6e Heure - de 23h à 24h - Deuxième Heure de l'Agonie dans le Jardin

Commencer par la prière préparatoire et l’oraison préparatoire à l’Heure Sainte.
Mon Jésus,
Tu Te trouves déjà depuis une heure dans le Jardin.
L’Amour a pris chez Toi la suprématie.
Il Te fait souffrir en un seul coup ce que les bourreaux Te feront souffrir tout au long de ton amère Passion.
L’Amour parvient même à Te faire souffrir ce que les bourreaux ne pourront pas Te faire souffrir, jusque dans les parties les plus profondes de ta Personne divine !
Mon Jésus, je vois que, même si tes pas sont vacillants, Tu veux marcher.
Dis-moi, mon Bien, où veux-Tu aller ?
Ah ! Tu vas retrouver tes bien-aimés disciples.
Je veux T’accompagner pour Te soutenir de mes bras si Tu vacilles !
Et voici une autre amertume pour ton Cœur ! Tes apôtres dorment.
Et toi, toujours compatissant, Tu les appelles. Tu les réveilles.
Avec un Amour paternel,
- Tu les réprimandes,
- Tu leur recommandes de veiller et de prier.
Puis Tu retournes dans le Jardin.
Mais ton Cœur porte une autre Blessure.
Mon Amour, je vois dans cette Blessure, toutes les blessures
des âmes qui Te sont consacrées et qui
- soit à cause de la tentation,
- soit par négligence,
au lieu de se serrer contre Toi en veillant et en priant, se laissent aller.
Au lieu de faire des progrès dans l’amour et dans l’union avec Toi, somnolentes, elles s’attiédissent et reculent !
Amoureux passionné, combien je compatis avec Toi.
Je veux réparer toutes leurs ingratitudes !
Ce genre d’offenses attriste le plus ton Cœur adorable.
Cette amertume qui T’opprime est si grande, qu’elle Te mène au délire.
Amour infini, ton Sang, qui bouille dans tes Veines, vainc tout et oublie tout !
Je Te vois prosterné par terre et en prière profonde.
Tu T’offres, Tu répares et, au nom de tous, Tu cherches à glorifier le Père.
Jésus,
je me prosterne avec Toi. Je veux faire ce que Tu fais.
Mais que vois-je ?
Je Te vois chargé de tous les péchés du monde :
- nos misères, nos faiblesses, nos délits les plus énormes,
- nos ingratitudes les plus noires, nos iniquités les plus épouvantables,
- nos cruautés les plus atroces, nos haines,
- nos massacres, nos blasphèmes, nos hérésies, nos schismes,
- et tout l’abîme des bassesses humaines
se présentent devant Toi, T’oppriment, T’écrasent, Te blessent.
Et Toi, que fais-Tu ?
Ton Sang qui bouille dans tes Veines fait face à ces offenses.
Tes Veines s’ouvrent.
Le Sang sort à l’extérieur, Il baigne tes vêtements et, coule par terre :
Tu donnes ton Sang pour ces offenses, ta Vie pour contrer la mort.
Ô Amour, à quel état je Te vois réduit ! Tu expires !
Mon Bien, ma douce Vie, de grâce, ne meurs pas !
Dégage ton Visage de cette terre baignée de ton Sang.
Viens dans mes bras.
Fais en sorte que moi, en T’embrassant, je meure à ta place.
J’entends ta Voix moribonde dire :
« Père, si c’est possible, que s’écarte de Moi ce calice.
Cependant, non pas ma Volonté, mais la Tienne. »
C’est la première fois que j’entends ces mots de ta Bouche.
Comme les Accents de ta Voix déchirent mon cœur !
Toutes les révoltes des créatures se présentent devant Toi
Ce « Fiat Voluntas Tua » qui devrait être le principe de Vie de toute créature, Tu le vois rejeté par presque toutes.
En conséquence, au lieu de trouver la Vie, elles trouvent la mort.
