Je pensais au divin Vouloir et une foule de pensées envahissaient mon esprit, et je me disais : « Je me demande pourquoi Jésus est si intéressé à ma volonté pour me donner la sienne en échange ? C’est moi qui en profite. En ayant une Divine Volonté en mon pouvoir, je possède et enferme toute chose en moi, et même Dieu lui-même.

Mais la chose la plus étonnante, c’est qu’en échange pour tout cela, Il veut ma volonté.

À quoi peut lui servir cette faible et insignifiante volonté qui peut seulement produire plus de mal que de bien Il est évident que Jésus ne comprend pas la valeur exacte de ce qu’il donne comparé à ce qu’il reçoit en échange. Pourvu qu’il obtienne ce qu’il veut, il ne tient pas compte du fait que ce soit peu ou rien en comparaison de la valeur de ce qu’il a donné. Mais c’est à cela que l’on voit que cet amour est un amour vrai. »

Mon esprit était plongé dans ces bêtises lorsque je vis Jésus qui écoutait attentivement mes idioties. Il semblait heureux et il me dit :

Ma bienheureuse fille, je n’aurais jamais rien à donner à la créature si je devais considérer qu’elle peut me donner quelque chose, parce que pour commencer, tout ce qu’une créature peut me donner lui a déjà été donné par moi. Aussi, en me donnant, elle ne peut rien me donner d’autre que ce qui est à moi. Par conséquent, mon amour me fait toujours agir sans tenir de compte. Tenir des comptes avec les créatures serait restreindre mon amour et perdre la liberté de donner librement ce que je veux aux créatures.

Ce serait difficile. De plus, pour vous donner ma Divine Volonté il est nécessaire que vous me donniez la vôtre parce que deux volontés ne peuvent régner dans un cœur. Ils seraient en guerre et votre volonté serait un obstacle à la mienne qui ne serait pas libre de faire ce qu’elle veut. Et moi, pour que ma Volonté soit libre, j’insiste toujours pour que vous me donniez la vôtre.

Mais ce n’est pas tout ! Tu dois savoir que ta volonté est faible, insignifiante, mais lorsqu’elle vient entre mes mains créatrices et transformantes, elle change d’aspect. Je la rends puissante, je lui donne vie, je mets en elle le mérite qui produit le bien et je l’utilise afin de ne pas la laisser oisive.

Je deviens le céleste jardinier qui travaille dans le champ de ta volonté et j’en fais un magnifique champ de fleurs et le jardin de mes délices.

De sorte que ce qui est insignifiant entre tes mains et peut-être même nuisible, change de nature dans mes mains et me devient utile en me donnant le plaisir d’en faire un petit lot de terre à ma disposition et que je peux fleurir.

Ainsi, afin de pouvoir donner, je veux ce qui est petit et insignifiant, même comme prétexte pour pouvoir donner ce qui est grand et pouvoir dire : « Cette âme m’a donné et je lui ai donné en échange. »

Il est vrai qu’elle m’a peu donné, mais c’est tout ce qu’elle avait. Et abandonner pour moi ce peu qu’elle a, c’est pour moi le plus grand des cadeaux et je confie alors toute chose à l’exubérance de mon amour en faisant don à la créature de tout ce qui lui manque.

Après quoi je continuai à penser à la Divine Volonté et je m’efforçai de suivre ses actes lorsque mon bien-aimé Jésus me dit : Ma bienheureuse fille, en t’efforçant de suivre les actes de ma Divine Volonté, tu te tournes vers elle et mon Fiat vient à ta rencontre pour

  • te recevoir,

  • donner ses actes et

  • Les faire un avec les tiens.

Et je reçois la douce surprise de ton attention et l’enchantement de ton amour. Je ne te perds jamais de vue J’assiste alors à la plus émouvante scène de ton rien dans le Tout, de ton petit être dans le Grand, du fini dans l’Infini, alternant entre Dieu et la créature. Et dans cet échange, l’un est consumé dans l’autre par pur amour.

Tu dois savoir que lorsque nous avons amené la créature à la lumière du jour, nous lui avons donné la dot et le trousseau de nos divines particules. La dot est notre Volonté. Elle n’est pas limitée ; nous lui donnons la liberté d’accroître sa dot.

Les actes que tu accomplis dans notre Volonté sont autant de nouvelles propriétés que tu acquiers. En plus de celles que ton Créateur t’a données, dans l’excès de notre amour, nous disons à la créature :

« Plus tu accompliras des actes dans notre Volonté, plus grand sera le champ divin que nous te donnerons pour y placer tes actes.

De cette manière, tu travailleras dans notre champ céleste et nous te donnerons un champ de la grandeur que tu voudras.

Assure-toi qu’il ne soit pas stérile et sois attentive à ton travail, car nous serons heureux de voir que tu agrandis ton domaine. »

Nous sommes comme un père qui accorde une dot à son fils. Ce fils travaille et se sacrifie si bien

  • qu’il augmente sa dot et
  • qu’il agrandit toujours ses propriétés. Et le père est ravi de voir ces propriétés et la fortune de son fils comme si elles étaient les siennes.

Nous faisons la même chose. Et même plus. Lorsque nous voyons que la créature est attentive, prête à faire n’importe quel sacrifice, nous ne la laissons pas seule et nous travaillons ensemble.

Nous lui prêtons tout ce dont elle a besoin : Volonté, sainteté, nos actes, tout, afin de nous réjouir en voyant notre fille propriétaire de tant de biens. Fiat !