Troisième grande révélation du Sacré Cœur
Et une fois, entre les autres, que le Saint Sacrement était exposé Comme la date de la seconde apparition, celle de la troisième est incertaine. La sainte Visitandine dit seulement que, ce jour-là, « le saint Sacrement était exposé » ; or, ce ne pouvait être, d'après les usages du temps, que le jour de la Visitation, ou pendant l'octave de la Fête-Dieu. Elle eut lieu certainement en 1674, avant l'arrivée à Paray du P. de la Colombière, qui y vint dans l'automne de cette année. — Cfr. Languet-Gauthey, p. 226. — T. II, p. 71. — Bougaud, Histoire, 1875, p. 214. , après m’être sentie retirée toute au-dedans de moi-même par un recueillement extraordinaire de tous mes sens et puissances, Jésus-Christ, mon doux Maître, se présenta à moi, tout éclatant de gloire avec ses cinq plaies, brillantes comme cinq soleils, et de cette sacrée humanité sortaient des flammes de toutes parts, mais surtout de son adorable poitrine, qui ressemblait à une fournaise ; et s’étant ouverte, me découvrit son tout aimant et tout aimable Cœur, qui était la vive source de ces flammes. Ce fut alors qu’il me découvrit les merveilles inexplicables de son pur [amour], et jusqu’à quel excès il l’avait porté d’aimer les hommes, dont il ne recevait que des ingratitudes et méconnaissances :
« Ce qui m’est beaucoup plus sensible », me dit-il, « que tout ce que j’ai souffert en ma Passion ; d’autant que s’ils [me] rendaient quelque retour [d’]amour, j’estimerais peu tout ce que j’ai fait pour eux, et voudrais, s’il se pouvait, en faire encore davantage ; mais ils n’ont que des froideurs et du rebut pour tous mes empressements à leur faire du bien. Mais, du moins, donne-moi ce plaisir de suppléer à leurs ingratitudes autant que tu en pourras être capable. »
Et lui remontrant mon impuissance, il me répondit : « Tiens, voilà de quoi suppléer à tout ce qui te manque. » Et en même temps ce divin Cœur s’étant ouvert, il en sortit une flamme si ardente que je pensai en être consommée ; car j’en fus toute pénétrée, et ne pouvais plus la soutenir, lorsque je lui demandai d’avoir pitié de ma faiblesse.
« Je serai ta force », me dit-il, « ne crains rien, mais sois attentive à ma voix et à ce que je te demande pour te disposer à l’accomplissement [de] mes desseins. »
Il lui demande de communier souvent, notamment les premiers vendredis, et de faire l’Heure sainte. —
« Premièrement, tu me recevras dans le Saint Sacrement autant que l’obéissance te le voudra permettre, quelque mortification et humiliation qui t’en doivent arriver, lesquelles tu dois recevoir comme des gages de mon amour. Tu communieras, de plus, tous les premiers vendredis de chaque mois. Et toutes les nuits du jeudi au vendredi, je te ferai participer à cette mortelle tristesse que j’ai bien voulu sentir au jardin des Olives, laquelle tristesse te réduira, sans que tu la puisses comprendre, à une espèce d’agonie plus rude à supporter que la mort. Et pour m’accompagner dans cette humble prière que je présentai alors à mon Père parmi toutes mes angoisses, tu te lèveras entre onze heures et minuit, pour te prosterner pendant une heure avec moi, la face contre terre, tant pour apaiser la divine colère, en demandant miséricorde pour les pécheurs, que pour adoucir en quelque façon l’amertume que je sentais de l’abandon de mes apôtres, qui m’obligea à leur reprocher qu’ils n’avaient pu veiller une heure avec moi, et pendant cette heure tu feras ce que je t’enseignerai Telle est l'origine de la sanctifiante pratique de l'Heure sainte, répandue aujourd'hui dans l'Église entière, et qu'on peut bien affirmer avoir été instituée par Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même et demandée à sa Servante en cette apparition célèbre. C'est un exercice d'oraison mentale et de prières vocales, qui a pour objet l'agonie de Notre-Seigneur au Jardin des Oliviers, en vue d'apaiser la colère divine, de demander miséricorde pour les pécheurs et de consoler le Sauveur pendant une heure. Cet exercice peut se faire en commun ou en particulier, à l'église ou ailleurs, le jeudi soir de onze heures à minuit, ou bien même dès le moment où il est permis, d'après les règles ordinaires de l'office canonial, de réciter les Matines du jour suivant, c'est-à-dire à partir du moment qui est à égale distance entre midi et le coucher du soleil ; dans les grands jours de l'été, on ne peut régulièrement commencer Matines qu'à quatre heures ; au mois de décembre, il est permis de les réciter à deux heures. Chacun à la liberté de faire l'Heure sainte plus ou moins souvent, selon sa dévotion. Une indulgence plénière, aux conditions accoutumées, peut être gagnée chaque fois que l'on fait ce pieux exercice.
Ceux qui désirent entrer dans l'Archiconfrérie de l'Heure sainte, doivent donner leurs nom et prénoms au monastère de la Visitation de Paray-le-Monial, pour y être inscrits dans le registre. Les registres où se lisent les noms des Associés sont conservés dans la chambre, convertie en chapelle, où mourut sainte Marguerite-Marie. — Cfr. Vie, Paray, 1914, p. 92. — Vie et Œuvres, III, p. 203-217. — Hamon, Vie, p. 161. . Mais, écoute, ma fille, ne crois pas légèrement à tout esprit et ne t’y fie pas ; car Satan enrage de te décevoir ; c’est pourquoi ne fais rien sans l’approbation de ceux qui te conduisent, afin qu’ayant l’autorité de l’obéissance, il ne te puisse tromper, car il n’a point de pouvoir sur les obéissants. »