Et Toi, Tu veux
- donner la Vie à toutes et
- faire une Réparation solennelle au Père pour leurs révoltes,
et Tu répètes une deuxième fois :
« Père, si c’est possible, que s’écarte de Moi ce calice.
Ce calice, pour Moi, est très amer.
Cependant, non pas ma Volonté, mais la Tienne. »
Mon Bien,
l’amertume qui T’opprime est si grande que Tu en es réduit à la dernière extrémité. Tu agonises, Tu es sur le point de rendre le dernier soupir !
Jésus, mon Amour, pendant que Tu es entre mes bras,
je veux m’unir à Toi, réparer et compatir avec Toi
pour tous les manquements qui se font contre ta Volonté infiniment sainte et, Je veux en même temps, Te prier
pour qu’en toutes choses, je fasse moi-même toujours ta Volonté !
Que ta Volonté soit
- ma respiration, mon cœur, ma sensibilité,
- ma pensée, ma vie et mon triomphe à l’heure de ma mort.
Jésus,
de grâce, ne meurs pas.
- Où irai-je sans Toi ? À qui vais-je m’adresser ? Qui m’aidera ?
Tout sera fini pour moi !
De grâce, ne me laisse pas, garde-moi toujours avec Toi.
Qu’il n’arrive jamais, ne fût-ce qu’un instant, que je sois séparée de Toi !
Laisse-moi Te soulager, réparer pour Toi, compatir avec Toi à la place de tous.
Car je vois que tous les péchés, quels qu’ils soient, T’écrasent !
Mon Amour, je donne un baiser à ta Tête infiniment sainte.
Mais que vois-je ?
Je vois toutes les pensées mauvaises dont Tu ressens l’horrible laideur.
Chacune d’elles est une épine qui pique cruellement ta Tête.
Jésus, les Juifs ne Te mettront qu’une seule couronne d’épines.
Mais les pensées mauvaises de toutes les créatures mettent tellement de couronnes terribles sur ta Tête adorable !
Jésus,
je compatis avec Toi !
Je voudrais Te mettre autant de Couronnes de Gloire.
- Pour Te soulager et
- pour Te donner de la compassion pour tous,
je T’offre les intelligences angéliques et ta propre Intelligence.
Jésus,
je donne un baiser à tes Yeux compatissants.
Je vois en eux tous les regards méchants des créatures qui font couler sur ton Visage des Larmes de Sang. Je compatis avec Toi !
Je voudrais
- soulager ta Vue et
- disposer devant Toi toutes les délices visuels du Ciel et de la terre.
Jésus,
mon Bien, je donne un baiser à tes Oreilles infiniment saintes.
Mais qu’entends-je ?
J’entends en elles
- l’écho d’horribles blasphèmes,
- des cris de vengeance et de malédictions.
Amour insatiable,
je compatis avec Toi et je veux Te consoler et
je veux faire résonner à tes Oreilles
- toutes les Harmonies du Ciel,
- la Voix exquise de ta chère Maman,
- les accents embrasés de Marie Madeleine et de toutes les âmes aimantes.
Jésus, ma Vie,
je Te donne un baiser fervent sur ton Visage.
Ta beauté est sans pareille !
Pourtant,
ce Visage que les anges contemplent avec ravissement,
- les créatures le giflent et le souillent par des crachats.
Mon Amour, quelle effronterie !
Je voudrais crier assez fort pour mettre ces créatures en fuite !
Je compatis avec Toi et pour réparer ces insultes.
Je me tourne vers la Très Sainte Trinité pour demander
- les Baisers du Père et du Saint-Esprit,
- les Caresses divines de leurs Mains créatrices.
Je m’adresse aussi à ta Maman céleste, afin qu’elle me donne
- ses Baisers, les Caresses de ses Mains maternelles,
- ses Adorations profondes.
Je T’offre tout cela en réparation des offenses
qui sont faites à ton Visage infiniment beau et saint !
Jésus,
Mon doux Bien, je donne un baiser à ta Bouche infiniment douce.
