Mes jours sont toujours plus souffrants. Je suis dans l’âpre état de la privation de mon doux Jésus. Cela est comme une arme mortelle suspendue au-dessus de moi et prête à me tuer à tout moment.
Lorsqu’elle est sur le point de me donner le coup de grâce,
- ce qui me serait un soulagement et me permettrait d’aller vers mon Jésus, elle reste suspendue au-dessus de ma tête. Et c’est en vain que j’attends le coup final. Je sens ma pauvre âme et ma pauvre nature se désintégrer.
Ah ! mes gros péchés m’empêchent de mériter la mort ! Quelle souffrance ! Quelle longue agonie ! Ah ! mon Jésus, aie pitié de moi ! Toi qui es le seul à connaître mon douloureux état,
- ne m’abandonne pas, ne me laisse pas toute seule !
Pendant que j’éprouvais ces sentiments, je me suis retrouvée hors de mon corps et dans une très pure lumière, où j’ai pu voir la Maman Reine avec le petit bébé Jésus dans son sein virginal.
Ô mon Dieu, dans quel triste état se trouvait mon aimable petit bébé Jésus ! Sa petite Humanité était immobilisée, ses petites mains et ses petits pieds immobiles,
- sans aucune possibilité de bouger. Il n’avait aucun espace pour ouvrir les yeux ou respirer à l’aise. Son immobilité était telle que, bien que vivant, Il semblait mort.
Je me suis dit : « Comme mon Jésus doit souffrir dans cet état, et tout autant sa Maman en voyant bébé Jésus si coincé dans son sein. »
Pendant que j’entretenais ces pensées, l’Enfant Jésus me dit en sanglotant :
« Ma fille, les douleurs que J’ai souffertes dans le sein virginal de ma Mère sont incommensurables pour l’esprit humain. Sais-tu quelle fut la première souffrance
- que J’ai éprouvée dès le premier instant de ma conception et
- que J’ai ensuite endurée toute ma vie ? La souffrance de la mort.
Ma Divinité était descendue du Ciel parfaitement heureuse, sans qu’aucune souffrance ou mort ne puisse l’atteindre.
Quand J’ai vu ma petite Humanité sujette à la souffrance et à la mort
- par Amour pour les créatures, J’ai senti la souffrance de la mort si intensément
- que J’en serais mort à l’instant même si ma Force divine ne m’avait pas soutenu miraculeusement,
- me laissant éprouver cette souffrance tout en continuant à vivre.
Ainsi, c’était toujours la mort pour Moi Je sentais
-
la mort provenant du péché,
-
la mort du bien chez les créatures, et même leur mort naturelle. Quel cruel tourment J’ai ainsi vécu durant toute ma vie !
Moi qui contenais la Vie,
- qui en étais même le Seigneur absolu, J’allais me soumettre à la peine de la mort.
Ne vois-tu pas ma petite Humanité immobile et mourante dans le sein de ma chère Maman ? Ne ressens-tu pas toi-même combien il est terrible de vivre les souffrances de la mort sans mourir ?
Ma fille, c’est ta vie dans ma Volonté
- qui te fait prendre part à la mort continuelle de mon Humanité. »
J’ai ainsi passé presque toute la matinée
- aux côtés de Jésus dans le sein de ma Maman.
Je l’ai vu, pendant qu’Il était en train de mourir, retrouver la vie pour ensuite s’abandonner de nouveau à la mort.
Comme il m’était pénible de voir l’Enfant Jésus dans cet état ! Dans la nuit qui suivit, je réfléchissais sur l’Acte
- par lequel le doux petit Bébé quitta le sein maternel pour naître parmi nous
Et mon pauvre esprit se perdait dans ce mystère si profond et si rempli d’Amour quand, bougeant en moi, mon doux Jésus tendit ses petites mains pour m’embrasser.
Il me dit : « Ma fille, l’Acte de ma Naissance fut le plus solennel de toute la création. Le Ciel et la terre se prosternèrent en une profonde adoration
- à la vue de ma petite Humanité dans laquelle ma Divinité se trouvait comme emmurée. Il y eut un acte de silence, de profonde adoration et de prière.
Tout extasiée, ma Maman priait devant ce si grand Prodige qui sortait d’elle Saint Joseph et les anges priaient aussi.
Toute la création ressentait la grandeur de mon Pouvoir Créateur
- amoureusement renouvelé devant Elle.
Elle se sentait très honorée parce que Celui qui l’avait créée avait besoin d’elle pour l’entretien de son Humanité.
Le soleil se sentait honoré d’avoir à donner sa lumière et sa chaleur à son Créateur, son véritable Seigneur. Il fit la fête en mon honneur. La terre se sentait honorée de me voir couché dans une mangeoire.Tout attendrie devant mes frêles membres, elle manifestait sa joie par des signes étonnants.
Toute la création se sentait honorée de voir son vrai Roi et Seigneur descendre en son sein. Chaque chose créée apportait sa contribution : l’eau voulait étancher ma soif, les oiseaux M’égayaient de leur gazouillis, le vent Me caressait, l’air Me cajolait : toutes les choses créées M’offraient leur tribut innocent.
Seul l’homme ingrat se montra réticent. Bien qu’il ressentait quelque chose d’inhabituel : une joie, une force puissante. Même si je l’appelais de mes larmes et de mes gémissements,
- il ne bougea pas, sauf quelques bergers.
Pourtant, c’était pour lui que Je venais sur la terre
- Me donner pour le sauver et le ramener à sa céleste Patrie. J’étais aux aguets pour voir
- s’il allait venir recevoir le grand Don de ma Vie Divine et Humaine.
Mon incarnation n’était rien d’autre
- que de Me mettre à la merci des créatures. Je me suis mis à la merci de ma chère Mère et de saint Joseph
- à qui Je fis don de ma Vie.
Et comme mes œuvres sont éternelles, la Divinité, le Verbe descendu du Ciel, n’a jamais quitté la terre
- afin de pouvoir se donner sans cesse à toutes les créatures.
Pendant toute ma Vie, Je me suis donné généreusement .
Et, quelques heures avant de mourir, J’ai institué la grande merveille de l’Eucharistie pour que tous ceux qui le voudront aient la possibilité de recevoir le grand cadeau de ma Vie.
Je ne me suis pas préoccupé
- des offenses qu’on Me ferait ou de ceux qui allaient refuser de Me recevoir.
Je me suis dit :
“Je me suis donné, jamais Je ne me reprendrai. Qu’ils fassent ce qu’ils voudront, Je serai toujours à leur disposition ! ”
« Ma fille, telle est la nature du véritable Amour : constance et volonté de ne jamais faire marche arrière, _quel que soit le sacrifice req_uis.
La Constance dans mes Œuvres est ma Victoire et ma plus grande Gloire.
Chez la créature, la constance est le signe qu’elle agit pour Dieu :
l’âme ne se laisse arrêter par rien, ne se préoccupe
- ni d’elle-même, ni de sa réputation,
- ni de ses proches, même si cela devait lui coûter la vie.
Elle ne regarde que Dieu Par amour pour Lui, elle s’est mise en route. Elle se sent victorieuse pendant qu’elle sacrifie sa vie par amour pour Dieu.
L’inconstance résulte de la nature humaine, de sa manière d’agir, de ses passions. Elle n’est pas le lot du véritable Amour. La constance doit caractériser celui qui agit pour Moi.
Par ma Constance, Je ne change jamais dans mes Œuvres. Une fois qu’une chose est faite, elle l’est pour toujours. »