Mon état de privation se poursuit et même, il empire. Ô Dieu ! Quelle dégringolade ! Jamais je n’aurais pu croire que je finirais de cette façon ! J’espère au moins ne jamais sortir du cercle de ta très Sainte Volonté. Elle est tout pour moi. J’aurais le goût de pleurer sur mon état lamentable et c’est ce que je fais parfois.

Mais Jésus me réprimande alors en me disant des choses comme : « Tu veux donc demeurer toujours une fillette ? On voit bien que J’ai affaire à une petite fille. Je ne peux pas me fier à toi. J’espérais trouver en toi l’héroïsme du sacrifice pour Moi. Mais Je trouve à la place les larmes d’une petite fille qui ne veut pas se sacrifier. »

Ainsi, quand je pleure, Il se montre plus dur et Il va jusqu’à ne pas venir du tout ce jour-là. Par conséquent, je suis obligée

  • de m’ armer de courage et
  • de refouler mes larmes en Lui disant :

« Tu dis que c’est par amour que Tu me prives de ta Présence . Et, pour ma part, c’est par amour pour Toi que j’accepte cette privation. Par amour pour Toi, je ne pleurerai pas. »

Et si j’y arrive, Il se montre un peu plus indulgent. Sinon Il me punit plus fortement, ce qui me fait vivre une mort continuelle tout en restant vivante.

Donc, après avoir passé une journée de ce genre, je n’ai pu refouler mes larmes. Jésus me le fit payer comme je le méritais. Mais, tard dans la nuit, ayant pitié de moi, Il se manifesta comme si une petite fenêtre de lumière s’était ouverte dans mon esprit.

Il me dit : « Ne veux-tu pas comprendre qu’avant de quitter ce monde, tu dois mourir à tout : -à la souffrance, aux désirs, aux faveurs. Tout en toi doit mourir dans ma Volonté et dans mon Amour.

Au Ciel, ce qui entre dans l’Eternité,

  • c’est uniquement ma Volonté et mon Amour. Toutes les autres vertus prennent fin :
  • patience, obéissance, souffrance, désirs. Il n’y a que ma Volonté et mon Amour qui n’ont jamais de fin.

Par conséquent, tu dois mourir avant dans ma Volonté et dans l’Amour. Il doit en être ainsi pour tous mes saints.

Et Moi-même, Je n’ai pas voulu faire exception

  • en ayant été abandonné par le Père, afin de mourir totalement dans sa Volonté et dans son Amour.

Oh ! Comme J’aurais voulu souffrir davantage ! Oh ! Comme J’aurais désiré en faire davantage pour les âmes ! Mais tout cela mourut dans la Volonté et dans l’Amour du Père. C’est ainsi qu’ont agi les âmes qui M’ont vraiment aimé. Et toi, tu ne veux pas comprendre cela ! »