Elle se croit un obstacle à la dévotion du Sacré Cœur
« Si vous saviez combien je sens de consolation de voir augmenter avec tant de fruit la dévotion à ce divin Cœur… Je vous puis dire que la plus sensible douleur que je sente, c’est de me regarder comme un obstacle à cette aimable dévotion ; car jamais je ne me suis vue plus méchante, pauvre, destituée de vertus et de tout bien spirituel, dans une infidélité à Dieu si grande que je me fais horreur à moi-même Lettre 119, à la Mère Greyfié, t. II, p. 487. — Les maladies si fréquentes, si pénibles, et si longues parfois de la Sœur Marguerite-Marie l'avaient exténuée et, âgée de quarante-trois ans à peine, elle était déjà tout infirme. Ayant appris qu'on la voulait mettre sur le catalogue pour la prochaine élection, elle s'en plaignit à son bon Maître. Notre-Seigneur se rendit à ses supplications, et, à l'Ascension de 1690, ce fut la Mère Catherine-Antoinette de Lévy-Châteaumorand qui fut élue. La nouvelle supérieure la voyant si exténuée de forces, lui retrancha l'Heure sainte du jeudi au vendredi, lui défendit toutes les austérités qu'elle pratiquait et lui ordonna de lui apporter tous ses instruments de pénitence. La Bienheureuse, docile, ne trouva aucune objection. C'était au mois de juin. « Je ne vivrai plus guère, allait-elle répétant, car je ne souffre rien ; notre chère Mère a trop soin de moi. » Une autre fois, elle dit plus positivement encore : « Je mourrai assurément cette année, parce que je ne souffre plus rien. » — T. I, p. 315 ; t. III, p. 296. — Vie, Paray, p. 290-299. …… »
« Il faut vous avouer confidemment, que je suis enfin contrainte de céder au mouvement pressant que je sens depuis si longtemps, de rompre tout commerce avec les créatures, soit de lettres ou autrement, pour bon et utile qu’il pourrait paraître, et sous quelque prétexte que ce puisse être, pour vivre anéantie et cachée dans l’adorable Cœur de Jésus…… avec lequel il est temps de commencer à négocier sérieusement les affaires de mon salut éternel Lettre 116, à la Mère Dubuysson, à Moulins, t. II, p. 480. . »
Retraite de préparation à la mort
- — « Depuis le jour de sainte Madeleine Elle commença cette retraite exceptionnelle de quarante jours, le jour de ses quarante-trois ans, 22 juillet 1690, fête de sainte Madeleine. De cette retraite nous ne possédons que le compte rendu des deux premiers jours. , je me suis sentie extrêmement pressée de réformer ma vie, pour me tenir prête à paraître devant la sainteté de Dieu, dont la justice est si redoutable et les jugements impénétrables. Il faut donc que je tienne toujours mes comptes prêts afin de n’être pas surprise…… Je me suis donc proposé, pour effectuer un mouvement si salutaire, de faire une retraite intérieure dans le sacré Cœur de Jésus-Christ… »