Ce matin, mon doux Jésus s’est rendu visible.

Il était dans un tel état de souffrance que ma pauvre âme se sentit consumée de compassion. Tous ses membres étaient disloqués. Ses blessures étaient si profondes et douloureuses qu’Il gémissait et se contorsionnait. Il se plaça près de moi comme s’Il voulait me faire participer à ses Souffrances. À simplement le regarder, j’ai senti que sa douleur se reflétait en moi.

Toute bonté, Il me dit : « Ma fille, Je n’en peux plus. Touche mes Plaies endolories pour les adoucir, couvre- les de tes baisers d’amour afin que ton amour puisse amoindrir mes convulsions. Cet état si pénible est l’image véritable de ce que ressent ma Volonté au milieu des créatures.

Ma Volonté est présente en elles. Mais Elle est comme divisée. Parce que les créatures font leur propre volonté et non la Mienne. Ma Volonté est comme disloquée et blessée par les créatures.

Par conséquent, unis ta volonté à la Mienne et soulage cette dislocation. »

Je Le serrai sur moi et embrassai les Plaies de ses Mains. Oh ! Comme ses Mains étaient abîmées par tant de travaux des créatures, même saints, n’ayant pas leur origine dans la Volonté de Dieu.

Pour amoindrir ses Souffrances, je serrai ses Mains dans les miennes. Jésus me laissa faire ce que je voulais. Il voulait vraiment que je fasse cela. Ainsi, j’ai continué avec ses autres blessures, à tel point qu’Il resta avec moi presque toute la matinée.

Avant de me laisser, Il me dit : « Ma fille, tu m’as soulagé. Je sens mes os replacés. Mais sais-tu qui peut Me soulager et replacer mes os disloqués ? Celui qui laisse ma Volonté régner en lui.

Quand l’âme met de côté sa volonté, ne lui permettant aucun acte de vie, ma Volonté y règne, y commande et y gouverne en maître.

Elle se sent chez Elle, comme Je me sens dans ma céleste Patrie.

Me sentant dans ma maison, J’agis comme étant le maître : Je dispose de tout à ma guise. J’y mets ce que Je veux. Cela Me procure le plus grand honneur et la plus grande gloire qu’une créature puisse Me donner.

Par contre, si l’âme fait sa propre volonté, c’est elle qui agit en maître, qui dispose de tout.

Ma Volonté y est comme une pauvre étrangère négligée et parfois méprisée. Je voudrais y mettre mes choses, mais Je ne le peux pas parce que la volonté humaine ne veut pas me laisser de place. Même dans les choses saintes, elle tient à tenir le haut du pavé. Comme Je me sens inconfortable dans l’âme qui fait sa propre volonté !

C’est comme

  • pour un père qui va rendre visite à un de ses enfants éloignés.
  • ou comme un ami qui va visiter un autre ami.

Il frappe et, bien que la porte lui soit ouverte, il est reçu froidement. On le laisse attendre à l’entrée. On ne lui prépare aucun repas. Aucun lit ne lui est offert pour se reposer. On lui refuse de partager ses joies et ses peines. Quel affront ! Quelle peine pour ce père ou cet ami ! S’il a apporté des trésors à donner, il ne laisse rien et s’en retourne le cœur brisé.

Ça pourrait aussi être le contraire. Dès que la personne arrive,

  • on se met en fête, on prépare le meilleur des repas, le plus doux des lits, et on fait du visiteur le seigneur de toute la maison et de soi-même.

N’est-ce pas là l’honneur, l’amour, le respect et la soumission les plus grands qui puissent être offerts à un père ou à un ami ? Et combien de belles et bonnes choses le visiteur ne laissera-t-il pas à celui qui le reçoit de cette façon, pour le remercier de sa si grande générosité ?

Il en va ainsi pour ma Volonté. Elle vient du Ciel pour résider dans les âmes.

Mais au lieu de Me laisser être le maître, on Me traite comme un étranger et un démuni. Mais ma Volonté ne s’en va pas.

Bien qu’on Me traite comme un étranger, Je reste là, dans l’attente, afin de donner aux âmes mes Biens, mes Grâces et ma Sainteté. »