Ma vie se poursuit dans l’amertume de la privation de mon doux Jésus. Je ne sais comment j’arrive à vivre. Je me sens écrasée, dans un terrible cauchemar. Ma nature, privée de son unique soutien, voudrait se dissoudre.
Je sens tantôt mes os se disloquer, tantôt mon estomac se bloquer, ne voulant recevoir ni eau ni aliment. Sans mon Jésus, ma pauvre nature voudrait dépérir et se désintégrer. Lorsqu’elle est sur le point de se dissoudre, une Main puissante
- m’empoigne, replace mes os disloqués, débloque mon estomac et empêche mon effondrement complet.
O Seigneur, quelle souffrance ! Aie pitié de mon triste sort. Ô Dieu, je t’en prie, fais revenir celui qui est l’unique soutien de ma vie, ou bien laisse ma pauvre nature te payer le tribut de la mort
afin que je puisse me retrouver dans le sein de mon Jésus
- où nous ne serons plus jamais séparés !
Pendant que j’étais dans cet état à la suite de si grands tourments, mon doux Jésus se rendit visible dans mon intérieur. Il y était assis seul, pensif et taciturne, les mains sur le front. Bien qu’il était à l’intérieur de moi, il y avait en moi tellement d’espace que nous nous trouvions éloignés l’un de l’autre.
En somme, nous étions tous les deux seuls, chacun de son côté. Alors, je voulus à tout prix m’approcher de Lui pour Lui dire quelques mots et Lui tenir compagnie dans sa solitude.
Mais, je ne sais comment, l’espace se transforma. Il me sembla que c’était le monde et que Jésus était en son centre. Jésus me paraissait s’inquiéter au sujet du destin du monde qui se précipitait vers sa ruine. Il prit une parcelle de cet espace et la déposa sur moi. Je me sentis écrasée sous ce poids. Mais j’étais contente que mon Jésus, ma Vie, soit près de moi.
En Le voyant près de moi, j’aurais voulu pleurer pour l’attendrir sur mon terrible tourment et Lui parler longuement. Mais je n’ai pu que Lui dire : « Jésus, ne me laisse plus jamais ! Ne vois-tu pas que, sans Toi, je ne peux plus supporter cet exil ? »
Toute bonté, Il me dit : « Je ne te laisse pas, non, non ! C’est une fausse accusation que tu portes contre ton Jésus. Je ne laisse jamais personne. Les créatures s’éloignent de Moi, non pas Moi d’elles. Plutôt, Je cours sans cesse après elles.
Ne me fais donc plus jamais l’affront de me dire que Je pourrais te laisser. D’ailleurs, tu l’as bien vu, J’étais en dedans de toi, pas en dehors. Et non seulement Moi, mais le monde entier. »
Après, regardant Jésus, j’ai pu voir
- son intelligence plus intense que le soleil et
- toutes ses pensées comme autant de rayons émanant de ce soleil.
Ces rayons s’amplifiaient et
-
couvraient les pensées de toutes les créatures passées, présentes et futures, en essayant de s’emparer de toutes les intelligences créées pour, en leur nom,
-
rendre au Père gloire et complète réparation pour tout, et
-
aussi pour obtenir tous les biens pour les intelligences créées.
Ensuite, me tirant vers lui, Il me dit : « Ma fille, le Soleil que tu vois dans l’intelligence de mon Humanité a été formé par ma Divinité qui a doté mon Humanité
- d’un Pouvoir Créateur et de la Connaissance de toute chose, si bien que J’ai pu être le nouveau Soleil des âmes.
Le soleil que J’ai créé pour le bien de la nature
- envahit toute la terre de sa lumière, sans priver personne de ses bienfaits. Il fait cela sans quitter le ciel. Ma Divinité dans mon Humanité s’est comportée de la même manière. Sans me quitter, Elle forma de sa Lumière inaccessible des rayons couvrant tous et tout.
À chaque instant, Je couvrais chaque pensée, chaque parole et chaque acte
- de toutes les créatures
- de toutes les générations humaines, au nom desquelles Je rendais gloire continuelle à mon Père.
Tout en s’élevant vers le Père, ma Lumière descendait pour prendre en son pouvoir tous les actes humains afin de les illuminer, les réchauffer et les réparer. Ainsi, tous les actes humains sont continuellement couverts de Lumière pour leur bien. Pour Moi, faire cela était comme naturel.
Toi, ma fille, tu n’as pas ce Pouvoir de convertir tous les actes humains en un seul acte. Cependant, dans ma Volonté, tu parcourras mes rayons un à un. Et, petit à petit, tu suivras les mêmes chemins que mon Humanité. »
Alors, j’ai essayé de parcourir le premier rayon, puis le second, etc. Mais, ô pouvoir de la Volonté Divine, pendant que je parcourais ces rayons, j’étais si petite qu’il me semblait que j’étais un atome.
Et cet atome se trouvait
- tantôt dans l’ intelligence divine et parcourait les intelligences des créatures ;
- tantôt il se trouvait dans les Mots divins,
- tantôt dans les Mouvements divins, parcourant les mots et les mouvements des créatures, et ainsi de suite.
Voyant mon extrême petitesse
- dans son Intelligence, ses Paroles et ses Mouvements, la Divinité était transportée d’Amour pour ma petitesse.
Elle me dit : « Cette petitesse Nous ravit.
En la voyant entrer dans nos propres actes dans le but
- de les accomplir en même temps que Nous et
- de les diffuser sur tous, Nous éprouvons une telle Joie et une telle Gloire que,
- débordants d’Amour, Nous lui donnons la liberté d’entrer en Nous et d’agir avec Nous. » À ces mots, je devins toute confuse et Je me suis dit : « Je ne fais rien. C’est la Volonté Divine qui me porte dans ses bras. Par conséquent, toute la gloire revient à son adorable Volonté. »