Mon petit esprit errait dans le Fiat Suprême. Je pensais : « Quelle peut être la différence entre celle qui a fondé sa sainteté dans les vertus, et celle qui l’a fondée uniquement dans la Volonté Divine ? »

Mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit en soupirant :

Ma fille, si tu savais combien la différence est grande… Écoute – et tu le sais toi-même : La terre fleurie est magnifique,

  • la variété des plantes, des fleurs, des fruits, des arbres,
  • la diversité des couleurs, des saveurs – tout est merveilleux.

Mais pourrais-tu trouver une seule plante, une seule fleur,

  • pas même la plus précieuse, qui ne soit pas entourée de terre, puisque la terre garde ses racines sur son giron, attachées à son sein,
  • pour les nourrir ?

On peut dire qu’il est impossible pour l’homme d’avoir une plante

  • qu’il ne confie pas à sa mère la terre.

Telle est la sainteté fondée dans les vertus.

La terre humaine doit y mettre quelque chose du sien. Combien de satisfactions humaines

  • dans les œuvres les plus saintes,
  • dans les vertus qu’ils pratiquent ! La terre de l’estime, de la gloire humaine s’y trouve toujours. Il forme son petit réceptacle, de sorte que les vertus semblent autant de fleurs magnifiques odorantes
  • aux vives couleurs, qui éveillent l’admiration.

Mais

  • autour d’elles, et
  • en dessous d’elles, se trouve toujours un petit quelque chose de terre humaine.

Ainsi la sainteté fondée sur les vertus

  • peut être appelée une floraison terrestre.

Selon les vertus qu’ils pratiquent,

  • certains forment la fleur,
  • ceux-là la plante,
  • d’autres l’arbre.

Il faut

  • de l’eau pour les arroser,
  • du soleil pour les féconder et leur communiquer les différents effets nécessaires pour chacune d’elles, c’est-à-dire ma Grâce. Sans cela, elles risqueraient de mourir dès leur naissance.

Par contre, la Sainteté fondée sur ma Volonté Divine est un Soleil :

  • Elle est élevée,
  • la terre n’a rien à voir avec Elle et
  • l’eau n’a pas besoin de nourrir sa Lumière.

Elle tire sa Nourriture directement de Dieu. Dans son mouvement continue de Lumière,

  • Elle produit et nourrit toutes les vertus d’une Manière divine.

Les satisfactions humaines, même saintes, la vaine gloire, l’amour-propre,

  • ont disparu et
  • n’ont même plus de raison d’exister.

Car elles ressentent de façon claire la Volonté Divine qui fait tout en elles.

Elles en ont de la gratitude à cause de ce Soleil divin, Qui

  • s’abaisse, demeure en elles et les nourrissant de sa Lumière,
  • leur fait subir sa transformation pour ne former qu’une seule Lumière avec ce divin Fiat.

De plus, sa Lumière a la vertu d’éclipser doucement la volonté humaine. Car il n’est pas permis même à un seul atome de la terre

  • d’entrer dans mon divin Vouloir.

Ce sont deux natures opposées :

  • Lumière et terre,
  • Lumière et ténèbres. On peut dire qu’elles se fuient mutuellement. La lumière ne peut tolérer ne serait-ce qu’un atome de la terre.

Par conséquent Elle éclipse la terre et se place en sentinelle

  • pour en défendre l’entrée afin que tout dans la créature puisse devenir Volonté Divine.

Le soleil donne toute chose à la terre, mais sans rien recevoir, Et il est la cause première de ses floraisons magnifiques.

De la même manière, celles qui trouvent leur Vie et leur Sainteté dans ma Volonté

  • sont avec Elles les nourricières de la Sainteté fondée dans les vertus.

Après quoi je faisais ma ronde dans le divin Fiat

  • pour trouver tous les actes des créatures, passés, présents et futurs,
  • pour demander, au nom de toutes, le Règne de la Volonté Divine

Je faisais cela lorsque mon doux Jésus ajouta : « Ma fille, tout le bien qui a été fait

  • depuis le commencement du monde, en dehors de ma Volonté Divine, ne représente que de petites lumières, effets de mon divin Fiat.

En fait, bien que les créatures n’aient pas agi dans mon Fiat, lorsqu’elles se disposaient à faire le bien, Il fixait sur elles ses rayons.

Et à ses réflexions, de petites flammes se formaient dans leur âme. Parce que ma Volonté étant une Lumière éternelle et immense, Elle ne peut produire que Lumière.

Ces petites flammes, effets de mon Fiat, demeurent autour du Soleil de ma Volonté Divine,

  • en honneur et à la gloire de ses Effets, et
  • comme fruits de la bonne action des créatures.

En fait, lorsque les créatures veulent faire le bien, les Rayons de mon Fiat

  • se fixent sur elles et
  • leur donnent les effets du bien qu’elles veulent faire.

On peut dire que mon Fiat est plus qu’un soleil qui, lorsqu’il trouve la semence dans la terre,

  • la réchauffe de sa lumière,
  • la caresse et
  • lui communique les effets pour former la plante de cette semence. Il n’existe pas de bien sans ma Volonté.

Tout comme il ne peut y avoir de couleur, de saveur, de mûrissement

  • sans les effets de la lumière du soleil, il ne peut y avoir de Bien sans mon Fiat.

Mais qui peut former le Soleil par ses actes ? Celle qui vit dans ma Volonté Divine.

Non seulement ma Volonté fixe ses Rayons sur elle, mais Elle descend en elle avec son Soleil tout entier, sa Vertu créatrice et vivifiante. Et Elle forme un autre Soleil dans l’acte de la créature.

Vois-tu, alors, la grande différence qui existe ? Tout comme

  • entre les plantes et le soleil, et
  • entre le soleil et de petites flammes.