Appendice III
Le culte et la fête du Sacré Cœur
Le culte du Sacré Cœur de Jésus, tel qu’il est reconnu et pratiqué dans l’Église, ne repose pas sur les révélations de la Bse Marguerite-Marie, non plus que la Fête-Dieu sur celles de la Bse Julienne du Mont-Cornillon. Dans l’un comme dans l’autre cas, l’Église a regardé le culte en lui-même et dans sa diffusion. Elle s’est prononcée sur le culte sans se prononcer sur les révélations. Cependant, les révélations ont été pour beaucoup dans le mouvement ; Marguerite-Marie, comme la Bse Julienne, a été l’instrument providentiel. La dévotion au Sacré Cœur, telle que l’Église l’a reçue et faite sienne, est celle que la Sainte dit lui avoir été révélée par Jésus, celle qu’elle a eu mission de propager ; c’est là un fait évident.
La constatation du fait n’emporte pas, de soi, un jugement arrêté sur les visions de la Sainte. Mais il oblige à les étudier de près, puisqu’elles dominent toute l’histoire de la dévotion, et que la dévotion se présente comme un fait historique, autant ou plus que comme une vérité théologique.
Marguerite-Marie n’a pas eu à inventer la dévotion au Sacré Cœur, elle existait déjà. Avant de se révéler à elle, Jésus avait découvert son Cœur à des âmes de choix et leur en avait montré les richesses. Le culte lui-même existait, très net pour quelques âmes privilégiées, qui en vivaient ; mais un peu confus, mêlé aussi d’éléments caducs, qui ne pouvaient entrer dans le mouvement de la piété chrétienne. C’est alors que Jésus est intervenu pour le ranimer, l’orienter, le constituer en dévotion viable, à la fois large et précise. Marguerite-Marie a pour ainsi dire allumé le flambeau : elle a vécu la dévotion et l’a transmise à d’autres. De proche en proche, le culte s’est répandu jusqu’à devenir un culte catholique, un culte public dans l’Église, ayant sa fête et ses pratiques autorisées ; mais ce culte a eu son premier foyer dans le cœur de la Sainte : c’est de Notre-Seigneur qu’elle l’apprit.
Il y a en Marguerite-Marie la voyante, la dévote du Sacré Cœur, l’évangéliste et l’apôtre du Sacré Cœur. Mais en elle ces trois choses ne se distinguent pas. Elle est tout entière pour sa mission, ses visions sont pour cela, sa dévotion est la flamme intime qui brûle au dedans et a besoin de se répandre au dehors. C’est pour être l’apôtre du Sacré Cœur que Notre-Seigneur, comme il le lui disait lui-même, l’avait préparée avec tant de soin et lui avait fait tant de grâces.
Le désir exprimé par Notre-Seigneur dans la grande apparition est maintenant accompli. La fête du Sacré Cœur est établie dans le monde entier, établie avec son caractère de réparation et d’amende honorable. La solennité extérieure n’est pas encore partout ce qu’elle peut être. Mais le zèle est grand et les clairvoyants en ces matières disent que l’avenir est au Sacré Cœur Cfr. Bainvel, La dévotion au Sacré Cœur de Jésus. 3e édition. Paris, Beauchesne, 1911, p. 403, 412. .