Bandeau décoratif avec Union au Sacré Cœur et anges

IV — Faveurs. — Épreuves. — Souffrances. — Perfection croissante.

1673-1679

Union de cœur avec le Cœur de Jésus

Une veille de communion, je demandais à mon Jésus d’unir mon cœur au sien, puisque c’était là toute ma prétention. Et, me disant comme se pourrait-il faire d’unir le néant au tout : « Je sais que cela ne se peut que par votre amour. » Et, me faisant voir par la suprême pointe de l’entendement ce beau Cœur plus éclatant que le soleil et d’une infinie grandeur et un petit point qui ne semblait qu’un atome et qui était tout noir et défiguré, mais qui faisait ses efforts pour s’approcher de cette belle lumière. Mais, c’était en vain si ce Cœur amoureux ne l’eût attiré lui-même, en disant :

« Abîme-toi dans ma grandeur, et prends garde de n’en jamais sortir, parce que, si tu en sors, tu n’y entreras plus. »

Et je trouve mon cœur tellement lié à l’oraison, que je suis quelquefois comme si je n’en avais plus de jouissance, et dans une paix si grande que je n’ai d’autre inquiétude que de ne pas aimer mon Dieu, et que je n’emploie pas bien mon temps en l’exercice de son saint amour. Et m’imaginant quelquefois que c’était le démon qui me tenait ainsi, je disais à Dieu : « Faites-moi connaître les ruses du démon afin que je les évite. » Mais mon Bien-Aimé m’a fait entendre que le démon ne pouvait connaître l’intérieur que lorsque l’on en donnait quelque signe extérieur et qu’il ne pouvait donner la paix à un cœur II, p. 129. .

Tableau animé. — Une fois il me disait :

« Mon cœur était un tableau animé, sur lequel il voulait peindre une image animée, qui ne me laisserait plus de repos, me causerait des douleurs plus aimables que rigoureuses. » Il est vrai que je n’ai aucune soit humiliation ou mortification, qu’il n’y ait plus de douceur que d’amertume II, p. 134. .