Désir de sainteté

Je sentis d’abord gravé dans mon esprit que cette maison de Dieu était un lieu saint, et que toutes celles qui l’habitaient devaient être saintes Elle était enfin au milieu de ces filles de saint François de Sales qu'on appelait communément les Sainte-Marie. Et dans cette famille religieuse, renommée pour sa sainteté, la maison où la Providence avait visiblement conduit ses pas se distinguait entre toutes les autres par sa régularité et sa ferveur, on l'appelait « le cher Paray » et l'on disait qu'elle était « le thabor des supérieures », tant l'union et l'esprit d'obéissance qui régnaient parmi les Sœurs en rendaient le gouvernement facile et consolant. Il faudra nous en souvenir plus tard, quand viendront les épreuves et les contradictions, afin de nous mettre en garde contre les exagérations de quelques-uns de ses historiens. — Deminuid, La Bienheureuse, p. 70. , et que ce nom de Sainte-Marie me signifiait qu’il la fallait être à quel prix que ce fût, et que c’était pourquoi il fallait s’abandonner et sacrifier à tout, sans aucune réserve ni ménagement. Cela m’adoucissait tout ce qui me paraissait le plus rude dans ces commencements, que tous les matins, pendant quelques jours, l’on me réveillait avec ces paroles que j’entendais distinctement sans les comprendre : Dilexisti justitiam, et le reste du verset ; et d’autres fois : Audi, filia, et vide, etc. Et encore celle-ci : « Tu as reconnu ton sentier et ta voie, ô ma Jérusalem, maison d’Israël ! mais le Seigneur te guidera en toutes tes voies et ne t’abandonnera jamais. » Je disais tout cela à ma bonne maîtresse Sœur Anne-Françoise Thouvant. Il y avait quarante-quatre ans que cette vénérable religieuse avait fait profession dans ce monastère de Paray-le-Monial, où elle avait été la première à prendre le saint habit et dont elle avait été, quatre fois, élue supérieure. Fille du greffier François Thouvant, un des fondateurs du monastère, elle avait, disent les chroniques de l'Ordre, encore toute jeune professe, fixé sur elle l'attention de sainte Chantal, lors des différents passages de cette sainte Mère à Paray. C'était une âme fort intérieure et douée d'un grand discernement des esprits. — Cfr. Deminuid, La Bienheureuse, p. 71. — T. III, p. 225. — Vie, Paray, 1914, p. 26. — Hamon, Vie, p. 76. sans le comprendre. Je la regardais, et ma supérieure aussi La Mère Marguerite-Hieronyme Hersant. Elle appartenait au monastère de Saint-Antoine de Paris, où elle avait fait profession, reçu les conseils de sainte Chantal et eu pour directeur saint Vincent de Paul. C'était « une âme toute séraphique et très éclairée pour la conduite des âmes » ; elle connut dès les commencements, que Marguerite était « une fille de choix ». Toutefois, lorsqu'elle celle-ci entrait à la Visitation de Paray, la Mère Hersant y achevait sa sixième année de supériorité, à l'expiration de laquelle elle quitta cette maison pour toujours. — Cfr. Deminuid, La Bienheureuse, p. 71. — T. III, p. 251. — Vie, Paray, p. 27. , comme mon Jésus-Christ en terre. Et comme je ne savais et n’avais jamais eu de conduite ni direction, j’étais si aise de m’y voir assujettie afin de pouvoir obéir, qu’il me semblait être des oracles tout ce qu’elle me disait, et que je n’aurais plus rien à craindre en le faisant par obéissance.