Elle s’offre tout entière à Jésus dans le Saint Sacrement
Mon plus grand contentement est d’être devant le saint Sacrement, où mon cœur est comme dans son centre. Je lui dis : « O mon Jésus et mon amour, prenez tout ce que j’ai et tout ce que je suis et me possédez selon l’étendue de votre bon plaisir, puisque tout ce que j’ai est à vous sans réserve. Transformez-moi tout en vous, afin que je n’aie plus de pouvoir de m’en séparer un seul moment et que je n’agisse plus que par les mouvements de votre pur amour. »
La lecture est un de ses supplices. De grande parleuse elle est devenue ignorante. — Et, quoique la lecture ait été un de mes plus grands délices, elle est maintenant un petit supplice, n’y pouvant appliquer mon esprit non plus que sur un autre sujet, sinon de mon Dieu seul partout ; le voyant seul dans tous ses mystères ; et, si j’y considère quelqu’autre objet, ce n’est pas pour m’y arrêter longtemps, car lui seul suffit à mon cœur et à mon esprit qui ne voudrait rien autre que de demeurer tout simplement à sa sainte présence sans point faire d’actes, sinon d’amour. Et c’est comme cela que je passe souvent les jours, qui ne sont jamais assez longs pour aimer mon Dieu qui est la vie de mon âme. Et tout mon désir serait de demeurer toujours en silence ou de ne parler que de Dieu (où mon cœur trouve une si grande délectation qu’il ne s’en pourrait jamais lasser). Il est vrai que tous autres discours me sont un petit martyre, parce que, de grande parleuse que j’étais, je suis (tellement devenue bête), que je ne sais rien et me plais tellement dans mon ignorance, que je ne désire rien savoir sinon Jésus crucifié T. II, p. 135. .
Le cœur de Marguerite choisi pour être un autel. — Notre-Seigneur m’honora d’une de ses visites ; [il] me dit :
« Ma fille, me veux-tu bien donner ton cœur pour faire reposer mon amour souffrant que tout le monde méprise ? — Mon Seigneur, vous savez que je suis toute à vous ; faites selon votre désir. » Il me dit : « Sais-tu bien à quelle fin je te donne mes grâces si abondamment ? C’est pour te rendre comme un sanctuaire où le feu de mon amour brûle continuellement et ton cœur est comme un autel sacré où rien de souillé ne touche, l’ayant choisi pour offrir à mon Père éternel des sacrifices ardents, pour apaiser sa justice et lui rendre une gloire infinie, par l’offrande que tu lui feras de moi-même dans ces sacrifices, y unissant celui de ton être pour honorer le mien. »
J’avoue que depuis ce temps je sentais dans mon cœur un feu si ardent et si violent, que j’aurais voulu le communiquer à toutes les créatures, afin que mon Dieu fût aimé II, p. 143. …