La Sainte Vierge lui donne l’Enfant Jésus
Dans ma retraite, ma sainte libératrice m’honora de sa visite tenant son Fils entre ses bras, qu’elle mit entre les miens, me disant :
« Voilà Celui qui vient t’apprendre ce qu’il faut que tu fasses. »
Je me sentis pour lors pénétrée d’une joie très sensible et pressée d’un grand désir de le bien caresser, ce qu’il me laissa faire tant que je voulus, et m’étant lassée à n’en pouvoir plus, il me dit :
« Es-tu contente maintenant ? Que ceci te serve pour toujours, car je veux que tu sois abandonnée à ma puissance, comme tu as vu que j’ai fait. Soit que je te caresse ou que je te tourmente, tu ne dois avoir d’autres mouvements que ceux que je te donnerai. » Depuis je me trouvai comme dans une heureuse impuissance de lui résister.
Premier hommage rendu au Sacré Cœur — 20 juillet 1685
Mais je ne trouvais encore point de moyen de faire éclore la dévotion du sacré Cœur, qui était tout ce que je respirais. Et voici la première occasion que sa bonté m’en fournit. C’est que Sainte Marguerite s’étant trouvée un vendredi, je priai nos Sœurs novices, dont j’avais le soin pour lors Sur la fin de 1684, la maîtresse des novices étant tombée dangereusement malade, il fallut la remplacer. Le 31 décembre de cette même année, Sœur Marguerite-Marie en fut officiellement chargée. Durant les deux années que le noviciat fut confié à la Servante de Dieu, il se composa de sept Sœurs ; plusieurs étaient déjà professes, mais selon l'usage de l'Institut, elles suivaient encore les exercices du noviciat. Pendant ce temps, deux Sœurs seulement prirent le saint habit.
Au temps de Marguerite-Marie, le local du noviciat se trouvait en dehors du corps principal des bâtiments, à l'extrémité de la galerie en pierre qui surplombe le bûcher, tout près des sacristies, dans une tour qu'on appelait Nazareth. Cette tour communiquait avec l'intérieur du monastère. On n'avait qu'à traverser la chambre des assemblées, puis un petit passage couvert, au-dessus de la cour des séraphins, pour se trouver au premier étage du cloître et se rendre au chœur par le grand escalier. Après que les Sœurs eurent abandonné une seconde fois leur ancien couvent, en 1809, cette tour, où le Sacré Cœur avait reçu les premiers hommages extérieurs, tomba sous le marteau des démolisseurs. — Cfr. t. I, p. 210 ; t. II, p. 657. — Languet-Gauthey, p. 500, 601. , que tous les petits honneurs qu’elles avaient dessein de me rendre en faveur de ma fête, elles les fissent au sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ce qu’elles firent de bon cœur, en faisant un petit autel, sur lequel elles mirent un petit En ce temps-là, on disait indifféremment un ou une image. — Texte authentique, note, p. 80. image de papier crayonné avec une plume, auquel nous tâch[âmes] de rendre tous les hommages que ce divin Cœur nous suggéra. Ce qui m’attira et à elles aussi, beaucoup d’humiliation, de contradiction et de mortification, d’autant que l’on m’accusait de vouloir introduire une dévotion nouvelle Voir, à la fin du chapitre, le récit détaillé de cet épisode. .