La grande Révolution
A partir de l’année 1715, un siècle entier s’écoula ; siècle troublé par le jansénisme, le siècle de Voltaire et des philosophes, si dignement couronné par la Révolution, sans qu’il fût fait aucune démarche en faveur de la Béatification de Marguerite-Marie. En ces jours malheureux, le nom de la Servante de Dieu fut conspué. A part quelques âmes choisies, c’était à qui se moquerait des pressantes sollicitations du Cœur de Jésus, dont elle était l’interprète.
La grande Révolution passa comme un orage impie sur la France. Elle ne déracinait pas seulement les trônes, elle renversait les autels et supprimait les monastères. Celui de Paray fut fermé comme tous les autres, et les religieuses chassées. Du moins, elles ne s’éloignèrent pas sans emporter leur trésor, l’humble châsse de bois où reposaient les restes de leur bienheureuse Sœur. Elles la confièrent à la Sœur Marie-Thérèse Petit, qui appartenait à une très honorable famille de Paray et qui n’était pas de nature à trembler en face du danger. Aussi ne crut-elle pas devoir cacher les deux petites châsses de bois dont la Providence venait de l’établir gardienne : l’une, contenant les ossements de la Vénérable Sœur Alacoque, l’autre, ceux du P. de la Colombière Lorsque les Jésuites avaient été proscrits, en 1763, les ossements du Vénérable P. de la Colombière avaient été confiés à la Visitation. Elle les conserva jusqu'en 1829, époque à laquelle ils furent rendus aux Pères Jésuites qui venaient de rouvrir une maison à Paray. Dispersés de nouveau par la Révolution de 1830, ils confièrent de nouveau les précieux ossements à la Visitation qui les garda jusqu'au 14 mai 1877. Ils sont actuellement dans la nouvelle maison des Jésuites de Paray. T. III, p. 203. . Quand les Municipaux faisaient des visites domiciliaires chez elle, la Sœur Petit, leur montrant les deux châsses, disait sans mystère : « Voilà mon trésor, je vous défends d’y toucher ! » On lui obéissait T. III, p. 198. .