Je pleurais la privation de mon doux Jésus. Donnant libre cours à ma douleur, je me disais : « Comme il est dur d’être abandonnée par lui . J’ai l’impression d’être sous un pressoir, pressurée goutte à goutte.

Ô Jésus ! Où sont tes promesses ? Où est ton Amour ?

Où est le triomphe de ta Volonté Divine dans ma pauvre âme ? J’ai l’impression que tu m’as trahie. Que ma fin est amère. Ce n’est pas le commencement que l’on doit considérer -c’est la fin qui dit tout ! »

Mais alors que je m’épanchais, mon bien-aimé se manifesta en moi. Il me dit :

Ma fille, ma Volonté Divine a en toi son triomphe. C’est pourquoi Elle te met sous pressure, goutte à goutte, sous son pressoir divin, afin qu’il ne reste pas en toi une seule goutte de ta volonté.

Pauvre fille, c’est une Volonté Divine et Inébranlable qui œuvre en toi afin d’y établir son Royaume, même dans tes plus petits actes. Par conséquent, patience, ne perds pas courage.

Ma Volonté Divine possède deux caractéristiques :

  • une Fermeté inébranlable et
  • un Acte Incessant.

C’est pourquoi, lorsqu’une âme s’est donnée à Elle, son travail est incessant. Ne sens-tu pas son mouvement continuel en toi ?

Et quand Je te manifeste sur Elle une Vérité,

  • avec une maîtrise divine qui lui appartient tout entière, Elle met son mouvement incessant en action , et Elle le répète continuellement en toi.

En le répétant, Elle triomphe, Car Elle fait en toi ce qu’Elle fait en Elle-même par sa Nature propre. N’est-ce pas, alors, le triomphe de ma Volonté ?

Plus tard, Il ajouta :

Ma fille, toutes les actions humaines :

  • travailler, se nourrir, dormir, les souffrances, les rencontres,
  • tantôt la peine et tantôt la joie ne sont que de la paille.

Mais le grain de blé ne peut pas se former sans la balle.

Au contraire, la balle le protège du gel, des rayons brûlants du soleil, de l’humidité et de toutes les intempéries de l’air.

Comme un vêtement, elle recouvre le grain de blé et pousse avec lui. Et ce n’est qu’après l’avoir formé et lui avoir donné vie qu’elle se détache de lui. Et cette pauvre balle exécute et reçoit ce détachement à force de battage, après avoir servi le grain de blé et lui avoir donné vie.

Il en est ainsi des actions humaines : des plus petites jusqu’aux plus grandes, elles sont toutes semblables à la balle. Si on laisse le froment de ma Volonté couler en elles, ces actions servent de façon admirable à cacher et à protéger le froment de ma Volonté Divine. Plus la balle est abondante, plus on peut espérer posséder de froment.

C’est un enchantement, ma fille, de voir une action humaine contenir en elle le Froment très pur et l’or resplendissant de ma Volonté Divine .

Comme la balle, elles semblent avoir la primauté sur le grain de blé et peuvent se vanter en disant : Il est vrai que nous sommes de la balle. Mais nous cachons en nous une Volonté Divine qui est plus que du blé. Nous restons à son Service. Nous Lui donnons le champ afin qu’Elle puisse être formée dans notre action.’

Par contre, si ma Volonté ne coule pas en elles, les actions humaines restent comme la balle, bonne à être brûlée. Parce qu’elles n’ont pas formé en elles le pur froment qui sert la Patrie céleste.

La balle est détachée du grain par le battage,

De la même manière, les actions humaines sont séparées du pur Froment de ma Volonté Divine par le moyen de la mort , qui,

  • en abattant ce qui est humain,
  • détruit le vêtement qui recouvrait le Froment doré de ma Volonté

Et, en le faisant apparaître, elle montre si ce que l’âme possédait était de la balle ou du blé

Par conséquent, ce ne sont pas les actions humaines qui marquent leur valeur, mais la volonté qui les animait.

Combien d’actions, en apparence belles et saintes, seront trouvées

  • remplies de boue si c’était l’intérêt personnel qui les guidait .
  • remplies de vent, si c’était l’estime et la gloire personnelle .
  • remplies de pourriture, si c’était pour plaire aux créatures .
  • remplies de fumée, si c’était l’attachement à ce qui est humain.

Combien de choses la balle des actions humaines ne cache-t-elle pas ?

Mais au dernier jour de la vie, lorsque viendra le battage de la balle, il fera connaître tout ce qui était tenu caché à l’intérieur.

Après quoi, j’ai continué à m’abandonner dans le divin Fiat. Mon toujours aimable Jésus, se manifestant en moi, me dit :

Ma fille, la volonté humaine a rendu l’homme semblable à une usine lézardée

  • qui s’écroule. L’homme n’avait pas la vertu de pouvoir réparer lui-même. Il fallait le Divin Créateur. Il l’avait construite avec tant d’Amour et Il connaissait les Secrets de son Art. Il pouvait la réparer et faire couler dans ses fissures le liquide Vital de sa Force réparatrice afin de la rendre à nouveau solide, telle qu’Il l’avait construite.

Mais il faut que l’homme

  • se rapproche de son Divin Réparateur pour recevoir le bénéfice de son art,
  • qu’il se laisse guider par Lui et
  • ne laisse plus agir la volonté humaine, cause première de l’effondrement de l’usine.

Sinon, malgré la venue du Constructeur céleste, l’homme restera toujours une usine lézardée et croulante.