(1) Je me retrouve investie, comme assiégée par la lumière de l’Éternel Vouloir. Ma petitesse est telle que, ayant peur de moi-même, je me cache de plus en plus dans cette céleste demeure. Oh ! Combien j’aimerais pouvoir détruire ma petitesse, pour ne resentir que le Vouloir Divin.
Mais je comprends
- que je ne le peux pas
- que Jésus ne veut qu’elle soit complètement détruite. Il la veut petite, vivante, afin de pouvoir opérer dans un vouloir vivant, et avoir son petit champ d’action dans ma petitesse. Petite, faible et incapable, elle doit se prêter, avec raison, à recevoir la grande Œuvre du Divin FIAT.
Dans ce séjour tout est parfois silence et paix, dans une sérénité où on ne sent pas le moindre souffle de vent. D’autres fois, une brise légère rafraîchit et fortifie. Là Le céleste Occupant, Jésus, se révèle et parle avec Amour de son Palais, de ce qu’Il a fait et de ce que fait son aimable et adorable Volonté. Et Jésus me dit :
(2) Ma petite fille de ma Divine Volonté, tu dois savoir que la petitesse de la créature nous sert d’espace où former nos œuvres. Comme dans la Création, le rien nous permet d’appeler à la vie nos plus belles œuvres. Nous voulons que cette petitesse soit vide de tout ce qui ne nous appartient pas, mais vivante pour qu’elle puisse
- voir combien nous l’aimons, et
- sentir la vie des œuvres que notre Volonté développe en elle.
Tu dois te contenter de vivre sans en être la propriétaire. Le grand sacrifice et l’héroïsme de celle qui vit dans la Divine Volonté est donc
- de rester vivante pour subir l’autorité divine afin qu’Elle puisse faire
- ce qu’Elle veut,
- quand Elle le veut et
- tant qu’Elle le veut.
C’est là le sacrifice des sacrifices, l’héroïsme des héroïsmes.
Cela te semble-t-il peu de chose pour une créature
- de sentir la vie de sa propre volonté sans qu’elle puisse s’en servir, comme si elle n’en avait pas le droit,
- de perdre volontairement sa propre volonté afin qu’elle puisse servir à ma Volonté en tant que son droit ?
(3)Jésus garda le silence. Puis, comme s’Il lisait dans mes pensées certains doutes sur la Divine Volonté, Il ajouta :
(4)Ma fille, les plus grandes œuvres accomplies par notre Être suprême ont toutes été faites gratuitement,
- sans regarder si les créatures le méritaient et
- sans qu’on nous les demande.
Si Nous avions tenu compte de cela, Nous aurions eu les pieds et poings liés et Nous aurions arrêté nos œuvres. Et, en plus de
- ne pas être glorifiés par les créatures ingrates,
- être en même temps privés de la gloire et des louanges de nos propres œuvres, ah non ! Non !
D’autant plus qu’une seule de nos propres œuvres Nous glorifie plus que toutes les œuvres ensemble sorties de toutes les générations humaines.
Un seul Acte accompli par notre Volonté emplit le Ciel et la terre. Avec sa Vertu et sa Puissance régénératrice et communicative, Il régénère pour Nous tant de Gloire infinie qu’il est à peine donné aux créatures de le comprendre. Quel était donc le mérite de l’homme dans la Création du ciel, du soleil et de tout le reste ? ll n’existait pas encore et il n’a pas eu son mot à dire. Ce qui signifie que la Création fut une œuvre de Dieu immense et d’une magnificence extraordinaire, complètement gratuite.
(5) En ce qui concerne la Rédemption, crois-tu que l’homme l’ait mérité ? Sûrement pas ! Elle fut gratuite aussi. Et si l’homme nous pria pour l’avoir, c’était parce que Nous lui avions promis la venue du futur Rédempteur. Mais l’initiative était la nôtre.
