Étant dans mon état habituel, je me sentais complètement abandonnée dans les bras de Jésus qui, bougeant en moi, me dit :
(2) ” Ma fille,
- plus l’âme s’identifie à Moi,
- d’autant plus Je peux lui donner et elle peut prendre de Moi.
Cela se passe comme entre la mer et le petit ruisseau,
- s éparé d’elle par une seule paroi. Tant et si bien que, si on l’enlevait,
- la mer et le ruisseau ne ferait plus qu’une seule mer.
Or, si la mer déborde, le petit ruisseau, étant tout près, reçoit l’eau de la mer. Ses ondes assourdissantes s’élèvent et en redescendant elles se déversent dans le petit ruisseau. L’eau de la mer s’infiltre par les fissures de la paroi ce qui fait que le petit ruisseau reçoit en permanence l’eau de la mer.
Comme ce ruisseau est petit, en gonflant, Il redonne à la mer l’eau reçue. … et ainsi de suite. Cela peut se produire uniquement parce que le petit ruisseau est près de la mer.
Si par contre il en était loin, la mer ne pourrait rien lui donner ni lui rien recevoir. L’éloignement ne lui permet même pas de connaître son existence.”
(3) En même temps qu’Il parlait, Il me montra l’acte concret de la mer et du petit ruisseau dans mon esprit et Il reprit en disant :
(4)” Ma fille, la mer représente Dieu, le ruisseau est l’âme. La paroi qui les sépare est la nature humaine qui distingue Dieu de la créature. Les débordements, les ondes
- qui s’élèvent en permanence
- et qui provoquent le déversement dans le petit ruisseau sont ma Volonté Divinequi veut tant donner à la créature.
Elle fait en sorte que le petit ruisseau,
- se remplissant et gonflant, déborde,
- forme ses ondes gonflées par le vent de la Volonté Suprême,
- se reverse dans la mer divine,
- pour se remplir à nouveau de façon à pouvoir dire :
Je mène la même vie que la mer. Bien que petit, je fais ce qu’elle fait. Je déborde, forme mes ondes. Je m’élève, en essayant de rendre à la mer ce qu’elle me donne.”
Ceci signifie que, l’âme qui s’identifie à Moi et
- se laisse dominer par ma Volonté,
- est la répétitrice des actes divins. Son amour, ses adorations, ses prières, tout ce qu’elle fait
- est l’aboutissement reçu par Dieu.
Elle peut dire : « C’est ton amour qui T’aime, tes adorations qui T’adorent, tes prières qui Te prient. C’est ta Volonté qui, m’investit, me fait faire les choses que Tu fais, pour que je Te les rende comme étant Tiennes.”
(5) Jésus se tut, mais comme pris par un accès d’amour irrésistible, Il ajouta :
(6)” Oh ! Puissance de ma Volonté, combien Tu es grande. Tu es la seule à pouvoir réunir
- le plus grand, le plus haut avec l’être le plus petit, le plus bas en formant un Être unique,
Tu es la seule à posséder la vertu
- de vider la créature de tout ce qui ne Lui appartient pas pour pouvoir former en elle, grâce à tes reflets, ce Soleil Éternel qui,
- remplissant avec ses rayons le Ciel et la terre, va se fondre avec le Soleil de la Majesté Suprême.
Tu es la seule à posséder cette vertu qui communique la Force suprême,
- permettant ainsi à la créature, grâce à ta force, de s’élever à cet Acte unique du Dieu Créateur.
Ah ! Ma fille, la créature qui ne vit pas dans l’Unité de ma Volonté,
- perdant la Force unique,
- reste comme désunie de cette Force qui remplit le Ciel et la terre et qui soutient tout l’univers
- comme s’Il s’agissait d’une petite plume.
Or, lorsque l’âme ne se laisse pas dominer par ma Volonté,
- elle perd sa Force Unique dans toutes ses actions.
Donc tous ses actes, ne sortant pas d’une Force unique, restent divisés entre eux.
- l’amour divisé, l’action séparée, la prière déconnectée. Tous les actes de la créature sont divisés.
Par conséquent, Ils sont appauvris, mesquins, éteints.
- la patience est pauvre,
- la charité est faible,
- l’obéissance est boiteuse,
- l’humilité est aveugle,
- la prière est muette,
- le sacrifice est sans vie, sans vigueur .
Car, lorsque ma Volonté manque, Il n’y a plus la Force Unique
- qui réunit tout,
- qui donne la même force à chaque acte de la créature.
C’est la raison pour laquelle,
- non seulement Ils restent divisés entre eux, mais,
- viciés par la nature humaine, chacun d’eux garde son propre défaut.
C’est ce qui se passa pour Adam. En se soustrayant à la Volonté Suprême, Il perdit la Force unique de son Créateur.
Restant avec sa force humaine limitée,
- il rencontra des embûches dans ses actions,
- en même temps que la force déployée l’affaiblissait.
Celle-ci n’était jamais la même pour chaque action accomplie. Il toucha du doigt la pauvreté de ses actions qui, étant de force inégale,
- non seulement elles étaient divisées,
- mais chacune d’elles avait un défaut.
Ce fut pareil pour un riche Seigneur qui possède une propriété très étendue. Tant que celle-ci n’appartient qu’à un seul patron,
- Il mène grand train,
- il fait de grandes dépenses, ayant à ses ordres une ribambelle de serviteurs. Et, grâce à ses énormes rentes, Il fait toujours de nouvelles acquisitions.
Mais supposons qu’il partage cette propriété avec d’autres héritiers. Sa force n’est plus la même. Il ne peut plus s’exhiber comme avant, ni faire d’autres acquisitions. Il doit limiter ses dépenses, ses serviteurs sont peu nombreux. De sa grandeur, de sa noblesse, Il ne reste ainsi que des traces.
C’est ce qui arriva à Adam. Se soustrayant à ma Volonté, Il perdit
- la Force unique de son Créateur et, en même temps,
- sa Noblesse, sa Domination, n’ayant plus la Force de s’exhiber en faisant le bien.
Cela se produit pour qui n’est pas complètement abandonné dans les bras de ma Volonté. Car, avec Elle, la Force du Bien devient une deuxième nature et la pauvreté n’existe plus.”