Étant dans mon état habituel, il me sembla m’être trouvé avec un enfant dans les bras. Il se changea en trois enfants par la suite en lesquels je me suis sentie tout immergée.
Quand mon confesseur vint dans la matinée, il me demanda si Jésus était venu. Je lui ai dit ce que je viens d’écrire, sans ajouter quoi que ce soit. Mon confesseur me dit : « Ne t’ont-Ils rien dit ? N’as-tu rien entendu ?» Je répondis : « Je ne peux pas très bien le préciser. »
Il poursuivit : « La Sainte Trinité était ici et tu ne peux rien dire ? Tu es devenue stupide ? On voit bien que ce sont des rêves. » Je repris : « Oui, c’est vrai, ce sont des rêves. »
Il ajouta autre chose. Pendant qu’Il parlait, je me suis sentie saisie fortement par les bras de Jésus, si fortement que j’en ai presque perdu connaissance.
Jésus me dit : « Qui veut molester ma fille ?»
Je répondis : « Le Père a raison puisque je ne peux rien dire. Il n’y a aucun signe que c’était Jésus-Christ qui est venu à moi. »
Jésus enchaîna en me disant : « J’agis avec toi comme le ferait la mer avec une personne qui viendrait plonger dans ses profondeurs : Je t’immerge tout entière dans mon Être de sorte que tous tes sens en sont imprégnés. Ainsi,
- si tu veux parler de mon Immensité, de ma Profondeur et de ma Hhauteur, tout ce que tu peux dire, c’est qu’elles sont si grandes que ta vue en est obstruée.
- si tu veux parler de mes Délices et de mes Qualités, tout ce que tu peux dire, c’est qu’elles sont si nombreuses que dès que tu ouvres la bouche pour les compter, tu te noies en Elles. Et ainsi de suite pour le reste.
D’autre part, qu’est-ce qui se passe ? Tu dis que Je ne t’ai donné aucun signe que c’était Moi ? C’est faux !
-
Qui t’a maintenue au lit pendant vingt-deux ans sans te briser et dans un calme et une patience totale ? S’agit-il de leur vertu ou de la Mienne ?
-
Et que dire des tests qu’ils te firent subir dans les premières années de ton état actuel, quand ils t’ont fait demeurer immobile pendant dix-sept ou dix-huit jours sans prendre aucun aliment : était-ce eux ou Moi qui te maintenait ?»
Après cela, comme mon confesseur m’avait appelée, je suis revenue dans mon corps. Ensuite il célébra la sainte Messe et je communiai.
Alors Jésus revint. Je me suis plainte qu’Il ne venait plus comme auparavant, que le grand amour qu’Il avait pour moi semblait changé en froideur. Je lui ai dit :
« Chaque fois que je me plains, Tu trouves des excuses Ainsi, Tu dis que Tu veux châtier et que c’est pour cela que Tu ne viens pas. Mais moi, je ne crois pas cela. Qui sait quel mal se trouve dans mon âme, voilà pourquoi Tu ne viens pas. Au moins, dis-le-moi, pour que, quel qu’en soit le prix, y compris le prix de ma vie, je l’enlève. Sans toi, je ne peux être. Pense ce que Tu veux, je ne peux pas aller de l’avant ainsi : que je sois ou bien avec Toi sur la terre ou bien avec Toi dans le Ciel !»
Me coupant la parole, Jésus me dit : « Calme-toi, calme-toi, Je ne suis pas loin de toi.
Je suis toujours avec toi. Tu ne Me vois pas toujours, mais Je suis toujours avec toi. Que dis-Je, Je suis au plus profond de ton cœur pour Me reposer. Et, pendant que tu Me cherches et vis tes privations avec patience, tu M’entoures de fleurs pour Me réconforter et Me permettre de Me reposer plus en paix. »
Pendant qu’Il disait cela, il sembla y avoir autour de Lui tant de fleurs variées qu’elles Le cachaient presque.
Il ajouta : « Tu ne crois pas que c’est pour châtier le monde que Je te prive de Moi. Et, pourtant, il en est bien ainsi. Quand tu t’y attendras le moins, tu entendras parler de choses qui arriveront. »
Pendant qu’Il disait cela, Il me montra
- des guerres de par le monde,
- des révolutions contre l’Église et
- des églises en feu : cela était presque imminent.