Je me disais : « Mon bon Jésus a changé par rapport à moi. Il se réjouissait de me faire souffrir par la participation à ses clous, ses épines et sa Croix. Maintenant tout cela est disparu. Il ne se réjouit plus de me faire souffrir. Et s’il m’arrive de souffrir, il n’y porte plus son intérêt comme avant. » Pendant que je pensais à cela, mon doux Jésus, en mon intérieur, soupira. Et Il me dit :

« Ma fille, quand on a des intérêts plus élevés, les moins importants perdent leur attrait et leur charme. On les regarde avec indifférence. La croix lie l’âme à Dieu. Mais qui la nourrit et la fait croître jusqu’à son zénith ? C’est ma Volonté.

Seule ma Volonté amène à leur achèvement mes desseins les plus élevés sur une âme. Si ce n’était pas de ma Volonté, même la croix, bien que pleine de Pouvoir et de Grandeur, pourrait laisser l’âme s’arrêter à mi-chemin.

Oh ! Comme ils sont nombreux ceux qui souffrent. Mais comme ils sont nombreux ceux à qui il manque la nourriture assidue de ma Volonté.

Ils n’arrivent pas à vraiment mourir à leur volonté humaine. Étant ainsi entravée, la Divine Volonté ne peut amener l’âme à la cime ultime de la divine Sainteté.

D’autre part, tu dis que les clous, les épines et la croix ont disparu. Mais cela n’est pas vrai ma fille ; cela est faux ! En fait, ta croix était petite et incomplète. Maintenant, à travers ma Volonté, elle a été agrandie.

Chaque acte que tu fais dans ma Volonté est un clou enfoncé dans ta propre volonté. Quand ta volonté vit dans ma Volonté, elle est prolongée au point

  • de se diffuser dans toutes les créatures et
  • de me redonner, en leur nom, la vie que Je leur avais accordée.

Tu me retournes ainsi l’honneur et la gloire pour lesquels Je les avais créées.

Au fur et à mesure que ta volonté -immergée dans la mienne-prend de l’expansion, il en va de même de ta croix.

Ce n’est plus une croix pour toi seule, mais pour toutes les créatures. Aussi, Je vois ta croix partout, non comme auparavant, quand Je ne la voyais qu’en toi. Maintenant Je la vois en toutes les créatures.

Ta fusion dans ma Volonté, dépourvue de tout intérêt personnel, n’a comme objectif

  • que de me donner ce que toutes les créatures me doivent, et
  • d’offrir à toutes les créatures tous les bienfaits que contient ma Volonté.

Il s’agit exclusivement d’une Vie divine, aucunement humaine. Et c’est uniquement ma Volonté qui forme la Sainteté divine dans l’âme.

Tes premières croix s’arrimaient à une sainteté humaine. L’homme, si saint qu’il soit, ne peut réaliser de grandes choses, seulement des petites. Encore moins peut-il

  • élever son âme au niveau de la Sainteté de son Créateur,
  • participer aux Actions de son Créateur. L’homme est toujours sujet aux limites intrinsèques des créatures.

Mais ma Volonté, démolissant toutes les barrières entre l’humain et le divin, peut lancer l’âme dans l’immensité du divin. Ainsi, tout devient immense en elle : la croix, les clous, la sainteté, l’amour, la réparation, etc.

Mon objectif pour toi est plus qu’une sainteté humaine, quoique J’ai dû d’abord accomplir de petites choses en toi. Et Je me réjouissais tellement en le faisant ! Et Je t’ai fait progresser plus loin, jusqu’à vivre dans ma Volonté.

Je me réjouis tellement quand Je vois ta petitesse, ton néant embrassant mon immensité, pour me rendre gloire et honneur au nom de tous et de tout. Cela m’incite à retourner tous les droits aux créatures et me réjouit à tel point que Je ne prends plaisir en rien d’autre.

Ainsi donc ta croix et tes clous sont ma Volonté qui, en crucifiant ta propre volonté, complète en toi la véritable crucifixion, la rendant comme la Menne.

J’ai été conçu crucifié, J’ai vécu crucifié et Je suis mort crucifié.

J’ai continuellement nourri ma Croix en réalisant exclusivement la Volonté divine. Ainsi, J’ai été crucifié pour chacune des créatures . Et ma Croix a placé son sceau sur chacune d’elles. »