Vivant mes jours dans l’amertume, je me plaignais à Notre-Seigneur en Lui disant : « Avec quelle cruauté Tu m’as laissée !

Tu m’avais dit que Tu m’avais choisie comme ta petite fille et que Tu me garderais toujours dans tes bras. Cependant, qu’en est-il maintenant ?

Tu m’as jetée par terre et, plutôt que d’être ta petite fille, je vois que Tu as fait de moi une petite martyre. Et, bien que petit, mon martyre est aussi cruel et âpre qu’amer et intense. »

À ce moment, Jésus bougea en moi et Il me dit :

« Ma fille, tu te trompes. Ma Volonté ne fait pas de toi une petite martyre, mais une grande. Si Je t’ai donné la force

  • de supporter avec patience et résignation la privation de ma Présence, ce qui est la chose la plus douloureuse et la plus amère qui existe,
  • au point qu’aucune autre peine au Ciel et sur la terre ne l’approche ou ne lui ressemble-,

n’est-ce pas là l’héroïsme de la Patience et l’ultime degré de l’Amour, en comparaison duquel tous les autres amours

  • sont dépassés
  • et presque annulés ? N’est-ce pas là un grand martyre ?

Tu dis être une petite martyre parce que tu penses ne pas souffrir tellement. Ce n’est pas que tu ne souffres pas, mais que le martyre de ma privation absorbe toutes tes autres souffrances, les faisant presque disparaître.

En fait, ta situation d’être sans Moi fait que tu ne prêtes pas attention à tes autres souffrances et que tu en viens à ne pas ressentir leur poids. Par suite, tu dis que tu ne souffres pas.

Je ne t’ai donc pas jetée par terre. Je te garde plutôt bien agrippée dans mes bras.

Plus encore, Je te dis que si J’ai donné à Paul ma grâce efficace lors de sa conversion, Je te donne cette grâce à toi presque continuellement.

Le signe de cela est que

  • tu continues à faire intérieurement tout ce que tu faisais quand J’étais avec toi presque continuellement,
  • ce que tu sembles faire présentement seule et par toi-même.

Que tu sois tout immergée en Moi et liée à Moi

  • en pensant sans cesse à Moi,
  • même si tu ne Me vois pas, cela n’est pas de toi, c’est une grâce spéciale et efficace.

Et si Je te donne beaucoup,

  • c’est le signe que Je t’aime beaucoup et
  • que Je veux que tu m’aimes aussi beaucoup. »