Mon pauvre et petit esprit baigne dans la peine très amère
- de la privation de mon doux Jésus. Je me sentais presque perdue sans Lui. Et je languis plus que jamais après ma Patrie céleste.
Oh ! comme la terre est amère sans Jésus. C’est plus supportable avec Lui, mais sans Lui on ne peut pas vivre du tout.
S à côté de la mer de sa privation ne s’étendait pas plus largement encore la Mer du divin Fiat
- qui, avec sa Lumière, adoucit en partie l’amertume et l’intensité de la souffrance de la privation de Jésus,
- qui sait si je ne me serais pas envolée depuis longtemps vers les régions célestes à cause de l’intensité de la douleur.
Mais, Fiat, Fiat ! Je poursuivais donc ma Ronde dans la Création et dans la Rédemption
Je me remettais à l’esprit tous les Actes accomplis par Dieu, afin
- de les suivre et
- de donner, pour chaque Acte, Hommages, Adoration, Amour et Reconnaissance.
Mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit : Ma fille, en rappelant les Actes de la Création et de la Rédemption
afin
- de les suivre,
- de les honorer et
- de les connaître, la créature ne fait que reconnaître le Règne Divin en chaque chose.
Ma Volonté Divine, sentant qu’Elle reçoit les Honneurs et les Hommages qui Lui sont dus,
- est attirée, et
- forme son Royaume parmi les créatures.
Après quoi j’avais l’impression de ne plus pouvoir continuer sans Jésus. Les forces m’abandonnaient. J’étais tellement découragée que si l’on avait pu voir mes souffrances intérieures, j’aurais fait pleurer de pitié le Ciel et la terre.
Mais je crois que
- tout comme le divin Fiat éclipse mon doux Jésus de ma vue par sa Lumière,
- Il éclipse aussi mes souffrances, de telle sorte que personne ne sait quoi que ce soit de mon dur martyre. C’est un secret entre moi, Jésus et la Volonté Divine.
Quant aux autres, personne ne sait rien. Me voyant sous la pluie de la Lumière du Fiat, ils me croient peut-être la plus heureuse des créatures.
Oh ! Puissance de la Volonté Divine. Tu sais comment changer les choses. Là où Tu es, Tu fais que tout semble être Beau et Bon. Mieux encore, avec ta Lumière, Tu embellies les souffrances et Tu les fais paraître aussi rares que des perles précieuses
- qui renferment en elles des Mers de Joie et de Bonheur.
Comme Tu es ingénieuse, ô Volonté Divine ! Sous ton Empire de Lumière, on ne peut que demeurer muet, T’aimer et Te suivre.
Mais alors que mon petit esprit errait dans sa Lumière et dans le terrible cauchemar de la privation de Jésus, je l’ai à peine senti se manifester en moi.
Il me dit : Ma fille, courage, ne te laisse pas abattre. Le Ciel tout entier a les yeux fixés sur toi.
Par la Force irrésistible de mon Fiat, tous s’identifient tellement à toi, qu’ils ne peuvent s’empêcher
- de te regarder,
- de t’aimer et
- de participer à tous tes actes.
Tu dois savoir que les Anges, les Saints, la Reine souveraine, ne forment plus qu’Un. Leurs êtres ne sont rien d’autre qu’un Acte Unique de Volonté Divine.
Par conséquent, rien d’autre n’apparaît en eux que la Volonté Divine. La pensée, la parole, le regard, l’œuvre, le pas
- rien n’apparaît sinon le Fiat ! Fiat ! Et cela constitue la Plénitude du Bonheur de tous les Saints.
Celle qui agit et vit dans ma Volonté est semblable aux habitants du Ciel, c’est-à-dire,
- elle est tout d’une pièce et
- elle forme un seul tout avec eux.
De telle sorte que
- si l’âme en pèlerinage pense, les Saints tous ensemble pensent avec elle,
- si elle aime, si elle agit, ils aiment et agissent avec elle.
Les liens sont si étroits entre elle et le Ciel qu’ils forment tous ensemble un Acte Unique de ma Volonté. Si bien que tous les habitants du Ciel sont à l’affût
- pour voir ce que va faire la créature sur la terre afin que rien ne leur échappe.
Là où règne ma Volonté Divine,
- Elle a son Ciel et
- Elle possède la vertu de kidnapper le Ciel sur la terre et la terre dans le Ciel, et de ne plus former qu’une seule Chose.
Par conséquent, courage, ne te lasse pas. Pense que c’est à une Volonté Divine que tu as affaire. Et cela devrait te satisfaire.