Le Livre de vie

Faisant ma lecture pour contribuer à l’entretien d’après vêpres A la Visitation, chaque religieuse doit, autant que possible, contribuer à l'édification de ses Sœurs, en rapportant quelque passage de sa lecture spirituelle pendant l'assemblée d'après vêpres, assemblée qui a lieu vers 3 heures et demie. Les Sœurs, tout en travaillant, ou bien rendent compte des lectures spirituelles qu'elles ont faites dans la journée, ou bien s'entretiennent pieusement. — Cfr. Vie, Paray, 1914, p. 64. — Hamon, Vie, p. 143. , mon Bien-Aimé se présenta devant moi :

« Je te veux faire lire dans le livre de vie où est contenue la science d’amour. » Et me découvrant son sacré Cœur, il m’y fit lire ces paroles : « Mon amour règne dans la souffrance, il triomphe dans l’humilité, et il jouit dans l’unité. » Ce qui s’imprima si fort dans mon esprit que je n’en ai jamais perdu la mémoire T. II, p. 150. .

Réparer les communions indignes. — Une fois, me préparant pour la sainte communion, j’entendis une voix qui me dit :

« Regarde, ma fille, le mauvais traitement que je reçois dans cette âme qui me vient de recevoir. Elle a renouvelé toutes les douleurs de ma Passion. »

Me jetant à ses pieds, saisie de crainte et de douleur pour les arroser de mes larmes que je ne pouvais retenir, lui disant : « Mon Seigneur et mon Dieu, si ma vie est utile pour réparer ces injures, quoique celles que vous recevez dans la mienne soient mille fois plus grandes, néanmoins me voilà votre esclave : faites de moi tout ce qu’il vous plaira. — Je veux que, toutes les fois que je te ferai connaître le mauvais traitement que je reçois de cette âme, lorsque tu m’auras reçu, tu te prosternes à mes pieds, pour faire amende honorable à mon amour, offrant à mon Père éternel le sacrifice sanglant de la croix, pour cet effet, et ton être pour rendre hommage au mien et pour réparer les indignités que je reçois dans ce cœur. »

Je demeurai toute surprise d’entendre ces paroles d’une âme qui se venait de laver dans le précieux Sang de Jésus-Christ. Mais j’entendis la même voix qui me dit :

« Ce n’est pas qu’elle soit dans l’acte du péché, mais dans la volonté qui n’est point sortie de son cœur, ce que j’ai plus en horreur que l’acte du péché même, car, c’est appliquer mon Sang par mépris sur (une charogne) corrompue par mépris ; d’autant que la volonté au mal est la racine de toute corruption, incapable d’en recevoir aucun effet T. II, p. 147. . »