La consécration solennelle de l’église du Vœu national avait été annoncée pour le mois d’octobre de l’année 1914, mais au mois d’août la guerre éclata comme un coup de foudre et rendit impossible la solennité projetée. Dieu nous réservait de la célébrer comme l’ex-voto de la Victoire et de la paix.

Ce fut une journée inoubliable que celle du jeudi 16 octobre 1919, qui vit se dérouler les grandioses cérémonies de la Consécration de l’église votive de Montmartre au Sacré Cœur. Les catholiques de France l’attendaient comme un grand événement religieux et national. Le Vœu national va, en effet, rejoindre dans notre histoire le Vœu de Louis XIII et celui de Reims, et le sentiment populaire attend de sa réalisation une ère de gloire et de prospérité, dont nos récentes victoires sont le gage. Aussi vit-on à cette incomparable fête presque tous les Evêques de France et des Colonies françaises et, à leur tête, les sept Cardinaux français, auxquels étaient venus se joindre le Cardinal Bourne, Primat d’Angleterre, l’Evêque de Liège, représentant l’épiscopat belge, trois évêques canadiens, l’Evêque d’Alessio en Albanie, plusieurs Vicaires apostoliques appartenant à diverses congrégations religieuses. Le Souverain Pontife Benoît XV lui-même avait voulu être présent en la personne d’un Légat du Saint-Siège, S. E. le Cardinal Vico, Cardinal-Evêque de Porto et Sainte-Rufine, Préfet de la Congrégation des Rites.

Napoléon Ier avait formé le rêve d’élever un temple à la Paix sur les hauteurs de Montmartre. Le véritable temple de la paix, c’est celui qui vient d’être dédié « au Cœur du Dieu vivant, qui s’appelle lui-même le Dieu de la paix… » Puissions-nous, devant l’autel du Dieu de charité, cimenter cette union sacrée qui ferait de tous les Français un peuple de frères Cfr. Lettre pastorale de S. E. le Cardinal Amette, Archevêque de Paris, 15 août 1919. — M.-A. Janvier, O. P., Discours prononcé à Montmartre, le 16 octobre 1919. — Semaine religieuse de Paris, 25 octobre 1919. !