Elle est remplie d’amertume
- par les horribles blasphèmes,
- par la nausée que Te donnent les ivresses et la gourmandise,
- par les conversations obscènes,
- par les prières mal faites,
- par les enseignements pernicieux,
- par tout le mal que fait l’homme au moyen de sa langue.
Jésus,
je compatis avec Toi.
Je veux enlever l’amertume de ta Bouche en T’offrant
- toutes les louanges angéliques et
- le bon usage que font de leur langue tant de saints chrétiens.
Jésus,
Mon Amour opprimé, je donne un baiser à ton Cou.
Je le vois chargé de cordes et de chaînes à cause des attachements coupables des créatures.
Je compatis avec Toi. Pour Te soulager,
je T’offre l’union indissoluble des trois Personnes divines.
Je me fonde au milieu de cette union et je Te tends les bras.
Je forme de douces chaînes d’amour autour de ton Cou et
j’éloigne de Toi les cordes des attachements coupables qui Te font suffoquer, tandis que je Te serre fort contre mon Cœur,
Jésus,
Force divine, je donne un baiser à tes Épaules infiniment saintes.
Je les vois lacérées, leur chair presque arrachée par morceaux à cause
des scandales et des mauvais exemples des créatures.
Je compatis avec Toi. Pour Te soulager je T’offre
- tes exemples infiniment saints,
- ceux de la Reine Maman, et
- ceux de tous les saints.
Mon Jésus,
- je fais courir mes baisers sur chacune de tes Plaies,
- j’y enferme les âmes qui, à la suite de scandales,
ont été arrachées à ton Cœur,
pour ainsi remettre en état les Chairs de ta sainte Humanité.
Mon Jésus angoissé, je donne un baiser à ta Poitrine.
Je vois ta poitrine blessée
- par les froideurs et les tiédeurs des créatures,
- par leur manque de réciprocité et leurs ingratitudes.
Je compatis avec Toi. Pour Te soulager je T’offre la parfaite correspondance d’Amour des trois Personnes divines.
Mon Jésus,
Moi, je me plonge dans ton Amour.
- Je veux Te faire un abri pour Te protéger des nouveaux coups
que les créatures Te porteront par leurs péchés.
- Je veux blesser ces créatures par ton Amour,
afin qu’elles n’osent plus T’offenser.
- Je veux verser ton propre Amour sur ta divine Poitrine
pour la soulager et la guérir.
Mon Jésus,
je donne un baisr à tes Mains créatrices.
Je vois toutes les actions mauvaises des créatures qui, comme autant de clous, transpercent tes Mains infiniment saintes.
Ce n’est pas par trois clous, comme sur la Croix, que Tu es transpercé,
mais par autant de clous qu’il y a d’œuvres mauvaises faites par les créatures.
Je compatis avec Toi. Pour Te soulager je T’offre
- toutes les œuvres saintes des martyrs,
- leur courage à donner leur sang et leur vie par amour pour Toi.
En somme,
je veux, ô mon Jésus, T’offrir toutes les bonnes œuvres des créatures
pour T’enlever les nombreux clous que constituent leurs œuvres mauvaises.
Jésus,
je donne un baisr à tes Pieds infiniment saints,
infatigables dans la recherche des âmes.
En eux, Tu renfermes tous les pas des créatures.
Mais Tu sens que beaucoup Te fuient et Tu voudrais les retenir.
Par chacun de leurs mauvais pas, Tu Te sens mettre un clou.
Et Tu veux Te servir de leurs propres clous pour les clouer à ton Amour.
La Souffrance que Tu ressens et l’effort que Tu fais pour les clouer à ton Amour sont si grands que Tu en trembles.
Mon Dieu et mon Bien, je compatis avec Toi.
Pour Te consoler je T’offre les pas des bons religieux et des âmes fidèles
qui risquent leur vie pour sauver les âmes.
Jésus,
je donne un baiser à ton Cœur !
Tu continues à agoniser,
- non pas tant à cause de ce que Te feront souffrir les Juifs,
- mais à cause de la douleur que Te donnent les offenses
de toutes les créatures.
