Mon abandon dans la Divine Volonté continue. Bien que la lumière de l’éternel Fiat ne me quitte jamais, je suis dans le cauchemar des privations répétées de mon bien-aimé Jésus. Ses vagues de lumières m’investissent au-dedans comme au-dehors Elles deviennent
- battement de cœur, souffle,
- mouvement et nourriture de ma petite âme.
Ah ! si ce n’était
- de la Divine Volonté dont la vie remplace tout, et
- de Jésus lui-même, un seul coup mettrait fin à la vie et cette lumière m’emporterait au Ciel.
« Mais, me disais-je, que mon exil est long ! Quel bien est-ce que je fais ? Et même si je le faisais, quelle est l’importance du bien que je pourrais faire ? » Je pensais cela lorsque ma chère vie, le doux Jésus, répétant sa petite visite, me dit :
Ma fille, courage ! Ma Volonté te consume dans sa Lumière pour former en toi sa Copie divine. Et sa jalousie est si grande qu’elle ne cesse pas un instant de t’envoyer sa lumière pour ne pas te laisser le temps de faire ta volonté, mais toujours la mienne. Et à quel point ce bien est-il spécial ? Tout est dans l’opération du bien :
- il est la substance de la sainteté,
- il est le soleil qui brille parmi les créatures par l’entremise des pas, des paroles et des œuvres saintes des créatures.
Lorsque la lumière donne à la créature chaleur et lumière, elle donne lumière et chaleur à tous ceux qui l’entourent. Le bien produit la gloire impérissable sur la terre et au ciel.
Qui peut enlever la gloire d’un bien que l’on a fait ? Personne . Ni Dieu ni la créature. Et de l’intérieur de cet acte bon s’élève par nature la gloire que cet acte contient.
Si bien que parfois les créatures sont oubliées, mais le bien ne l’est pas. Et il demeure comme vie au milieu d’elles.
Par conséquent, chaque bien accompli
- chante la gloire et
- devient le narrateur de celui qui l’a fait.
Ainsi, même si tu ne faisais qu’un seul bien en restant en vie, toute l’éternité te chanterait une plus grande gloire.
Je poursuivais comme d’habitude ma ronde dans le divin Vouloir. J’animais toutes les choses créées avec mon petit « Je t’aime ». Je voulais le laisser imprimé sur toutes choses pour qu’il devienne la voix qui demande que le Royaume de la Divine Volonté vienne sur la terre.
Le bienheureux Jésus, me surprenait une fois de plus. Il ajouta :
Ma petite fille de mon Vouloir, tu dois savoir que
- mon impatience et mon délire de vouloir être aimé par les créatures sont si grands que,
- en cachette, sans me faire voir, Je place dans les profondeurs de leur âme une dose de mon Amour.
Selon leurs dispositions, J’augmente la dose et elles. Sentant en elles mon Amour, elles me disent de tout leur cœur : « Je t’aime, je t’aime. » Et moi, me sentant aimé, je triomphe dans l’amour de la créature.
Ainsi, chaque « Je t’aime « de la créature est pour Moi un triomphe. Et bien que Je l’aie moi-même placé là secrètement, il m’importe peu que ce soit un artifice de ma part pour me faire aimer.
De plus, je tiens à ce qu’il soit venu de la volonté de la créature, de sa voix. Me sentant touché, je le ressens comme un amour venu de la créature. Chaque « Je t’aime » est ainsi un triomphe de plus que tu permets à ton Jésus de connaître.
Tu cherches à couvrir
- le ciel et la terre, et
- tout ce qui est animé et inanimé par ton « Je t’aime », Ainsi Je vois toute chose parsemée de la beauté de l’amour de la créature.
Et, ravi, je dis dans la force de mon amour : « Oh ! oui, comme Je suis heureux. Je suis déjà aimé. Et si je triomphe dans l’amour de la créature, elle triomphe dans mon amour. »
Après avoir dit cela, Il a gardé le silence. L’enthousiasme de son amour est si grand que, chancelant, il cherchait le repos dans mes bras.
