Progrès de la dévotion du Sacré Cœur

« Il y a consolation d’entendre les heureux progrès de cette aimable dévotion Les prières et les avis de la Sainte portent des fruits abondants au Bois-Sainte-Marie. De concert avec son frère le maire, M. Jacques Alacoque organise dans sa paroisse le culte perpétuel du Cœur de Jésus ; une chapelle s'élève par les libéralités de la pieuse famille, le bon prêtre y fonde des messes. Aussi les lettres de son heureuse sœur témoignent d'un redoublement d'affection bien facile à concevoir. — T. II, p. 368. . On nous mande de Lyon que cela tient du miracle de voir comme chacun s’y porte avec ardeur et empressement. On nous a nommé trois ou quatre villes où on va faire imprimer ces livres Il s'agit des deux petits opuscules composés l'un par la Sœur Jeanne-Madeleine Joly, de Dijon, et l'autre par la Mère Louise-Henriette de Soudeilles, de Moulins. La Sœur Joly, qui avait si bien réussi pour l'image du Sacré Cœur, eut l'idée de composer un petit Livret, de quelques pages seulement, pour expliquer cette image. Après avoir composé des litanies, une messe et un office du Sacré Cœur, elle les fit traduire en latin par M. Charollais, aumônier de la communauté, elle y ajouta une instruction, le Divin Rendez-Vous, et quelques formules de prières. On l'imprima en 1686. — La Mère de Soudeilles eut, à Moulins, la même idée qu'avait eue la Sœur Joly. Elle composa, elle aussi, un petit Livret, sur la dévotion au Cœur de Jésus ; seulement, moins discrète que la Sœur Joly, elle y inséra des prières, des actes de consécration composés par la Sainte, et elle souleva un peu le voile dont celle-ci s'enveloppait avec tant de soin. Les deux chers petits Livrets, longtemps introuvables, ont été découverts il n'y a pas longtemps. Leur réimpression causera une grande joie à tous les dévots du Sacré Cœur. — Cfr. Bougaud, Histoire, p. 326. — Hamon, Vie, p. 410-417. , dont Marseille en est une, et on en a pris mille pour ce seul endroit. Et de vingt-sept maisons religieuses qu’il y a en cette ville, il n’y en a point qui n’ait pris cette dévotion avec tant d’ardeur, que les unes lui érigent des autels, les autres lui font faire des chapelles ; et aussitôt qu’ils en eurent entendu parler Les Marseillais. , ils faisaient de grandes instances aux prédicateurs de leur en faire des exhortations, pour leur bien expliquer cette dévotion, laquelle en moins de quinze jours fut tellement répandue, qu’un nombre incroyable de personnes dévotes communient tous les premiers vendredis Lettre 109, à la Mère Dubuysson, à Moulins, t. II, p. 465. . »

Les petits Livrets du Sacré Cœur

« Il faut que je vous fasse part d’un trait à la gloire de ce divin Cœur qui vous donnera sujet de le bénir. C’est que j’ai donné à une personne de Lyon un des livres de Dijon. Elle le montra à un jeune Père, qui, l’ayant montré à ses jeunes écoliers de Lyon, ils y prirent tant de goût qu’ils en firent un grand nombre de copies, tant des litanies que des prières, lesquelles ils récitent avec grande dévotion. Et ces enfants les ayant fait voir à d’autres, ils y prirent une si grande dévotion, que, comme l’on ne pouvait suffire d’en copier ils s’adressèrent à la personne qui avait ce livre et le prièrent de leur donner connaissance de la dévotion au sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, parce qu’ils voulaient faire imprimer de ces livres, s’offrant à l’envi d’en payer la dépense. Et un jeune artisan s’y porta avec tant d’ardeur, qu’il fallut céder à sa dévotion. Et s’étant adressé à un des plus fameux libraires de Lyon pour cela, lequel se sentit tellement touché de l’amour de ce divin Cœur, qu’il prit d’abord la dévotion d’en faire la dépense à ses frais, ce qui fit un pieux combat entre le jeune homme qui l’avait entrepris et lui ; mais ayant enfin gagné sa cause, il demanda ce livre du sacré Cœur et s’en alla trouver un de ses amis pour y faire quelque augmentation, de quoi il le pressa si fort qu’il n’y put résister ; et l’on en a fait nouvellement imprimer qui sont très beaux et bien reliés ; et le débit en a été si grand, que pour la seconde fois que l’on les a imprimés depuis le 19 juin il n’y en a déjà plus, et l’on les va faire imprimer pour la troisième fois Lettre 106, à Sœur de la Barge, t. II, p. 453. . »