J’étais affligée de ne pouvoir communier chaque jour.
Mon bon Jésus vint et Il me dit : « Ma fille, Je veux que rien ne te trouble. C’est vrai que communier est une grande chose. Mais combien de temps dure l’union étroite entre l’âme et Moi ? Un quart d’heure tout au plus.
Ce que tu dois chérir le plus est
- le complet renoncement à ta volonté au profit de la Mienne. Car, pour celui qui vit dans ma Volonté, il y a union étroite non seulement pendant un quart d’heure, mais toujours, toujours !
Ma Volonté est communion continuelle avec l’âme. C’est non seulement une fois par jour,
- mais à chaque heure,
- à chaque instant que l’âme qui fait ma Volonté est en étroite communion avec Moi. »
Je vivais des jours très amers
- à cause de la privation de mon suprême et unique Bien, et aussi
- à cause de la pensée persistante que mon état n’était peut-être qu’une fumisterie.
Ma souffrance était augmentée par mon obligation de demeurer continuellement dans mon lit,
- sans mouvement ni occupation,
- dans l’attente de mon confesseur.
J’étais de plus privée de mon habituelle somnolence. Tout cela, accompagné de mes larmes incessantes, me tourmentait au point d’en tomber malade.
Plusieurs fois j’ai prié mon confesseur de me donner la permission
- de m’ asseoir dans mon lit, suivant mon habitude,
- et de faire mon travail habituel de broderie quand je n’étais pas assoupie et que Jésus ne me faisait pas partager un mystère de sa Passion en tant que victime.
Mais mon confesseur me défendait cela absolument.
Il disait que cet état, même privé de mon Bien suprême, devait être considéré comme un état de victime
- à cause de la douleur de la privation de Jésus et
- aussi en vertu de l’obéissance.
J’ai toujours obéi, mais mon cœur martyrisé me disait constamment : « Est-ce que ceci n’est pas une pure lubie ? Où se trouve ta somnolence, ton état de victime ?
Lève-toi, lève-toi ! Ne cherche pas d’excuses ! Travaille, travaille ! Ne vois-tu pas que tes prétentions te conduisent à la damnation ? N’as-tu donc pas peur ? Ne penses-tu pas au terrible jugement de Dieu ? Ne vois-tu pas que pendant tant d’années, tu n’as fait que te creuser un abîme dans lequel tu resteras enfermée pour l’éternité ?»
Ô Dieu ! Qui pourrait dire la torture cruelle qui tourmentait mon âme, qui m’écrasait et me plongeait dans une mer de douleurs ?
Mais l’obéissance tyrannique ne me laissait pas même un atome de ma propre volonté. Que la Volonté de Dieu soit faite Elle qui veut que les choses se passent ainsi !
La nuit dernière, alors que j’étais dans mon état habituel et au milieu de ces cruels tourments, je me suis trouvée entourée de personnes qui disaient :
« Récite un Pater, un Ave et un Gloria en l’honneur de saint François de Paule. Cela t’apportera un peu de soulagement dans tes souffrances. »
Pendant que je faisais ainsi, le saint m’apparut, m’apportant un petit pain qu’il me donna en me disant : « Mange-le. »
Je le mangeai et me suis sentie toute fortifiée. Puis je lui ai dit : « Cher saint, je voudrais te dire quelque chose. » Il me répondit très aimablement : « Que veux-tu me dire ?»
Je poursuivis : « j’ai peur que mon état ne soit pas selon la Volonté de Dieu.
Durant les premières années de cette maladie,
- que je vivais alors par intervalles, je me suis sentie appelée par Notre Seigneur à devenir une victime.
Et je fus prise de souffrances et de blessures intérieures telles qu’il apparaissait extérieurement que j’étais en état de crise. Mais, maintenant, je crains que c’était mon imagination qui me causait ces maux. »
Sur quoi le saint me dit :
« Un signe certain pour savoir si un état est selon la Volonté de Dieu :
C’est que l’âme soit prête à faire autrement si elle apprend que la Volonté de Dieu ne veut plus cet état. »
Mais, n’étant pas convaincue, j’ajoutai :
« Cher saint, je ne t’ai pas tout dit. Écoute bien. Au début, cela était intermittent. Ensuite, le Seigneur m’appela à une immolation continuelle et ça fait 21 ans que je suis continuellement alitée. Qui pourrait dire toutes mes tribulations ?
Il me semble que, parfois, Dieu me laisse seule et me prive de la souffrance, l’unique amie fidèle de mon état. Et je reste tout écrasée, sans Dieu et sans le soutien de la souffrance, d’où les doutes et les craintes que mon état pourrait ne pas être selon la Volonté de Dieu. »
Plein de bonté, le saint me dit :
« Je te répète ce que je t’ai déjà dit. Si tu es prête à faire la Volonté de Dieu quand tu la connais, ton état correspond à sa Volonté. »
Par la suite, j’ai ressenti fortement dans mon âme que,
- si je connaissais clairement la Volonté de Dieu,
- je serais prête à y souscrire, même au prix de ma vie. Par la suite, je fus plus tranquille. Que Dieu soit toujours remercié.