Note A — Communion spirituelle
(Voir p. 178). — Vous avez remarqué la parole de Notre-Seigneur à la Bienheureuse Marguerite-Marie : « Je prends tant de plaisir d’y être désiré — dans le saint Sacrement — qu’autant de fois le cœur forme ce désir, autant de fois je le regarde amoureusement pour l’attirer à moi. »
Cette dernière déclaration du Sauveur n’est plus personnelle à Marguerite-Marie, mais s’adresse à tous, par conséquent à chacun de nous. Ecoutez : « Autant de fois que le cœur forme ce désir », votre cœur, le mien, celui de tous les fidèles qui ont faim du pain eucharistique. C’est ce que les auteurs sacrés appellent la Communion spirituelle. La pratique est bien connue et elle a été de tout temps mise en usage par les âmes pieuses. Mais comme elle est présentée d’une façon suave et attirante par la promesse que rapporte la disciple du Sacré Cœur de Jésus ! Comprenez bien : il ne s’agit pas seulement du désir quotidien de la communion, pour ceux qui ne peuvent pas aller chaque matin à la sainte table ; mais même et surtout du désir que peuvent former à toute heure du jour ceux qui, ayant reçu la sainte hostie le matin, se sentent encore avides d’une communion nouvelle. Notre-Seigneur reste perpétuellement dans nos tabernacles ; il y attend perpétuellement nos adorations. Il y a plus : il a soif que nous le désirions perpétuellement, et en nous manifestant sa soif, il veut provoquer la nôtre. Ah ! vous qui vous plaignez, qui vous attristez de votre tiédeur, qui cédez parfois à l’ennui, qui ressentez le vide dans votre âme, comme vous pourriez aisément la remplir et l’échauffer d’une sainte ardeur, si vous vouliez vous exercer à former souvent dans votre cœur le désir de la sainte communion ! Et vous, qui vous désolez dans le deuil et la solitude de votre âme, vous pourriez la peupler facilement de la plus chère et de la plus douce société, en appelant Jésus à venir en vous, en lui tendant vos lèvres comme pour communier ! Cela seul suffirait à mettre en vous une vie spirituelle intense. Et puis, votre faim de la sainte Eucharistie s’accroîtrait à tout instant, vous vivriez dans une préparation perpétuelle à la communion réelle et dans une action de grâces ininterrompue de votre participation au banquet céleste.
Pourquoi vouloir rester de parti pris dans un état de langueur spirituelle et d’anémie morale, tandis que Notre-Seigneur vous appelle à une vie fervente ? Il vous dit et vous répète qu’il a soif que vous ayez soif de lui Sitit sitiri Deus. S. Grég. de Nazianze. . Resterez-vous indifférents à ses désirs, ou ne lui présenterez-vous, pour contenter sa soif, que le vin aigri de vos misères et de votre paresse ? — Mgr Gauthey, Le Sacré Cœur de Jésus. Paris, Téqui, 1916, p. 183.
Note B — La question du Drapeau
(Voir p. 184). — Pour bien comprendre ce que Dieu demande, écrivait Mgr Bougaud en 1875, voici ce qu’il faut se rappeler : depuis les temps les plus reculés, la France avait toujours eu un étendard sacré ; un étendard qui n’allait pas aux combats vulgaires ; un étendard qui reposait dans le sanctuaire de Saint-Denis, à l’ombre des Saints Protecteurs de la France, qui n’en sortait que quand le Roi se mettait à la tête de l’armée, et que l’on allait chercher solennellement à l’heure des périls suprêmes, ou lorsqu’on partait pour les grandes guerres de la foi. Il représentait l’âme religieuse de la France, et il flottait au milieu des bannières nationales comme une prière. C’est un étendard de ce genre que Dieu avait donné à Jeanne d’Arc. Il en avait prescrit la forme et les emblèmes, et lui avait communiqué je ne sais quelle vertu secrète, qui conduisait la France épuisée à des triomphes inespérés. Dieu demandait aujourd’hui, au Roi et à la France, par la bouche de la Vierge de Paray, quelque chose de semblable : un étendard sacré qui fût un acte de foi, et qui, paraissant à côté du drapeau national, indiquerait que, plus haut que la proverbiale bravoure de ses enfants, la France mettait l’appui et la bénédiction de Dieu. — Bougaud, Histoire de la Bse Marguerite-Marie. 3e édit., p. 345.
On sait que pendant la grande guerre 1914-1918, la sainte Oriflamme de France a été décorée de l’image du Sacré-Cœur, dans la Basilique de Saint-Denis, par S. E. le Cardinal Amette, Archevêque de Paris, le dimanche 22 avril 1917.
Bien des Français, angoissés par les malheurs de la Patrie, ne cessent de réclamer l’apposition du Sacré Cœur sur le drapeau national, comme un moyen suprême de salut. La question s’est posée de savoir si la demande faite à Louis XIV lui était personnelle, ou bien si elle visait la France elle-même et se trouvait, par suite, aujourd’hui subsistante. Sur ce point, on peut apporter et on apporte des arguments impressionnants, dans les deux sens. Il est infiniment désirable qu’un jour arrive où le Sacré Cœur figure sur le drapeau de la France, comme la Croix et la sainte Face du Sauveur sont peintes sur tant d’autres, comme les noms sacrés de Jésus et de Marie brillaient sur l’étendard de Jeanne d’Arc.
Mais un instant de froide réflexion suffit pour observer qu’à l’heure présente, nous plaçant dans l’ordre des choses existantes, nous devons reconnaître l’impossibilité de cette transformation du drapeau national. Les particuliers, des hommes en charge, peuvent l’accomplir individuellement ; mais, pour réaliser cet hommage, il faut, ou bien un changement de la Constitution, ou bien un vote favorable d’un Parlement où l’anticléricalisme règne en maître. D’où il ressort, que l’apposition — désirable et très rêvée — de l’emblème du Sacré Cœur, dans l’ordre normal des choses, n’est pas un point de départ, mais ne peut être qu’un aboutissement. Par conséquent, il faut une conversion et une pénitence exemplaire de nos égarements publics et privés, il faut proclamer les droits de Dieu sur l’Etat et la remise en vigueur du Décalogue, l’abolition des mauvaises lois sur l’école, sur le divorce, contre le clergé et les Ordres religieux ; il faut agir sur l’opinion et la préparer, par l’apposition de plus en plus fréquente de l’Emblème sacré, dans l’usage personnel, familial et paroissial du drapeau. Voilà ce qui importe et ce qui nous sauverait ; voilà le but qu’il faut poursuivre et que couronnerait le geste significatif de l’apposition du Sacré Cœur sur le drapeau de la France devenue pleinement chrétienne. Pour hâter cet heureux jour, chrétiens ! enrôlez-vous dans la sainte Ligue du Vœu national, devenez des membres actifs et agissants de son Association de prière et de pénitence !