Étant dans mon état habituel, j’étais inondée d’amertume et de privations. Après avoir communié, je me plaignais à Jésus béni au sujet
- de la manière dont Il m’a laissée et
- de l’inutilité de mon état.
Avec compassion, Il me dit :
« Ma fille, rien n’a altéré les cadeaux que nous avons échangés entre nous. Car leur valeur réside dans leur Origine.
Supposons que deux personnes soient unies par un lien d’amitié ou dans le mariage,
-
qu’elles se soient fait des cadeaux et
-
qu’elles s’aiment au point d’être devenues inséparables.
Chacune a copié l’autre et ressent l’être de l’autre en elle-même.
Supposons de plus que, par stricte nécessité, elles soient contraintes d’être séparées l’une de l’autre.
Est-ce que
- leurs dons réciproques seront amoindris ou
- leur amour sera diminué à cause de cette séparation ?
Bien au contraire, leur éloignement n’aura pour effet que
- de faire grandir leur amour et
- de les amener à accorder plus de soins aux cadeaux échangés, dans l’attente d’autres cadeaux-surprises au moment de leur retour.
Plus encore,
- puisque chaque personne a reproduit l’être aimé en elle, c’est comme s’il n’y avait pas de distance entre elles :
- Chacune ressent la voix de l’autre en elle-même.
- Chacune sent l’autre couler dans ses pensées, ses travaux et ses pas.
- Elle la sent à la fois éloignée et proche.
- Elle la cherche mais ne peut la trouver.
- Elle la touche mais elle ne peut s’en emparer. Par conséquent, leurs âmes sont dans un continuel martyre d’amour.
En ce qui te concerne, si ma Justice m’amène
- à te priver de Moi et
- à demeurer loin de toi pour un bout de temps, peux-tu dire que
- Je t’ai enlevé mes dons et
- qu’il y a une diminution d’amour ?»
Je rétorquai : « C’est trop dur d’endurer mon état, ma chère Vie. Qu’est-ce que je fais ici si Tu ne me laisses pas souffrir
- pour que mes semblables soient épargnés des punitions ?
Tu m’as dit plusieurs fois que Tu empêcherais la pluie, et il ne pleut plus.
Ainsi, rien ne peut Te faire échec, tout ce que Tu dis, Tu le fais. Si Tu étais près de moi comme avant, je te dirais tant de choses que Tu me laisserais gagner !
Comment peux-Tu dire que la distance n’est rien ?»
Il reprit : « C’est précisément pour cette raison que Je suis forcé de me tenir à distance,
- pour ne pas te laisser gagner, mais pour faire place à la Justice.
En agissant ainsi, il y a des bénéfices :
- le manque d’eau amènera la famine,
- le peuple sera humilié et,
- après des massacres et des guerres, la grâce les trouvera plus disposés à être sauvés.
N’est-ce pas également un bénéfice que,
- alors que la guerre est sur le point de s’ajouter à la famine,
- qu’en te gardant ainsi, elle soit retardée et, en conséquence, que plus d’âmes soient sauvées ?»
Il ajouta : « L’amour ne dit jamais “assez”. Même si l’amour fouette l’âme et la met en pièces, ces pièces crient “amour”.
L’Amour ne dit jamais “assez”. Et, non content,
- Il pulvérise ces pièces.
- Il les réduit à néant.
Et dans ce néant,
- il souffle son feu et
- il lui donne sa propre forme.
Rien d’humain ne s’y mêle, mais seulement le divin.
C’est alors que l’Amour chante
- sa gloire,
- sa bravoure,
- ses prodiges. Et l’Amour dit :
« Je suis content. Mon Amour a gagné, Il a détruit l’humain et bâti le divin. »
Il arrive à l’Amour comme à un artisan talentueux qui, ayant beaucoup d’objets qui ne sont pas à sa main, il
- les met en pièces,
- les met au feu et
- les laisse là jusqu’à ce qu’ils soient fondus et aient totalement perdu leur forme.
Par la suite, il fait d’eux de nouveaux objets,
- plus beaux et plus plaisants,
- dignes de son talent.
Il est vrai que,
- pour les humains, cette activité de l’Amour est très dure.
Mais quand l’âme
- verra ce qu’elle aura gagné,
- elle verra comment la Beauté aura remplacé la laideur, la richesse, la pauvreté, la noblesse, la vulgarité. Alors, elle chantera elle aussi les Gloires de l’Amour. »