Après avoir vécu des jours amers de privation et après avoir communié, je me plaignais à mon aimable Jésus en Lui disant :
« On dirait vraiment que Tu veux me laisser complètement ! Mais dis-moi au moins si Tu veux que je quitte cet état ? Qui sait quel désordre se trouve en moi pour que Tu te sois éloigné ainsi. Aide- moi : de tout mon cœur je te promets que je serai meilleure. »
Jésus me répondit : « Ma fille, ne t’inquiète pas.
- quand Je te fais perdre conscience, reste calme,
- quand Je fais l’inverse, reste encore plus calme, sans gaspiller ton temps.
Prends tout de mes mains, comme ça t’arrive. Ne puis-Je pas suspendre ton état pendant quelques jours ? Pour ce qui est du désordre en toi, s’il y en avait, Je te l’aurais dit.
Sais-tu ce qui met le désordre dans l’âme ? Seulement le péché, si petit soit-il. Oh ! Comme il la déforme, la décolore, l’affaiblit.
Cependant, les divers états d’âme et les privations ne lui causent aucun dommage. Par conséquent, sois attentive à ne pas M’offenser, même très peu. Et ne crains aucunement qu’il y ait du désordre dans ton âme. »
Je repris : « Mais, Seigneur, il doit y avoir quelque chose de mal en moi.
Avant, Tu allais et venais sans cesse. Et, lors de tes visites, Tu me faisais participer à la croix,
- aux clous et aux épines. Mais, maintenant que ma nature s’est habituée à ces choses,
- qu’elles me sont devenues comme naturelles, à ce point qu’il m’est plus facile de souffrir que de ne pas souffrir, Tu te retires. Comment se fait-il qu’il ne se passe plus rien d’important en moi ?»
Avec douceur, Jésus me dit : « Écoute, ma fille, J’ai eu à disposer ton âme pour que tu fasses tes délices de la souffrance,
- afin que Je puisse y accomplir mon travail. J’ai dû t’éprouver, te surprendre, te charger de souffrances
- afin que ta nature renaisse à une vie nouvelle.
Ce travail, Je l’ai terminé puisque ta participation à mes souffrances est devenue permanente, parfois plus, parfois moins. Maintenant que ce travail a été complété, J’en jouis. Ne veux-tu pas que Je Me repose ?
Écoute, ne pense pas à cela, laisse faire ton Jésus qui t’aime tant. Je sais
- quand mon activité est nécessaire en toi et
- quand Je dois Me reposer de mon travail. »