Car Nous avions décrété que le Verbe s’incarnerait. Cela se réalisa au moment où le péché et l’ingratitude humaine galopaient et inondaient la terre entière . Si les créatures ont pu faire quelque chose, il ne s’agissait que de petites gouttes largement insuffisantes pour mériter une œuvre aussi grandiose. Cela relève de l’incroyable qu’un Dieu se fasse semblable à l’homme pour lui apporter le salut, alors que celui-ci l’avait tellement offensé.
(6) Maintenant, l’œuvre si grande qui est celle de faire connaître ma Volonté
- afin qu’Elle règne parmi les créatures, sera aussi notre œuvre gratuite.
Et l’erreur dans tout cela c’est qu’elles croient en avoir le mérite et d’y prendre part, ah oui ! Tandis qu’elles n’apporteront que quelques petites gouttes. Comme ce fut le cas des Hébreux lorsque Je suis venu les délivrer.
Mais la créature étant ce qu’elle est, Nous apporterons toujours notre part gratuite Et, la comblant de Lumière, de Grâces et d’Amour, Nous la bouleverserons à tel point, qu’
- elle sentira en elle une force et un amour jamais ressentis,
- elle sentira palpiter notre Vie dans son âme encore plus fort. Aussi, ce sera doux pour elle de se laisser dominer par notre Volonté.
Notre Vie existe encore maintenant dans l’âme. Elle lui fut donnée au moment de sa création. Mais Elle y est si bien cachée et réprimée, que c’est comme si Elle ne l’avait pas,
- restant comme le feu sous les cendres, qui Le couvrent et l’écrasent et l’empêchent de répandre sa chaleur.
Mais il suffit d’un vent turbulent pour
- que les cendres soient chassées et
- que le feu montre à nouveau sa vie.
De la même façon, le vent turbulent de la Lumière de mon FIAT mettra en fuite
- le mal, les passions qui cachent, telles les cendres, la Vie Divine en elle Et, la sentant si vivante, la créature aura honte de ne pas laisser dominer notre Volonté.
Ma fille, le temps le dira Et ceux qui n’y croient pas resteront décontenancés.”
(7) Ensuite, j’ai suivi la Divine Volonté dans l’Incarnation du Verbe pour faire
ma course d’Amour, d’Adoration et d’acte de Grâce dans cet Acte
- si solennel,
- si rempli de tendresse et d’excès d’Amour que le Ciel et la terre en restaient muets et tremblants,
- sans trouver les mots pour exprimer un Amour aussi incroyable
Mon doux Jésus, avec une tendresse à briser le cœur, me dit :
(8)Très chère fille, dans mon Incarnation, l’Amour était si grand que les Cieux se sont inclinés et la terre s’est élevée.
Si les Cieux ne s’étaient pas abaissés,
- la terre n’avait pas la vertu de pouvoir s’élever.
C’est le Ciel de notre Être suprême qui dans un excès d’Amour, le plus grand qui fût jamais, s’est abaissé pour embrasser la terre et l’élever jusqu’à Lui
- pour l’unir à Lui-même pour avoir avec elle une vie commune, et
- pour former non seulement un excès d’Amour, mais une chaîne continuelle d’excès, restreignant mon Immensité dans le petit cercle de mon Humanité.
Pour moi la Puissance, la Force et l’Immensité étaient ma Nature Et en faire usage ne m’aurait rien coûté.
Ce qui me coûtait était que dans mon Humanité, Je devais restreindre mon Immensité et être
- comme si Je n’avais ni Puissance ni Force alors qu’elles étaient avec Moi et inséparables de Moi.
Et je devais m’adapter aux petits gestes de mon Humanité uniquement par amour. Mon Humanité est descendue dans tous les actes humains pour les élever et leur donner la forme et l’ordre divins.
L’homme, en faisant sa volonté, avait détruit en lui la voie et l’ordre divin. Et ma Divinité recouverte par mon Humanité est venue refaire ce que l’homme avait lui-même détruit. Est-il possible de manifester un Amour plus grand envers une créature si ingrate ?