Poursuivant dans mon état de privations et, de ce fait, avec peu de souffrances, je me disais : « Non seulement je suis privée de Jésus, mais aussi du bienfait de la souffrance.

Ô Dieu, Tu veux me soumettre au feu et à l’épée et toucher aux deux choses qui me sont les plus chères et qui forment ma véritable vie : Jésus et la croix.

Si, pour Jésus, je suis abominable à cause de mon ingratitude, c’est juste qu’Il ne vienne pas.

Mais toi, ô Croix,

  • que t’ai-je fait pour que tu m’aies quittée d’une manière si barbare ? Ah ! Ne t’ai-je pas toujours bien reçue quand tu venais ? Ne t’ai-je pas toujours traitée comme une fidèle compagne ?

Ah ! Je me souviens

  • que je t’aimais tant que je ne savais pas comment vivre sans toi et
  • que, parfois, je te préférais à Jésus lui-même. Je ne sais pas ce que tu m’as fait pour que je ne puisse plus vivre sans toi.

Cependant, tu m’as laissée ! Il est vrai que tu m’as fait beaucoup de bien : tu étais la voie, la porte, la chambre, le secret et la lumière dans laquelle je pouvais trouver Jésus. C’est pour cela que je t’aime tant. Et maintenant, tout est fini pour moi !»

Pendant que je réfléchissais ainsi, Jésus béni vint brièvement et Il me dit :

« Ma fille, la croix fait partie de la vie. Seulement ceux qui n’aiment pas leur propre vie n’aiment pas la croix. Parce que c’est uniquement par la croix

  • que J’ai greffé la Divinité sur l’humanité perdue. Seulement la croix continue la Rédemption dans le monde,
  • greffant à la Divinité quiconque la reçoit.

Et si quelqu’un ne l’aime pas, cela signifie qu’il ne connaît rien

  • aux vertus,
  • à la perfection,
  • à l’amour de Dieu et
  • à la vraie Vie.

Imagine un homme riche

  • qui a perdu sa fortune et
  • à qui on fournit le moyen de la retrouver-et même plus.

Combien n’aimera-t-il pas ce moyen ? N’investira-t-il pas sa propre vie dans de ce moyen afin de retrouver sa vie à travers ses richesses ?

Il en va ainsi pour la croix.

L’homme est devenu très pauvre. La croix est le moyen

  • non seulement de le sauver de la misère,
  • mais de l’enrichir de tous les biens. La croix est la fortune de l’âme. »

Puis Il disparut Et je suis restée plus amère encore en pensant à ce que j’avais perdu.