Je suis de plus en plus longtemps privée de mon doux Jésus . Je sens que je ne peux plus continuer ainsi.
Ah ! si on m’accordait le droit de m’envoler vers ma Patrie céleste, là où il n’y a plus de séparations d’avec Jésus, comme je serais heureuse de sortir de la dure et sombre prison de mon corps ! Jésus ! Jésus ! Comment peux-tu ne pas avoir pitié de moi, pauvre prisonnière ?
Comment est-ce possible ? Tu m’as laissée sans même venir me rendre souvent visite dans la sombre prison où je suis. Oh ! Jésus ! Sans Toi, comme il devient plus douloureux, plus lugubre et plus terrible cet emprisonnement où Tu m’as placée.
Tu me disais que je devais y rester par amour pour Toi et pour faire ta Volonté. Tu as dit aussi que Tu ne m’y laisserais pas seule et, que Tu viendrais m’y tenir compagnie.
Et maintenant ? Maintenant tout est fini ! Je n’ai
- plus ton Sourire pour me réconforter,
- plus ta Parole pour briser mon long silence,
- ni ta compagnie pour rompre ma solitude. Je suis seule, emprisonnée et enchaînée par Toi dans cette prison. Et pour finir, Tu me quittes. Jésus ! Jésus ! Je ne m’attendais pas à cela de Toi.
Alors que j’épanchais tout mon chagrin, Il est sorti du dedans de moi. Il m’a embrassée pour me soutenir parce que j’étais à bout de forces .
Puis Il m’a dit : Ma fille, courage, Je ne te quitte pas.
Au contraire, tu dois savoir que ton Jésus peut accomplir n’importe quel miracle, mais pas celui de te séparer de sa propre Volonté. Si ma Volonté Divine est en toi, comment puis-Je te quitter ? Et si cela était le cas, Je serais Jésus sans vie.
C’est au contraire l’infini de mon Fiat qui me cache. Alors que tu sens la Vie de mon Fiat, tu ne vois pas ton Jésus qui est en Lui.
Après quoi je me suis sentie très malheureuse. Non seulement parce que j’étais privée de mon doux Jésus, mais aussi parce que j’avais appris de façon inattendue la nouvelle de la mort du R. P. Di Francia. Il était le seul être qui me restait et à qui je pouvais ouvrir ma pauvre âme.
Comme il me comprenait bien ! C’est à un saint que je pouvais me confier Et il comprenait très bien le prix de tout ce que Jésus m’avait dit sur la Volonté Divine . Il s’y intéressait tellement qu’il avait insisté pour emporter chez lui tous les écrits afin de les publier.
Je me disais alors :
« Jésus a permis qu’il emporte les écrits. Ceci a été pour moi un grand sacrifice parce que je ne le voulais pas. C’est seulement parce qu’il était un saint que j’ai dû accepter… Et maintenant Jésus l’a emporté au Ciel. »
Je me sentais torturée par la douleur – mais ‘Fiat ! Fiat ! Fiat ! ‘ Tout a une fin ici-bas. J’éclatais en sanglots. Et je recommandais à Jésus son âme bienheureuse qui avait tant souffert et tant travaillé pour Lui .
C’est alors que mon doux Jésus s’est manifesté en moi et m’a dit :
Ma fille, courage, tu dois savoir que
- tout ce qu’a pu faire cette âme qui m’est si chère,
- toutes les Connaissances qu’elle a acquises sur ma Volonté, sont autant de lumières qu’elle a pu enfermer en elle-même.
Chaque Connaissance additionnelle est ainsi une Lumière plus grande qui lui appartient.
Et chaque Connaissance dépose en l’âme
- une Lumière distincte
- des Lumières toutes plus belles les unes que les autres
- ainsi que la semence d’un Bonheur distinct que contient chaque Lumière.
De fait, par sa volonté de mettre en pratique chaque Bien qu’elle peut connaître, l’âme demeurera alors en possession de ce Bien qu’elle connaît.
Mais si l’âme n’a pas la volonté de mettre en pratique les connaissances acquises, il en sera pour elle comme de l’homme qui
- touche une fleur ou
- se lave dans une eau très fraîche :
il sentira le parfum de la fleur ou la fraîcheur de l’eau. Mais comme il ne possède ni la fleur ni la fontaine d’eau fraîche, ce parfum s’évanouira peu à peu ainsi que la sensation agréable de l’eau fraîche. Et il se retrouvera alors privé du parfum et de la fraîcheur qu’il aimait.
Tel est le sort des connaissances lorsqu’on a le bonheur de les apprendre, mais sans les mettre en pratique.
Cette âme avait la volonté de les mettre en pratique. Si bien qu’en voyant tout le Bien qu’elle en retirait, elle voulait le faire connaître aux autres en les publiant.
Aussi longtemps qu’il est resté sur la terre, son corps,
- mieux qu’un mur, enfermait cette Lumière. Mais dès que son âme sortit de la prison de son corps, elle se trouva revêtue de la Lumière qu’elle possédait.
Et comme les nombreuses semences de bonheur se développaient,
- lesquelles sont les effets des Connaissances de ma Volonté Divine , il commença à vivre les vraies Béatitudes.
Et en se plongeant dans la Lumière éternelle de son Créateur, il s’est retrouvé dans la Patrie céleste où il poursuivra sa mission sur ma Volonté
- en accordant lui-même son aide du haut du Ciel.
