour ne plus vouloir me servir d’aucune partie de mon être que pour l’honorer, aimer et glorifier. C’est ici ma volonté irrévocable que d’être tout à lui, et faire tout pour son amour, en renonçant de tout mon cœur à tout ce qui lui pourrait déplaire. Je vous prends donc, ô sacré Cœur, pour l’unique objet de mon amour, le protecteur de ma vie, l’assurance de mon salut, le remède de ma fragilité et à mon inconstance, le réparateur de tous les défauts de ma vie, et mon asile assuré à l’heure de ma mort. Soyez donc, ô Cœur de bonté ! ma justification envers Dieu le Père, et détournez de moi les traits de sa juste colère, ô Dieu d’amour ! je mets toute ma confiance en vous, car je crains tout de ma malice et de ma faiblesse, mais j’espère tout de votre bonté. Consumez donc en moi tout ce qui vous peut déplaire ou résister. Que votre pur amour vous imprime si avant dans mon cœur que jamais je ne vous puisse oublier, ni être séparé de vous que je conjure, par toutes vos bontés que mon nom soit écrit en vous, puisque je veux faire consister tout mon bonheur et toute ma gloire à vivre et mourir en qualité de votre esclave. Ainsi soit-il.
Indulgence de 300 jours, une fois le jour, pour la récitation de cette Consécration. — Léon XIII, 1er juillet 1897.
Amende honorable au Sacré Cœur de Jésus-Christ
Cette Amende honorable est du P. Croiset. C’est d’elle notamment que sainte Marguerite-Marie, écrivant à son auteur, disait : « Je ne doute pas qu’Il (Jésus-Christ) n’y ait travaillé pour vous, puisque le tout, si je ne me trompe, est si parfaitement de son agrément, que je ne crois pas qu’il y faille rien changer. »
Très adorable et très aimable Jésus, toujours rempli d’amour pour nous, toujours touché de nos misères, toujours pressé du désir de nous faire part de vos trésors, et de vous donner vous-même tout à nous : Jésus mon Sauveur et mon Dieu, qui par l’excès du plus ardent et du plus prodigieux de tous les amours, vous êtes mis en état de victime dans l’adorable Eucharistie, où vous vous offrez pour nous en sacrifice un million de fois chaque jour, quels doivent être vos sentiments en cet état, ne trouvant pour tout cela dans le cœur de la plupart des hommes que dureté, qu’oubli, qu’ingratitude et que mépris ? N’était-ce pas assez, ô mon Sauveur ! d’avoir pris la voie qui vous était la plus rude pour nous sauver, quoique vous pussiez nous témoigner un amour excessif à beaucoup moins de frais ? N’était-ce pas assez de vous abandonner pour une fois à cette cruelle agonie et à ce mortel accablement que vous devait causer l’horrible image de nos péchés dont vous vous étiez chargé ? Pourquoi vouloir encore vous exposer tous les jours à toutes les indignités dont la plus noire malice des hommes et des démons était capable ? Ah ! mon Dieu, et mon tout aimable Rédempteur, quels ont été les sentiments de votre sacré Cœur à la vue de toutes ces ingratitudes et de tous ces péchés ? Quelle a été l’amertume où tant de sacrilèges et tant d’outrages ont plongé votre Cœur ?
Touché d’un extrême regret de toutes ces indignités, me voici prosterné et anéanti devant vous, pour vous faire amende honorable aux yeux du ciel et de la terre pour toutes les irrévérences et les outrages que vous avez reçus sur nos autels depuis l’institution de cet adorable sacrement. C’est avec un cœur humilié et brisé de douleur que je vous demande mille et mille fois pardon de toutes ces indignités. Que ne puis-je, ô mon Dieu ! arroser de mes larmes et laver de mon sang tous les lieux où votre sacré Cœur a été horriblement outragé et où les marques de votre divin amour ont été reçues avec un mépris si étrange ! Que ne puis-je par quelque nouveau genre d’hommage, d’humiliation et d’anéantissement réparer tant de sacrilèges et de profanations ! Que ne puis-je pour un moment être le maître du cœur de tous les hommes, pour réparer en quelque manière, par le sacrifice que je vous en ferais, l’oubli et l’insensibilité de tous ceux qui n’ont pas voulu vous connaître, ou qui vous ayant connu vous ont si peu aimé. Que ne puis-je arroser de mon sang tous les lieux où votre corps sacré a été traîné par terre et foulé aux pieds !
Mais, ô mon aimable Sauveur ! ce qui me couvre encore plus de confusion, ce qui me doit faire gémir davantage, c’est que j’ai été moi-même du nombre de ces ingrats. Mon Dieu, qui voyez le fond de mon cœur, vous savez la douleur que je sens de mes ingratitudes et le regret que j’ai de vous voir si indignement traité. Vous savez la disposition où je suis de tout souffrir et de tout faire pour les réparer. Me voici donc, Seigneur, le cœur brisé de douleur, humilié, prosterné, prêt à recevoir de votre main ce qu’il vous plaira exiger de moi pour la réparation de tant d’outrages. Frappez, Seigneur, frappez, je bénirai et je baiserai cent fois la main qui exercera sur moi un si juste châtiment. Que ne suis-je une victime propre pour réparer tant d’injures ! Trop heureux, si je pouvais par tous les tourments possibles réparer tant d’outrages, tant de mépris et tant d’impiétés. Que si je ne mérite pas cette grâce, du moins agréez le véritable désir que j’en ai.
Recevez, Père éternel, cette amende honorable que je vous fais en union de celle que ce sacré Cœur vous en fit sur le Calvaire et que Marie vous en fit elle-même au pied de la Croix de son Fils ; et en vue de la prière que son sacré Cœur vous en fait. Pardonnez-moi tant d’indignités et tant d’irrévérences commises et rendez efficace par votre grâce la volonté que j’ai et la résolution que je fais de ne rien oublier, pour aimer ardemment, et pour honorer par toutes les voies possibles mon Souverain, mon Sauveur et mon Juge, que je crois réellement présent dans l’adorable Eucharistie, où je prétends faire voir désormais, par le respect dans lequel je serai en sa présence, et par mon assiduité à lui faire la cour, que je le crois réellement présent. Et comme je fais profession d’honorer singulièrement son sacré Cœur, c’est aussi dans ce même Cœur que je veux passer le reste de ma vie. Accordez-moi la grâce que je vous demande de rendre dans ce même Cœur le dernier soupir à l’heure de ma mort. Ainsi soit-il.