Je continuais de me sentir mal et mon confesseur demeurait ferme. Il s’inquiétait même que je ne lui obéisse pas en ce qui regarde la question de ne pas mourir : il craignait que je cesse de prier le Seigneur de me libérer de mes souffrances.
D’autre part, je me sentais pressée par Jésus béni, par les saints et les anges d’aller les rejoindre, de sorte que je me trouvais avec Jésus à un moment et avec les citoyens célestes à un autre. Dans cet état, je me sentais torturée.
Je ne savais pas quoi faire. Pourtant, je demeurais calme de peur que si Jésus ne m’amenait pas au Ciel avec Lui maintenant, je ne trouve pas une autre occasion pour m’en aller rapidement avec Lui. Alors, je m’abandonnais totalement entre ses mains.
Pendant que je me trouvais dans cette situation, je voyais mon confesseur et d’autres gens qui priaient Jésus de ne pas me faire mourir.
Jésus me dit : « Ma fille, je me sens violenté. Ne vois-tu pas qu’ils ne veulent pas que Je t’amène avec Moi ?»
Je répondis : « Moi aussi je me sens violentée. Vraiment, ils mériteraient une punition pour placer une pauvre créature dans un tel état de torture. »
Jésus poursuivit : « Quelle punition veux-tu que Je leur donne ? »
Ne sachant pas quoi dire devant cette Source de charité inépuisable, je répondis : « Mon doux Seigneur, puisque la Sainteté exige le sacrifice, fais d’eux des saints.
S’ils n’en retirent pas d’autre avantage,
- ils auront au moins atteint le but de me garder avec eux comme âme victime.
Et moi, j’aurai atteint mon but de les voir devenir des saints,
- tout en leur ayant obtenu la patience de supporter la souffrance que requiert la Sainteté. »
Jésus était tellement heureux d’entendre ce que je disais qu’Il m’embrassa en disant :
« Bravo, ma bien-aimée ! Tu as su choisir ce qu’il y a de plus excellent pour leur bien et pour ma gloire. C’est pourquoi il faut céder pour l’instant. Je me réserve une autre occasion pour t’amener subitement avec Moi en ne leur donnant pas le temps de nous faire violence. »
Alors, Jésus disparut et je me suis retrouvée en mon corps. Mes souffrances étaient en partie atténuées et je ressentais en moi une nouvelle vigueur, comme si je venais de naître.
Mais Dieu seul connaît la souffrance et le tourment de mon âme. J’espère au moins qu’Il veuille accepter la dureté de ce sacrifice.