Je pensais : « Pourquoi la vie spirituelle comporte-t-elle tant de vicissitudes ? Dès que quelqu’un croit être sur la bonne voie, au moment le plus imprévu, il saute de l’autre côté. Ainsi, nous souffrons d’innombrables déchirures,

  • déchirures pénibles au point de faire saigner le coeur. Ces vicissitudes constituent un martyre continuel. »

Alors mon doux Jésus s’avança en moi et Il me dit :

« Ma fille, il est vrai que la vie spirituelle est un martyre continuel. Elle est comme celle du premier et du plus grand des martyrs : Moi-même.

Il est nécessaire de souffrir à travers de nombreux changements pour permettre à la vie spirituelle d’atteindre sa stature propre, pour qu’elle devienne noble, belle et parfaite.

Si la vie corporelle, qui est moins importante que la vie spirituelle,

  • doit expérimenter d’innombrables changements pour atteindre sa maturité, cela est plus vrai encore pour la vie spirituelle. La vie spirituelle se calque sur la vie naturelle.

Arrête-toi un instant aux nombreux changements qui caractérisent la vie naturelle. L’être est conçu dans le sein de la mère. Et il y reste pendant neuf mois pour former un petit corps. Quand le corps est formé, il est forcé d’émerger.

S’il voulait rester à l’intérieur du sein maternel, il mourrait

Faute d’espace pour croître, il suffoquerait,

  • en mettant sa vie et celle de la mère en danger.

Si la vie naturelle devait être conçue en dehors du sein maternel,

  • qui fournirait le sang et la chaleur nécessaires à la formation du petit corps ? Et même si cela était possible,
  • le contact de l’air détruirait les tendres membres de ce petit corps.

Maintenant, considère quels soins doivent être donnés à un nouveau-né dans la période qui suit sa naissance. La chaleur, le froid, ou une insuffisance dans l’allaitement pourrait le conduire à la mort. Si on donnait au nourrisson un autre aliment que le lait, il ne saurait le mâcher et cela pourrait mettre sa vie en danger.

Puis vient le temps où l’enfant peut manger d’autres aliments, peut se passer des couches, et effectue ses premiers pas. Tu vois ? Nous sommes toujours dans la petite enfance et l’enfant a déjà expérimenté d’innombrables changements. Que dirait-on si, lorsqu’on met l’enfant sur le plancher pour qu’il fasse ses premiers pas, il cédait à la peur, faisait des scènes de colère, pleurait, et refusait obstinément ?

Ce serait lamentable, puisque l’enfant ne pourrait parvenir à la maturité s’il restait toujours dans les bras de sa mère. Il manquerait des exercices requis, ne prendrait pas de forces et ne se développerait pas.

Maintenant, considérons la vie spirituelle authentique.

Elle est conçue dans mon sein. Elle est formée par mon Sang, mon Amour et mon Souffle. Ensuite, Je la nourris de mon sein et Je l’entoure de mes grâces.

Puis, Je lui apprends à marcher avec l’appui de mes Vérités. Mon objectif n’est pas d’en faire une poupée pour l’amusement,

  • mais de créer une copie de Moi-même.

C’est là que les changements rentrent en ligne de compte. Le seul but est

  • d’amener le débutant à la maturité et
  • de lui fournir tous les privilèges et les prérogatives de la vie spirituelle authentique.

Autrement, il resterait aux couches. Et, au lieu de me faire honneur et de m’apporter gloire, il me causerait de l’affliction et du déshonneur.

Combien d’âmes restent au niveau du nouveau-né ou, au mieux, progressent jusqu’au stage des couches.

Les âmes qui coopèrent avec Moi pour devenir des copies de Moi-même sont extrêmement rares. »