(1)Je suis toujours le petit atome dans la Divine Volonté, la nouvelle-née à peine née. Et je ressens le besoin extrême d’être nourrie et élevée dans ses Bras paternels. Sinon le vouloir humain se lève en moi pour former sa malheureuse existence.

Mon Dieu, aie pitié de moi et ne permets pas je connaisse ni acquière une vie, si ce n’est celle de la Divine Volonté. Affligée et oppressée par les privations presque continuelles de mon doux Jésus qui m’imposent un martyre dont Dieu connaît la dureté, je craignais que ma malheureuse volonté humaine n’obtienne quelque chose de moi. Je ne pouvais plus en supporter davantage et mon bien-aimé Jésus, afin de m’infuser du courage, me prit dans ses bras et me dit :

(2) Ma bienheureuse fille, courage, bannis la peur de ton cœur. C’est une arme qui peut tuer ou blesser l’Amour et faire perdre la familiarité avec ton Jésus, Et je ne sais ni ne veux rester sans intimité avec celle qui veut vivre de ma Volonté. Ce serait comme si elle ne voulait pas être une seule et même chose avec Moi.

Si tel était le cas, je ne pourrais pas dire que la Volonté qui nous anime

  • est une, et
  • forme ta vie et la mienne. Mais je devrais dire alors que tu as ta volonté et que j’ai la mienne. Cela, Je ne le veux pas Car la vie dans ma Volonté n’existerait plus en toi.

Je veux au contraire que pour chacune de tes souffrances, même celle de ma privation, tu appelles toujours ma Volonté De sorte que tous tes actes forment le canal par où elle peut trouver la voie et l’endroit où enfermer ses biens et les faire couler en abondance par le canal que tu as préparé.

Chacun de tes actes peut être un canal de grâces, de lumière et de sainteté que tu prêtes à ma Volonté qui te fera propriétaire des biens qu’elle dépose dans tes actes pour le bien de tous. Tu vois par conséquent que tes souffrances et tes actes

  • devraient me servir de canal pour y déposer les miens, ce qui est toujours pour moi un bonheur de me savoir aimé et connu.

Mon désir de déposer mes divines propriétés dans les actes des créatures

  • pour qu’elle en devienne maîtresse est si grand que Je suis toujours aux aguets, telle une vigilante sentinelle, pour voir
  • si ses actes sont exempts de vouloir humain et
  • si elle fait appel à ma Divine Volonté qui, en voyant le vide dans les actes humains, utilise ces canaux pour y déposer
  • les plus grandes grâces,
  • les plus sublimes connaissances,
  • une sainteté la plus semblable à la sienne, et pour former ainsi la dot divine de sa créature bien-aimée.

(3) Après quoi Il garda le silence avant d’ajouter d’un ton plus tendre :

(4) Ma fille, tu dois savoir que pour celle qui vit dans ma Divine Volonté il n’y a pas de temps à perdre. Elle ne doit pas non plus se préoccuper de bagatelles que sont ses peurs, ses agitations et ses doutes. Celle qui possède le meilleur doit laisser de côté le moindre. Celle qui doit prendre le soleil et s’en réjouir ne doit pas s’intéresser aux petites lumières. Le jour a plus de valeur que la nuit Si elle veut s’occuper des deux, elle risque de ne pas profiter de la pleine lumière du soleil ou de tout ce que le plein jour peut faire. Et il se peut qu’en s’occupant de ce qui est moindre, elle perde le meilleur.

D’autant plus que

  • ma Divine Volonté veut toujours être dans l’acte de donner à celle qui vit en elle.

Et la créature doit toujours être dans l’acte de recevoir.

Si la créature veut s’intéresser à autre chose,

  • ma Volonté est contrainte de s’arrêter Parce qu’elle ne trouve pas la créature prête à recevoir ce qu’elle veut donner Et cela brise le divin courant.

Si tu savais ce que cela veut dire, combien tu resterais attentive.

(5) De plus, tu dois savoir que lorsque la créature agit dans ma Divine Volonté, elle entre dans les banques divines pour y effectuer des transactions d’une valeur infinie. Comme elle vient dans notre Vouloir et bien que petite, elle vient alors en maîtresse et se fait propriétaire de ce que possèdent nos banques.

Elle prend tout ce qu’elle peut prendre et comme elle ne peut pas tout emporter avec elle de ce qu’elle prend, elle en laisse en dépôt avec nos propres trésors. Nous la laissons faire et nous nous réjouissons de ses transactions Et telle est notre bonté que nous lui donnons de l’intérêt sur les acquisitions qu’elle vient de faire.

Ainsi, chaque fois que la créature accomplit ses actes dans notre Volonté,

  • elle ouvre le commerce entre le ciel et la terre et
  • elle met en circulation notre sainteté, notre Puissance, notre Bonté et notre Amour.

Pour ne pas être en reste avec notre créature bien-aimée,

  • elle s’élève et nous descendons dans les profondeurs du vouloir humain et,
  • en ouvrant notre commerce, nous faisons l’acquisition de la volonté humaine, une opération que nous désirons beaucoup et qui nous est très agréable.

Nous entrons ainsi en compétition avec la créature et nous nous conquérons l’une l’autre.

Ma bonne fille, il n’est pas possible que la créature vive dans notre Vouloir sans travailler avec Nous et Nous avec elle, ou sans Nous faire sentir en elle.

Ce ne serait plus alors notre Vie que Nous développerions dans la créature, mais une façon de parler et non une réalité. La Vie a un besoin absolu

  • de mouvement,

  • de se faire sentir,

  • de respirer,

  • de palper, parler, donner de la chaleur.

Comment une Vie peut-elle être étouffée et continuer à être, à vivre et à se faire sentir ? Cela est impossible à Dieu comme à la créature.

Par conséquent, ne t’inquiète pas lorsque tu sens que tout est silence en toi.

Ce ne sont que de brefs incidents puisque Je ressens moi-même le besoin de te faire sentir que ma Vie existe en toi. Être en toi sans faire sentir ma Présence serait mon plus cruel martyre. Je peux le faire pour quelque temps, mais pas pour toujours. Alors, n’y pense plus, abandonne-toi en Moi et Je penserai à tout.