Après quoi, ranimé, il répétait avec une plus grande insistance :
Ma chère fille, tu dois savoir que ce que je désire et ce qui m’intéresse le plus est de faire savoir que j’aime la créature. Je veux dire à l’oreille de chaque cœur : « Mon enfant, Je t’aime » Je serais heureux si j’entendais qu’on me réponde également : « Jésus, je t’aime ».
Je sens l’irrésistible besoin d’aimer et d’être aimé.
Oh ! combien de fois on me laisse suffoquer dans mon Amour.
Parce que lorsque J’aime sans me sentir aimé, mon amour ne trouve pas à s’épancher et Il m’étouffe !
C’est pourquoi J’aime tant tes « Je t’aime ». Lorsque tu le dis, il prend la forme d’une flamme rafraîchissante qui en venant dans mon grand feu d’amour m’apporte un repos et répand une rosée bienfaisante sur les flammes qui me brûlent. Il apporte la tranquillité à mon amour, à mes délires et à ma frénésie amoureuse.
Parce que je suis aimé, je peux donner de ce qui est à moi. En pouvant donner de ce qui est mien, mon amour trouve à s’épancher.
Ma fille, les cieux et la terre sont remplis et inondés de mon amour. Il n’est pas de lieu où mon amour ne ressente le besoin de déborder pour courir à la recherche de cœurs et dire ses petits mots : « Ma fille, je t’aime, je t’aime. Et toi, dis-moi que tu m’aimes. »
Et mon amour est tout oreilles pour entendre la créature prononcer son « Je t’aime ». Si elle l’affirme, mon amour se sent rassuré dans la créature et il prend son doux repos. Sinon, il court, parcourt le ciel et la terre et ne s’arrête pas avant d’avoir trouvé quelqu’un qui lui dise « Je t’aime ».
Chaque « Je t’aime » de la créature est un exutoire à mon amour. Cet amour, en entrant dans le mien, est incorporé dans mon propre amour qui a la vertu d’être diffusé en restant entier. Et formant les fissures, l’amour de la créature ouvre sa voie pour décharger mon amour. Cet amour est pur lorsque ma Volonté l’anime.
Vois-tu alors ce qu’est la longue psalmodie de tes « Je t’aime »? Ce sont autant d’exutoires que tu donnes à ton Jésus Ils m’appellent à venir me reposer dans ton âme.
Par conséquent, je veux que tu me dises toujours ton « Je t’aime ». Je veux le voir dans tout ce que j’ai fait pour toi. J’aime toujours l’entendre, toujours. Et lorsque tu ne le dis pas, en soupirant, je dis : « Ah ! même la petite fille de mon Vouloir ne me donne pas un continuel exutoire me permettant de me décharger dans son petit amour. »
Et je reste là dans ma peine et j’attends ton cher petit refrain : « Je t’aime, je t’aime. »
Aime-moi, ma fille, Aime-moi. Aie pitié de mon cœur blessé qui agonise. Je ne tiens plus, je délire, et comme un amant, j’implore ton amour.
Et dans ma hâte, je t’embrasse, je te serre contre mon cœur
- pour te faire sentir combien mon amour est ardent et
- pour qu’au contact de mes flammes tu sois prise de pitié pour moi et que tu m’aimes.
Oh ! rends-moi heureux et aime-moi.
Lorsque je ne suis pas aimé,
- Je me sens malheureux dans mon amour et
- J’en arrive à délirer. Et lorsqu’un cœur compatissant est pris de pitié pour Moi et qu’il M’aime, Je sens mon infortune se changer en bonheur.
Alors, chacun de tes « Je t’aime » devient un autre petit morceau de bois
- que tu jettes dans l’océan immense de mon amour et
- qui, se transformant en une petite flamme, augmente d’un degré ton amour pour ton Jésus qui souffre.