Alors que j’étais dans mon état habituel et pendant à peu près trois jours, j’ai senti mon esprit absorbé en Dieu. Le bon Jésus m’entraîna plusieurs fois dans sa très sainte Humanité où je pouvais nager dans l’immense océan de sa Divinité. Oh ! que de choses je pouvais voir ! Comme je voyais clairement tout ce que fit sa Divinité dans son Humanité ! Plusieurs fois, au milieu de mes surprises, Jésus me parla. Il m’a dit entre autres :
« Vois-tu, ma fille, avec quels excès d’Amour J’ai aimé les créatures ? Ma Divinité était trop jalouse pour confier à une créature l’accomplissement de la Rédemption ; ainsi, Je me suis infligé à Moi-même la Passion.
Aucune créature n’aurait été capable de mourir
- autant de fois qu’il y avait eu et allait y avoir de créatures à connaître la lumière de la Création,
- pour chaque péché mortel commis par elles.
Ma Divinité voulait une vie
- pour chaque vie de créature et
- pour chaque mort causée en elles par une faute mortelle.
Qui aurait pu être assez puissant pour Me donner autant de morts
- sinon ma Divinité ? Qui aurait pu avoir assez de Force, d’Amour et de Constance pour Me voir mourir autant de fois sinon ma Divinité ? Une créature se serait lassée et aurait abandonné.
Et ne va pas penser que cette activité de ma Divinité commença tardivement dans ma Vie terrestre. Elle commença dès le moment de ma Conception dans le sein de ma Mère qui, plusieurs fois,
- fut elle-même consciente de mes souffrances et
- ressentit mon martyre et mes morts.
Ainsi, même dans le sein de ma Mère, ma Divinité joua le rôle de bourreau d’Amour.
À cause de son Amour, ma Divinité fut inflexible au point où
- aucune épine, aucun clou et aucun coup ne furent épargnés à mon Humanité. D’autre part, ces épines, ces clous et ces coups
- n’étaient pas comme ceux que les créatures M’ont donnés pendant ma Passion, lesquels n’étaient pas multipliés.
Les souffrances infligées par ma Divinité furent multipliées pour couvrir toutes les offenses :
- autant d’épines que de mauvaises pensées,
- autant de clous que d’actions indignes,
- autant de coups que de plaisirs mauvais,
- autant de souffrances que d’offenses.
C’était des mers de souffrances, d’épines, de clous et de coups. Devant cette Passion que M’a infligée ma Divinité
- durant tout le cours de ma Vie, la Passion que les créatures m’ont fait subir dans les derniers jours de ma vie ne fut qu’une ombre, qu’une image.
Voilà à quel point J’aime les âmes ! C’était pour des vies que Je payais. Mes souffrances sont inconcevables pour un esprit créé. Entre dans ma Divinité, vois et touche de tes mains ce que J’ai souffert. »
À ce moment, je ne sais comment, je me suis retrouvée à l’intérieur de l’Immensité Divine. Là, étaient érigés des Trônes de Justice,
- un pour chaque créature, devant lesquels le doux Jésus avait à répondre des actions des créatures,
- payant et souffrant la mort pour chacune.
Comme un doux petit agneau, Jésus était tué par des mains divines pour ensuite revenir à la vie et souffrir encore d’autres morts.
Ô Dieu, ô Dieu ! Quelles douleurs incommensurables ! Mourir pour revenir à la vie et revenir à la vie pour mourir à nouveau d’une mort encore plus cruelle !
Je me sentais moi-même mourir en voyant mon doux Jésus être tué tant de fois.
J’aurais voulu épargner ne fût-ce qu’une mort à celui qui M’aime tant !
Oh ! comme j’ai bien compris que seulement la Divinité pouvait
- faire souffrir autant le doux Jésus et
- se vanter d’avoir aimé les hommes à ce point, à travers de telles souffrances ! Ni les anges, ni l’homme n’auraient eu cette Capacité d’aimer jusqu’à cet héroïsme. Seulement un Dieu le pouvait. Mais qui pourrait tout dire ?
Mon pauvre esprit nageait ainsi dans cet océan
- de Lumière, d’Amour et de Souffrances. Et je restai comme interdite, sans savoir comment partir.
Si mon aimable Jésus ne m’avait pas attirée dans sa très sainte Humanité, dans laquelle mon esprit était un peu moins submergé, j’aurais été incapable de quoi que ce soit.
Par la suite, mon doux Jésus ajouta :
« Fille bien-aimée, nouvelle-née de ma vie, viens dans ma Volonté et vois le nombre de mes Actes
- qui sont en suspens et
- attendent de profiter aux créatures.
Ma Volonté doit être en toi comme la roue principale d’une montre. Si celle-ci tourne, toutes les autres tournent et la montre marque l’heure et les minutes.
Tout résulte du mouvement de la roue principale ; Si cette roue ne bouge pas, la montre reste sans mouvement.
La roue principale en toi doit être ma Volonté, laquelle doit donner le mouvement
- à tes pensées, à ton coeur, à tes désirs, à tout.
Comme ma Volonté est le Centre
- de mon Etre, de la Création et de tout, ton mouvement, émanant de ce Centre,
- pourra se substituer aux mouvements de toutes les créatures.
En se multipliant pour tous, il amènera les actions de tous devant mon Trône,
- se substituant pour chacune. Par conséquent, sois attentive. Ta mission est grande et totalement divine. »