(1)Mon pauvre esprit nage dans la mer du divin Vouloir. Son murmure est continuel – mais que murmure-t-il ? Amour, âmes, et lumière qui veut investir chacun de ses enfants et régner parmi eux. Oh ! combien de stratagèmes d’amour Il utilise pour les faire rentrer dans le sein de sa lumière d’où ils sont issus. Et Il s’écrie dans sa douleur : « Mes enfants, mes enfants, laissez-moi régner et je vous donnerai tant de grâces que vous reconnaîtrez que vous êtes les enfants de votre Père céleste ! » Mon esprit se perdait dans cette mer divine Mon doux Jésus, ma douce vie, répéta sa petite visite Toute bonté, Il me dit :
(2) Ma petite fille de mon divin Vouloir,
- si grande est mon impatience,
- si nombreux les soupirs. Parce que ma Volonté veut régner dans l’acte de la créature. Je commence à épier pour voir si l’âme appelle l’acte premier de mon Vouloir dans ses propres actes.
Lorsqu’Il est appelé, Il prend un air de fête et court s’insuffler dans l’acte de la créature
- pour imprimer sur elle sa Force créatrice et
- pour le convertir en nature divine. Alors, cette créature sent la nature de l’Amour divin qui
- l’investit,
- l’entoure et
- s’écoule comme du sang dans ses veines jusque dans la moelle de ses os, dans le battement de son cœur. Son être tout entier ne parle que d’Amour.
La conversion des actes humains en Nature divine est le plus grand prodige que peut accomplir ma Volonté. Elle ne peut donner que ce qu’elle possède : Elle possède l’amour et c’est l’amour qu’elle donne.
Oh ! combien elle est heureuse
- de n’avoir et de ne ressentir que de l’amour,
- et de ne pouvoir être sans aimer. On peut dire que ma Volonté a jeté la créature dans son propre labyrinthe d’Amour.
Aussi, si elle adore, remercie où bénit, sa Force divine court
- changer cette adoration, cette action de grâces et cette bénédiction en Nature divine.
Par conséquent, la créature a en son pouvoir, comme par nature,
- de toujours adorer, remercier et bénir la suprême Majesté. Parce que ce que ma Volonté communique par nature
- possède l’acte continuel et incessant.
Nous la tenons alors à notre disposition. Notre Amour
- trouve quelqu’un qui L’aime avec son propre Amour et
- ressent le besoin de se déverser, ayant trouvé une créature en qui libérer ses épanchements.
Notre majesté trouve ses adorations éternelles dans la créature qui peut réellement lui dire un divin Merci – un divin Je te bénis. En somme, nous trouvons quelqu’un qui peut nous donner de nous-mêmes. Oh ! combien nous aimons cette créature plus que céleste. Elle nous garde toujours en activité de sorte que nous pouvons lui donner tout ce que nous voulons.
Et pour nous, donner signifie être plus béatifiés et plus heureux.
Par contre, celle qui ne vit pas dans notre Vouloir nous laisse oisifs – sans activité.
Et si nous donnons quelque chose, tout est mesuré Puisque nous ne savons pas où le mettre. Nous craignons que cette créature
- ne le perde et
- ne soit pas capable d’apprécier le peu que nous lui donnons.
(3) Puis, avec encore plus d’inquiétude, Il ajouta :
(4) Ma bonne fille, les prodiges que mon Fiat opère dans l’acte de la créature qui vit en Lui sont inouïs. Lorsqu’Il voit qu’elle est sur le point de l’accomplir, mon Fiat court prendre cet acte entre ses mains Il le purifie, le façonne et l’investit de sa lumière. Puis il regarde
- pour voir si cet acte peut recevoir sa sainteté et sa beauté
- pour voir s’Il peut l’enclore dans son immensité. Et s’il peut laisser s’écouler en lui sa puissance, son amour.
Une fois qu’il a fait tout cela – parce que rien ne peut manquer à son acte – Il l’embrasse, Il l’étreint et Il s’épanche tout entier sur lui. Avec un amour et une solennité indescriptibles,
- Il prononce son Fiat omnipotent et
- Il crée un autre lui-même dans cet acte.
Les Cieux deviennent tout attentifs lorsque ma Volonté est sur le point d’opérer dans l’acte de la créature ; émus, émerveillés et ravis ils s’exclament : « Est-il possible qu’un Dieu trois fois saint
- avec sa Volonté aime au point de se créer lui-même dans l’acte de la créature ? »
Mon Fiat revient voir ce qu’il a fait dans l’acte de la créature et Il en est enchanté – ravi de voir une vie nouvelle. Saisi d’une joie indescriptible,
- Il met le ciel tout entier en fête et
- Il déverse une abondance de grâces sur toute la terre. J’appelle ces actes : « Ma Vie, mon Acte, l’écho de ma Puissance-les Prodiges de mon Amour ».
Ma fille, rends-moi heureux. Telles sont les joies de la Création – les fêtes de ma vertu créatrice : être capable de former une de mes Vies pour chaque acte accompli par la créature. Par conséquent, appelle-moi toujours dans tes actes, ne me laisse jamais de côté Et Je ferai toujours des choses nouvelles en toi – à en étonner tous les peuples. Je n’aurai le retour et la gloire de la Création tout entière que lorsque J’aurai rempli le ciel et la terre d’un grand nombre de mes Vies nouvelles.