Durant ces Heures, Tu veux donner
- la suprématie à l’Amour,
- la deuxième place à tous les péchés pour lesquels
Tu expies, Tu répares, Tu glorifies le Père et Tu apaises la Justice divine.
- la troisième place aux Juifs qui Te feront souffrir ta Passion.
Ainsi Tu nous montres que la Passion que Te feront souffrir les Juifs
- ne sera rien d’autre que le reflet de la double Passion extrêmêment amère que Te font souffrir l’Amour et les péchés.
C’est pourquoi je vois dans ton Cœur, toutes trois concentrées :
- la lance de l’Amour, la lance du péché, et la lance des Juifs.
Ton Cœur amoureux souffre
- des convulsions violentes, des impatiences d’Amour,
- des Désirs qui Te consument,
- des Pulsations embrasées qui voudraient enflammer tous les cœurs.
Tu ressens dans ton Cœur la souffrance que Te procurent les créatures qui, par leurs désirs mauvais, par leurs affections et leurs émotions désordonnées, cherchent d’autres amours que le Tien.
Jésus,
combien Tu souffres !
Je Te vois T’évanouir, submergé par les vagues de nos iniquités !
Je compatis avec Toi.
Je veux adoucir l’amertume de ton Cœur triplement transpercé, en T’offrant
- les Douceurs éternelles,
- l’Amour exquis de ta chère Maman et
- celui de tous ceux qui T’aiment vraiment.
Mon Jésus,
fais que mon propre cœur tire sa Vie de ton Cœur,
afin qu’il vive seulement de ton Amour.
Et qu’en toute offense que Tu recevras, je sois toujours prête à T’offrir
soulagement, réconfort, réparation, actes d’amour, sans interruption.
Réflexions et Pratiques
Pendant sa deuxième Heure d’Agonie dans le Jardin,
tous les péchés de tous les temps se sont présentés devant Jésus. Il a pris sur Lui tous ces péchés pour donner au Père Gloire et Réparation complètes.
Il éprouva dans son Cœur tous nos états d’âme sans jamais cesser de prier.
Et nous, dans nos divers états d’âme - froideurs, duretés, tentations -,
- est-ce que nous savons prier sans cesse ?
- Sommes-nous constants dans la prière ?
- Savons-nous rester avec courage aux pieds de Jésus, Lui donner tout ce que nous souffrons afin qu’Il retrouve en nous sa propre Humanité ?
L’Humanité de Jésus, que faisait-elle ?
Elle glorifiait son Père, elle expiait, elle priait pour le salut des âmes.
Et nous, en tout ce que nous faisons, portons-nous ces trois intentions ?
Mon Jésus,
- pour compatir avec Toi et
- pour Te soulager de l’accablement total dans lequel Tu Te trouves,
je m’élève jusqu’au Ciel et je fais mienne ta propre Divinité.
En Te la présentant, je veux réparer toutes les offenses des créatures.
Je T’offre
- ta Beauté pour Te consoler de la laideur du péché,
- ta Sainteté pour Te consoler de l’horreur de toutes ces âmes
qui Te font éprouver le dégoût parce qu’elles sont mortes à la Grâce,
- ta Paix pour Te consoler des discordes et des révoltes
de toutes les créatures,
- tes Harmonies pour dédommager ton Ouïe des propos mauvais
des créatures.
Mon Jésus,
je veux T’offrir autant d’Actes divins réparateurs qu’il y a d’offenses
qui T’attaquent comme si elles voulaient Te donner la mort.
Je veux projeter ta Divinité sur toutes les créatures,
afin que, à ton Contact divin, elles n’osent plus T’offenser.
Jésus, seulement ainsi, je pourrai compatir avec Toi pour toutes les offenses que Tu reçois des créatures.
Ma douce Vie, que mes prières et mes peines s’élèvent toujours vers le Ciel
- pour faire pleuvoir sur toutes les créatures ta Lumière et
- absorber en moi ta propre Vie.
Terminer par la prière de remerciement pour l’Heure Sainte.