Les premiers vendredis du mois, les grâces se renouvellent

Celle dont je viens de parler au sujet de ma douleur de côté m’était renouvelée les premiers vendredis du mois en cette manière : ce sacré Cœur m’était représenté comme un soleil brillant d’une éclatante lumière, dont les rayons

tout ardents donnaient à plomb sur mon cœur, qui se sentait d’abord embrasé d’un feu si ardent, qu’il me semblait m’aller réduire en cendres, et c’était particulièrement en ce temps-là que ce divin Maître m’enseignait ce qu’il voulait de moi, et me découvrait les secrets de cet aimable Cœur.

Deuxième grande Révélation du Sacré Cœur. — « Ce divin Cœur me fut présenté comme dans un trône de flammes, plus rayonnant qu’un soleil et transparent comme un cristal, avec cette plaie adorable, et il était environné d’une couronne d’épines, qui signifiait les piqûres que nos péchés lui faisaient, et une croix au-dessus qui signifiait que, dès les premiers instants de son Incarnation, c’est-à-dire que dès lors que ce sacré Cœur fut formé, la Croix y fut plantée, et il fut rempli, dès ces premiers instants, de toutes les amertumes que lui devaient causer les humiliations, pauvreté, douleurs et mépris que la sacrée humanité devait souffrir, pendant tout le cours de sa vie et en sa sainte Passion.

« Et il me fit voir que l’ardent désir qu’il avait d’être aimé des hommes et de les retirer de la voie de perdition, où Satan les précipite en foule, lui avait fait former ce dessein de manifester son Cœur aux hommes, avec tous les trésors d’amour, de miséricorde, de grâce, de sanctification et de salut qu’il contenait, afin que tous ceux qui voudraient lui rendre et procurer tout l’honneur, l’amour et la gloire qui serait en leur pouvoir, il les enrichit avec abondance et profusion de ces divins trésors du Cœur de Dieu, qui en était la source, lequel il fallait honorer sous la figure de ce Cœur de chair, dont il voulait l’image être exposée et portée sur soi, sur le cœur, pour y imprimer son amour et le remplir de tous les dons dont il était plein et pour y détruire tous les mouvements déréglés. Et que partout où cette sainte image serait exposée, pour y être honorée, il y répandrait ses grâces et ses bénédictions. Et que cette dévotion était comme un dernier effort de son amour qui voulait favoriser les hommes, en ces derniers siècles de cette rédemption amoureuse, pour les retirer de l’empire de Satan, lequel il prétendait ruiner, pour nous mettre sous la douce liberté de l’empire de son amour, lequel il voulait rétablir dans les cœurs de tous ceux qui voudraient embrasser cette dévotion Lettre 133e, au P. Croiset, 3 novembre 1689. T. II, p. 567. On ne saurait déterminer exactement la date de cette révélation. Il y a des raisons de supposer que ce fut un des premiers vendredis du mois de l'année 1674, où Notre-Seigneur lui fut si prodigue de faveurs. — Hamon, Vie, p. 157.

Cette croix, cette couronne d'épines, cette plaie, en nous montrant dans le Sacré Cœur un mémorial de la Passion du Sauveur, comme aussi des souffrances et des opprobres qu'il a endurées dans tout le cours de sa vie mortelle et qu'il endurera jusqu'à la fin des siècles dans le sacrement de son amour, nous apprennent que l'esprit de la dévotion qu'il veut inaugurer dans l'Église est, avant tout, un esprit de réparation et d'amende honorable. Mais ce cœur de chair, avec les douloureux insignes dont il est entouré, nous donne encore une autre leçon ; il nous révèle une des formes sous lesquelles il veut être honoré. Les dévots au Sacré Cœur de Jésus en devront porter sur eux l'image, et cette image devra être dessinée sur le modèle de celle qui fut montrée à Marguerite-Marie, dans la vision dont nous parlons. C'est bien, en effet, sur ce modèle, devenu en quelque sorte classique, que seront faites, dans la suite, toutes les représentations du Sacré Cœur, peintures, médailles, sculptures, qui auront cours parmi les fidèles. C'est sur ce modèle, en particulier, que fut exécuté ce célèbre dessin à la plume que la sainte attacha à l'autel du noviciat, en 1685, et dont nous avons donné une fidèle reproduction au commencement de cet opuscule. — Cfr. Deminuid, La Bienheureuse, 1912, p. 129.
. »