I — Enfance et jeunesse. — Vocation religieuse.

1647-1671

Marguerite-Marie vint au monde le jour de sainte Madeleine, un lundi, le 22 juillet 1647, dans la partie du village de Lhautecour qui avait nom les Janots et qui se trouve à un kilomètre environ au nord de l’église de Verosvres.

Elle était la cinquième enfant de Claude Alacoque, notaire royal et juge de la seigneurie du Terreau, — un des villages de Verosvres — et de Philiberte Lamyn, fille de François Lamyn, notaire royal de Saint-Pierre-le-Vieux, près de Mâcon.

La famille Alacoque n’était ni noble ni précisément riche, mais outre qu’une honnête aisance lui permettait de vivre assez largement pour l’époque et même de répandre autour d’elle son superflu en généreuses aumônes, elle appartenait à cette bourgeoisie qui, à force de labeur et de persévérance, de mérite et de vertus, s’était élevée par degrés à la considération et aux emplois. Au quinzième siècle on lit le nom des Alacoque sur des actes publics qui témoignent que cette famille comptait, dès lors, parmi les notables propriétaires du Charolais. Au dix-septième, on les voit répandus un peu partout dans ce comté, où ils ont successivement essaimé dans près de dix localités différentes et où tous, dans les situations les plus diverses, prêtres, notaires, avocats, commerçants, artisans ou simples laboureurs, se sont acquis une réputation, qu’on pouvait dire séculaire, d’activité, d’intelligence, de probité et de piété.

Comme les principales familles de la bourgeoisie de ce temps, ils avaient leurs armes parlantes : « d’or à un coq de gueules en chef et un lion de même en pointe ». En 1703, le frère de la Sainte les fit vérifier à l’armorial de Bourgogne. Les Lamyn avaient aussi leurs armes parlantes ; ils portaient : « d’argent à un cœur de gueules, accompagné en chef de deux étoiles d’azur et en pointe d’une main apaumée de carnation ».

Marguerite fut baptisée dans l’église paroissiale de Verosvres, le jeudi 25 juillet 1647. Elle eut pour parrain Antoine Alacoque, curé de Verosvres, cousin germain de son père, et pour marraine Mademoiselle Marguerite de Saint-Amour, fille de Jacques, seigneur de Foncrenne et de Villiers, et femme de messire Claude de Fautrières, seigneur de Corcheval. (On sait qu’en ce temps-là, hors la noblesse, on continuait à nommer les dames mariées : Mademoiselle.)

L’ancienne église de Verosvres où fut baptisée Marguerite, où elle fut confirmée, où elle communia souvent, a disparu depuis longtemps. C’était une ruine irréparable. La nouvelle église a été construite à la même place en 1858-59. Cette démolition fit malheureusement disparaître les fonts baptismaux où fut portée notre Sainte. — Cfr. T. III, passim. — Hamon, Vie. Paris, Beauchesne, 1909. — Deminuid, La Bienheureuse. Paris, Gabalda, 1911.

Vive Jésus !