Pie IX proclame les vertus héroïques
A partir du voyage à Paray des notaires apostoliques en 1830, il fallut quatorze ans encore pour l’examen des vertus et des écrits de la Sainte. Tout fut analysé, étudié, discuté avec cette exactitude, cette maturité qui caractérisent les actes irréformables de la Cour romaine. Ce fut un des premiers actes du pontificat de Pie IX, de déclarer, le 23 août 1846, qu’il y avait constatation des vertus de la Servante de Dieu, pratiquées au degré héroïque.
Nouvelle ouverture du tombeau
On croyait tout fini. Mais il fallut attendre, vingt-quatre années encore, le décret solennel de Béatification. On procéda alors à une nouvelle ouverture du tombeau, dans le but de reconnaître définitivement les saints ossements qui ne devaient plus y rentrer. La matière cérébrale s’était durcie depuis 1830, mais elle était conservée intacte ; elle fut retirée et mise dans un cœur en cristal environné de marguerites en émail et fixé au centre d’une petite monstrance soutenue par deux anges.
La Châsse
Les ossements sacrés, enveloppés séparément dans une sorte d’étui en drap d’or, ont été placés dans les membres correspondants d’une effigie en étoffe et en cire qui est vraiment belle et pieuse Avant la dispersion de la communauté de Paray, en 1792, on possédait un portrait de la Sainte, dont les Annalistes du monastère ont écrit : « Quant au portrait de notre Vénérable Sœur Marguerite-Marie, soustrait comme un précieux objet à l'impiété révolutionnaire, qu'est-il devenu ? Sans nul doute, il fut soigneusement caché et conservé ; mais, par un concours de circonstances inconnues, il ne resta pas entre les mains de celles d'entre nous qui l'avaient recueilli. Longtemps, dit-on, il a décoré l'habitation d'une honnête famille de cultivateurs, où nos anciennes Sœurs assuraient l'avoir vu. » — Au bas de la page se trouve cette note ajoutée plus tard : « Lorsqu'après le rétablissement du monastère on s'est informé, soit auprès du fils de cette famille, dont le nom est Bréraud, soit auprès d'autres personnes, le précieux portrait avait disparu, et aucune recherche n'a pu le découvrir. » Il n'est pas probable que ce soit celui que possède aujourd'hui le Musée de Dijon et qui se dit être de la fin du XVIIe siècle. . La pose est très naturelle. Les yeux sont doucement abaissés sur le Cœur de Jésus placé dans la main droite, tandis que la gauche tient le lis virginal. Les bras sont croisés l’un sur l’autre, la physionomie porte l’empreinte d’une céleste sérénité. Les vêtements de la Sainte sont, pour la forme et la couleur, parfaitement semblables à ceux que les Règles ont fixés aux Sœurs de la Visitation. Marguerite-Marie repose sur une couchette en drap d’argent brodée en or. Sa tête est couronnée d’un diadème orné de perles et de diamants. La sainte effigie est installée dans une magnifique châsse en argent, avec dorure, émaux et pierreries, l’un des chefs-d’œuvre de l’orfèvrerie française de notre temps. Car l’élan était universel. Aux générosités de la France étaient venues se joindre celles des autres nations. La Belgique voulut faire, en majeure partie, les frais de la châsse, l’Espagne ceux du diadème. Les dames catholiques d’Angleterre travaillèrent de leurs mains l’immense tapis, soie et laine, qui couvre le chœur et le sanctuaire de la chapelle publique. Le Levant avait tenu à embaumer le sanctuaire par le plus pur encens d’Arabie Cfr. Cucherat, Les saints pèlerinages, 1873, p. 89. — Châtelet, Guide, 1897, p. 43, 44. — Vie et Œuvres, p. 165 et suiv. — Languet-Gauthey, p. 570 et suiv. .