Il y a quelque temps que je n’ai pas écrit parce que mon pauvre cœur est gonflé d’amertume au point de m’emporter dans les plus hautes vagues tempétueuses de souffrance et de profondes humiliations. Je n’avais pas la force de mettre sur papier une page de la période la plus douloureuse de mon existence ici-bas. Dans la véhémence de ma douleur, je répétais à notre Seigneur :
« J’ai cherché
-
un consolateur au milieu de tant de souffrances et je n’en ai pas trouvé
-
un ami pour dire un mot en ma faveur, et je n’en ai pas trouvé,
-
plus encore, Celui qui devrait me soutenir et me donner un souffle de courage, je l’ai trouvé changé comme s’Il était devenu mon pire ennemi. »
Ah, oui ! je peux bien répéter avec mon doux Jésus : « Une meute de chiens m’a entourée pour me mettre en pièces et me dévorer. »
Je crois que les cieux ont pleuré sur mon sort,
- tout comme mon doux Jésus a pleuré avec moi bien souvent. Oh ! combien il est vrai qu’il ne reste que Jésus (avec l’âme) dans la souffrance et les humiliations ! Les créatures sont bien présentes lorsque tout nous sourit et nous apporte gloire et honneur. Mais quand c’est le contraire qui arrive, elles s’enfuient et laissent la pauvre victime seule et abandonnée.
Ô Jésus ! mon très grand Bien, ne me laisse pas seule dans cette douloureuse période de ma vie. Laisse-Toi avec moi, ou prends-moi avec Toi. Je t’en prie, aide-moi ! Aide-moi, ô Jésus ! » Et ce qui me tourmente le plus, ce sont les luttes que je dois soutenir avec mon doux Jésus.
À cause de l’impression des volumes de la Volonté Divine, on m’accuse au Saint-Office de choses que je ne connais même pas.
Je ne sais pas où mes accusateurs vivent ni qui ils sont. Et ils sont aussi éloignés de moi que le ciel l’est de la terre.
Il y a quarante-six ans que je suis alitée. On peut dire que je suis une malheureuse enterrée vivante. Je ne connais pas la terre Et je ne me souviens même pas d’avoir eu un amour intéressé. Mon doux Jésus a toujours veillé sur mon cœur et Il l’a gardé complètement détaché. Que le Seigneur en soit remercié à jamais !
Ils ont calomnié au Saint-Office la visite du prêtre qui vient m’appeler à l’obéissance dans l’état de mes souffrances. Il y a donc eu des impositions et des interdictions. Un combat est ici engagé avec mon bien-aimé Jésus. Je Le prie de me libérer, ou qu’Il fasse tout Lui-même
Cest-à-dire qu’Il me jette dans les souffrances et me libère quand cela Lui plaît.
Et Jésus, toute Bonté, me dit :
Ma fille, crois-tu que Je ne sois pas capable de le faire ? Je peux le faire ! Mais Je ne veux pas. Pour Moi, ma Volonté a plus de prix que ma Puissance. Je peux en un instant créer le ciel et la terre et l’instant d’après, les détruire. Telle est la Force de ma Puissance.
Mais en détruisant un Acte de ma Volonté, ce que Je ne veux ni ne peux faire, Je détruirais l’Ordre des Actes de ma Volonté
- qui, de toute Éternité, viennent de la Stabilité divine.
Ce serait agir
- contre ma Sagesse,
- contre mes propres Desseins et
- contre mon Amour. Je n’agirais pas en Dieu, mais en homme qui change facilement d’idée
- selon que les choses lui plaisent ou lui déplaisent,
- selon ce qu’elles lui apparaissent et
- selon qu’il les aime ou non.
Je suis l’immuable.
Je ne change rien dans les Desseins et les Actes que ma Volonté sainte et Divine, dans sa haute Sagesse, a établi d’accomplir. Je n’agirais pas alors comme Dieu
- en changeant seulement parce qu’ils ont voulu t’accuser de noires calomnies en se servant de leur autorité avec une perfidie malicieuse
- pour parvenir jusqu’au Saint-Office.
On en arrive là
- lorsqu’un mal a atteint un excès
- et que plus aucune autorité ne peut y remédier. Et c’est justement à cela que l’on peut reconnaître l’extrême perfidie de tes accusateurs.
Faudrait-il que Je change mes Voies et mes Desseins
- que depuis tant d’années J’accomplis sur toi ?
Oh ! si tu savais quelle douleur ils ont causée à mon Cœur qui,
- incapable de supporter la torture, m’oblige à frapper tous ceux qui ont participé à une aussi noire accusation.
Et ne va pas croire que Je vais le faire aujourd’hui. En temps et lieu, ma Justice armera son Bras contre eux.
Personne, personne ne sera épargné. La douleur qu’ils M’ont causée est trop grande.
Et moi : « Mon Amour, si Tu me laisses tomber (dans l’état de victime) et que Tu ne m’aides pas à me libérer, qu’est-ce que je vais faire ? Tu ne veux rien changer à ta façon d’agir avec moi. Si les autorités, qui voient les choses différemment,
- n’acceptent pas ce que Tu veux, comment vais-je le faire ? Au moins, assure-moi que Tu vas m’emmener au Ciel.