Si tu savais toute la différence, en gloire, en beauté et en bonheur, entre
- celui qui, en mourant, apporte la Lumière de la terre avec les semences de nombreux Bonheurs, et
- celui qui ne fait que recevoir cette Lumière de son Créateur…
La distance entre eux est si grande qu’elle surpasse celle qui sépare le Ciel et la terre.
Oh ! si les mortels connaissaient la grandeur du bien qu’ils acquièrent
- en connaissant un vrai Bien ou une Vérité, et
- en faisant de ce Bien leur propre sang afin de l’absorber dans leur propre vie, ils se battraient entre eux, ils oublieraient tout pour connaître une seule Vérité et ils donneraient leur vie pour la mettre en pratique !
Pendant que Jésus parlait, je voyais devant moi, à côté de mon lit, l’âme bienheureuse du père Di Francia. Revêtu de Lumière, sans toucher le sol, il me fixait sans dire un mot. Je restai moi aussi muette devant lui.
Jésus ajouta : Regarde-le. Vois comme il est transformé.
Ma Volonté est Lumière
- et Elle a changé cette âme en Lumière. Ma Volonté est belle
- et Elle lui a communiqué toutes les nuances de la Beauté parfaite. Elle est sainte, et il a été sanctifié.
Ma Volonté possède toutes les sciences,
- et son âme a été revêtue de la Science divine. Il n’y a rien que ma Volonté ne lui ait donné.
Oh ! si tous comprenaient ce que signifie la Volonté Divine ,
- ils mettraient toutes choses de côté,
- ils ne voudraient rien faire d’autre, et l
- leur seul désir serait de faire uniquement ma Volonté !
Après quoi, je me disais : « Mais pourquoi mon bienheureux Jésus n’a-t-il pas fait un miracle pour le père Di Francia ? »
Et Jésus me dit intérieurement : Ma fille, dans la Rédemption, la Reine du Ciel n’a opéré aucun miracle. Car sa condition ne lui permettait pas de rendre
- la vie aux morts ou
- la santé aux malades.
En fait, comme sa Volonté était Celle de Dieu Lui-même,
- tout ce que son Dieu voulait et faisait,
- elle le voulait et le faisait également.
Elle ne possédait pas non plus une autre Volonté pour demander à Dieu des miracles et des guérisons. Car elle n’a jamais donné vie à sa volonté humaine.
Pour demander des miracles à cette Volonté Divine ,
- elle aurait dû se servir de la sienne, ce qu’elle ne voulait pas faire. Parce que cela signifiait descendre dans l’ordre humain.
Mais la Reine du Ciel n’a jamais voulu rien faire en dehors de l’Ordre divin.
Celui qui demeure dans l’Ordre divin doit faire et vouloir tout ce que fait et veut son Créateur.
D’autant plus qu’avec la Vie et la Lumière de cette Volonté Divine , elle pouvait voir que tout ce que son Créateur voulait et faisait, était pour les créatures ce qu’il y avait de mieux, de plus parfait et de plus saint. Comment aurait-elle donc pu descendre des hauteurs de l’Ordre divin ?
C’est pourquoi elle n’a accompli que le grand miracle qui renferme tous les miracles : la Rédemption . C’était un Miracle voulu par cette Volonté
- qui l’animait elle-même et
- qui apportait le Bien universel à tous ceux qui le désiraient.
Durant sa vie, la grande Mère du Ciel n’a pas accompli de miracles visibles, comme ressusciter des morts ou guérir des malades, Elle opère cependant des miracles chaque jour et à chaque instant.
Car lorsque les âmes se préparent par la repentance,
- elle donne elle-même la disposition pour le repentir et
- elle apporte partout son Jésus, le fruit de son sein,
- elle le donne tout entier à chaque âme en confirmation du grand miracle que cette céleste Créature a accompli par la Volonté de Dieu.
Les miracles que Dieu veut faire Lui-même
- sans intervention de la volonté humaine sont des Miracles perpétuels.
Car ils proviennent de la Fontaine divine qui ne tarit jamais. Et il suffit de les vouloir pour les recevoir.
Tes conditions sont maintenant celles de l’incomparable Reine du Ciel. Comme tu dois former le Royaume du Fiat Suprême,
- tu ne dois vouloir et faire que ce que ma Volonté Divine veut et fait, et
- ta volonté ne doit pas avoir de vie, même s’il te semble que tu pourrais faire quelque bien aux créatures.
Et tout comme ma Maman ne voulait pas faire d’autres miracles que celui de donner son Jésus aux créatures, il en va de même pour toi.
Le miracle que la Volonté Divine veut que tu accomplisses, c’est
- de donner ma Volonté aux créatures et
- de la faire connaître afin qu’Elle puisse régner.
Tu accompliras par ce miracle plus que tout ce qui peut se faire. Tu assureras le salut, la sainteté et la noblesse des créatures, Tu banniras également leurs maladies corporelles
- causées par le fait que ma Volonté Divine ne règne pas.
Plus encore, tu placeras en sûreté une Volonté Divine au milieu des créatures. Tu Lui rendras toute la Gloire et tout l’Honneur dont l’a privée l’ingratitude humaine.
C’est pourquoi Je ne t’ai pas permis de faire le miracle de le guérir.
Mais tu as accompli pour lui le grand miracle
- de lui faire connaître ma Volonté. Et il a pu quitter la terre en sa possession.
Il est maintenant dans la Joie et l’Océan de Lumière de la Volonté Divine. Et cela est plus que tout.