Le monastère rendu aux Visitandines
A peine réinstallées, les Sœurs n’eurent qu’une idée : faire reprendre au plus vite la Cause de la canonisation de leur bienheureuse Sœur. Dieu bénit leurs efforts ; le 30 mars 1824, Léon XII signait la commission pour l’introduction de la cause, et la Servante de Dieu était déclarée Vénérable Selon la coutume alors tolérée. Cette coutume a été abrogée par un décret de la S. Cong. des Rites en 1912. Ce n'est plus, maintenant, qu'après la publication du décret sur l'héroïcité des vertus ou sur le martyre, que les serviteurs de Dieu sont officiellement appelés Vénérables. . Six ans après, pendant l’année 1830, arrivèrent en France les Commissaires apostoliques délégués par le Saint-Siège pour informer sur les vertus héroïques de la Bienheureuse.
Ouverture du tombeau
Ils siégèrent pendant cinq mois entiers à Paray, et avant de retourner à Rome, voulurent procéder à l’ouverture du tombeau et à la reconnaissance authentique des reliques. Une chose inattendue vint tout à coup porter l’émotion au comble. Tous les ossements étaient desséchés, toutes les chairs consumées ; seul le cerveau était intact ; seul, ô prodige ! il avait résisté à la corruption. Cette partie, si molle, si délicate, qui se dissout si vite, qui se corrompt la première, elle était là, après cent quarante ans, dans toute sa fraîcheur. On n’en pouvait croire ses yeux : le miracle était éclatant. Les quatre médecins présents le constatèrent et en dressèrent procès-verbal. Ainsi cette humble et grande religieuse que le XVIIIe siècle avait accablée de ses railleries, que les jansénistes traitaient de folle, de pauvre maniaque, de cerveau dérangé, il était prouvé, scientifiquement et d’un point de vue tout médical, que le cerveau avait été en elle la partie la mieux constituée, puisque c’était celle qui avait le mieux résisté à l’action de la mort et du temps Bougaud, Histoire, 1875, p. 414. .
Deux guérisons extraordinaires vinrent achever de remplir toutes les âmes d’une joie céleste.