Ainsi, Toi et moi, et eux aussi, nous serons tous contents. Ne vois-Tu pas dans quel labyrinthe ils m’ont placée ?
Je suis l’accusée, la condamnée, comme
- si j’étais devenue la créature la plus méprisable sur terre et qu’une malédiction était tombée sur ma pauvre existence.
Jésus, Jésus ! Aide-moi. Ne m’abandonne pas. Ne me laisse pas seule. Si tous ont la cruauté de m’abandonner, Toi, Jésus, Tu ne me laisseras pas seule, n’est-ce pas ? » Ma douleur était si grande que j’éclatai en sanglots.
Et Jésus, pleurant Lui aussi, me dit : « Courage, ma brave fille. Tu dois savoir que ma Volonté Divine opère de deux manières : l’une volontaire et l’autre permissive.
Lorsque ma Volonté agit de façon volontaire,
- Elle accomplit mes Desseins,
- Elle forme la Sainteté. Et la créature qui reçoit cet Acte volontaire de ma Volonté
- l’obtient entouré de Lumière, de Grâce et avec de l’Aide. Rien ne doit manquer à cette créature fortunée
- pour pouvoir remplir cet Acte volontaire de ma Volonté.
D’autre part, ma Volonté Divine agit de façon permissive lorsque les créatures, avec le libre arbitre qu’elles possèdent, cherchent à lier les Mains du Tout-Puissant,
- comme dans la situation présente où elles veulent changer les choses à leur façon et non comme Moi Je les ai disposées jusqu’à ce jour avec tant d’Amour. Elles Me contraignent ainsi à agir de façon permissive.
Ma Volonté permissive comporte Justice et Châtiment.
L’aveuglement de tes accusateurs est grand, et qui sait jusqu’où ils iront. Je vais par conséquent agir avec ma Volonté permissive.
Comme ils refusent la manière voulue par Moi, Je vais te suspendre de l’état de victime. Et ma Justice, ne trouvant plus son soutien,
- va se décharger librement contre ces gens.
Je fais la première ronde dans toutes les nations. Si bien que très souvent Je te suspends de l’état de victime parce que je te vois trop aigrie pour ma cause et par ce qu’ils veulent.
Et à cause de toute leur perfidie à ton égard, et parce qu’en te voyant si amère Je n’ai pas le cœur de te jeter dans ton état habituel de souffrances
- que tu as reçues avec tant d’amour et
- que Moi, avec un Amour plus grand encore, Je t’ai communiquées.
Par conséquent, Je vais passer par-dessus toi. Mais si tu savais ma Douleur !
Et dans ma Douleur Je continue à dire : « Ingratitude humaine, que tu es épouvantable ! »
Je suis prêt pour la deuxième ronde de châtiments dans toutes les nations, répétant
- tremblements de terre,
- mortalités,
- phénomènes imprévus,
- maux de tous genres suffisants pour frapper de terreur et choquer. Les châtiments s’abattront comme un épais brouillard sur les gens. Et beaucoup en resteront nus et affamés. Et lorsque la seconde ronde sera terminée, Je commencerai la troisième. Et là où les châtiments feront le plus rage, les guerres et les révolutions seront plus impitoyables.
Ma fille, Je te recommande une chose : la patience. Oh, Je t’en prie, ne Me cause pas la douleur d’opposer ta volonté à la Mienne.
Rappelle-toi
- combien de Grâces Je t’ai accordées,
- avec quel Amour Je t’ai aimée pour gagner ta volonté et la faire Mienne.
Si tu veux Me rendre heureux,
- assure-Moi que jamais, jamais tu ne feras ta volonté. »
Et pour moi, assurant Jésus que jamais je ne veux faire ma volonté, les circonstances sont telles que je vis avec la crainte continuelle et qui m’empoisonne,
- de pouvoir tomber dans la grande disgrâce
- de ne pas toujours faire la Volonté Divine.
Mon Dieu, quelle souffrance !.
Quel tourment pour mon pauvre cœur, d’autant plus que dans mon état inconstant, je passe des jours sans être dans un état de souffrance. Et maintenant, je suis torturée à l’idée
- que Jésus m’a quittée et
- que je n’aurai plus jamais le Bonheur de Le voir.
Et dans ma peine, je répète : « Adieu, Jésus. Nous ne nous reverrons plus. Tout est fini. »
Et je pleure Celui qui était plus que ma vie. Je passe deux, trois jours dans cette torture. Et quand je me persuade que je ne tomberai plus dans cet état de souffrances, Jésus me surprend alors et me fait tomber dans les souffrances.
Et je suis alors torturée par la pensée : « Comment serai-je obéissante ? » Ainsi, d’une manière comme de l’autre, j’éprouve tant de tristesse et d’amertume que je ne sais plus moi-même comment continuer à vivre. J’espère que mon doux Jésus aura pitié de ma souffrance et qu’il emportera sa pauvre exilée dans la patrie céleste.
Je te prie seulement, Jésus, de mettre fin à cette tempête. Par ta puissance, commande-lui de se calmer.
Et en donnant ta Lumière à ceux qui ont causé cette tempête,
- ils sauront tout le mal qu’ils ont fait et
- ils pourront se servir de cette Lumière pour se sanctifier eux-mêmes. »
Fiat ! Nos cum prole pia Benedicat Virgo Maria