Je me trouvais dans mon état habituel. Et mon toujours aimable Jésus vint brièvement. Comme mon confesseur n’allait pas bien et qu’il ne pouvait pas me faire revenir à l’état de veille à travers l’obéissance, je dis à Jésus :
« Que veux-Tu que je fasse ? Dois-je rester dans cet état ou essayer de revenir par moi-même ?»
Il me répondit :
« Ma fille, voudrais-tu que J’agisse comme Je l’ai déjà fait, quand,
- non seulement Je te commandais de rester dans cet état,
- mais que Je m’arrangeais pour que tu ne puisses recouvrer tes sens qu’à travers l’obéissance ?
Si Je faisais ainsi actuellement, mon Amour serait lié et ma Justice ne pourrait se déverser complètement sur les créatures.
Et tu pourrais Me dire : “Tout comme Tu m’as attachée à l’état de victime, par amour pour moi et par amour pour les créatures, je T’attache à mon tour pour que ta Justice cesse de se déverser sur les créatures.” Ainsi, la guerre et la préparation d’autres nations à la guerre s’envoleraient en fumée. Je ne peux pas, je ne peux pas !
Au plus, si tu veux rester dans cet état, ou si le confesseur veut que tu y demeures, J’aurai quelque indulgence pour Corato et J’accorderai quelques adoucissements ailleurs.
Les choses se corsent et ma Justice ne te veut absolument pas dans cet état, afin que Je puisse
- envoyer plus de châtiments et
- faire en sorte que d’autres nations entrent en guerre pour abaisser l’orgueil des créatures qui trouveront la défaite là où elles s’attendent à la victoire.
Mon Amour pleure, mais ma Justice demande satisfaction. Ma fille, patience !»
Puis Il disparut.
Qui pourrait dire dans quel état je suis restée ? Je me sentais mourir. Parce que je pensais que si j’avais quitté cet état par moi-même, j’aurais peut-être été la cause
- d’une augmentation des châtiments et
- de l’entrée en guerre d’autres nations, en particulier de l’Italie.
Quelle douleur, quel déchirement ! Je ressentais tout le poids de cette suspension de Jésus. Je me suis dit :
Qui sait si Jésus ne permet pas au confesseur de devenir bien afin de donner le coup final et de faire entrer l’Italie en guerre ?»
Que de doutes, que de peurs ! Après avoir quitté cet état par moi-même, j’ai passé une journée entière dans les pleurs et l’amertume.