Il est inutile de décrire le pauvre état auquel je suis réduite. Cela ne ferait qu’aggraver et rendre plus profondes les plaies de mon âme. C’est pourquoi je passe tout sous silence en faisant une offrande au Seigneur.

Ce matin, pendant que je pleurais la perte de mon adorable Jésus, mon confesseur vint et me donna la directive de prier le Seigneur

  • pour qu’il soit assez bienveillant de venir. Il me semble qu’il soit venu. Et comme mon confesseur avait émis l’intention de la crucifixion, Jésus me fit participer aux douleurs de la croix.

Pendant ce temps, Jésus dit à mon confesseur : « J’ai été l’administrateur de la très Sainte Trinité, c’est-à-dire que J’ai transmis au monde

  • la Puissance,
  • la Sagesse et
  • la Charité des trois Personnes divines.

Toi, qui es mon représentant, Tu ne dois rien faire d’autre que de continuer ma propre œuvre auprès des âmes.

Si tu ne t’y intéresses pas, tu en viendras à interrompre l’œuvre commencée par Moi. Ainsi, Je me sens frustré dans l’accomplissement de mes desseins.

Et Je suis contraint de retenir la Puissance, la Sagesse et la Charité que Je t’aurais accordées si tu avais accompli l’œuvre que Je t’ai confiée. »

Après cela, Jésus sembla me transporter hors de mon corps. Et, de loin, on voyait une multitude de personnes desquelles émanait une puanteur insupportable.

Il me dit : « Ma fille, quelle division il y aura chez les prêtres ! Ce sera le coup ultime pour fomenter des divisions et des révolutions entre les peuples. » Jésus disait cela avec tellement d’amertume que j’en éprouvai de la compassion.

Ensuite, en pensant à mon état, je lui dis : « Dis-moi, mon Seigneur, veux-tu que je me fasse donner l’ordre par mon confesseur de cesser de demeurer dans cet état ? D’autant plus que, en ne souffrant plus comme avant, je me vois inutile. »

Jésus me répondit : « C’est vrai. » Mais, je fus très affligée et mon cœur était inquiet, comme si je n’avais pas voulu qu’Il me réponde ainsi.

Alors, je répliquai : « Mais, Seigneur, ce n’est pas parce que je veux sortir de cet état. Je veux simplement connaître ta sainte Volonté.

Car, étant donné que mon état résulte du fait que tu viens vers moi et que tu me fais participer à tes souffrances, et cela ayant cessé, je crains que tu ne veilles même plus que je continue de demeurer au lit. »

Jésus dit : « Tu as raison, tu as raison. » Je sentis mon cœur éclater à la suite des réponses que Jésus béni venait de me donner.

Et j’ajoutai : « Mais, mon Seigneur, dis-moi au moins ce qui est à l’avantage de ta plus grande gloire :

  • soit que je continue à demeurer dans cet état, même si je devais en crever,
  • ou soit que je me fasse donner l’ordre de quitter cet état. »

En voyant que je ne finissais pas de parler de ce sujet, Jésus changea la conversation et me disait :

Ma fille, Je me sens offensé par tous. Vois-tu, même les âmes dévotes

  • essaient de scruter si quelque chose est de leur faute ou non, au lieu de s’amender et d’extirper leur faute.

N’est-ce pas déjà un signe qu’il n’y a ni souffrance, ni amour ?

Car, la Souffrance et l’Amour sont deux onguents très efficaces qui, appliqués à l’âme, la guérissent parfaitement, l’un collaborant avec l’autre et la fortifiant énormément. »

Mais je pensais à ma pauvre situation. Et je voulais Lui en parler de nouveau pour connaître clairement la Volonté du Seigneur. Mais Jésus disparut.

Quant à moi, en réintégrant mon corps, j’étais toute confuse sur ce que je devais faire. Alors, pour être sûre, j’exposai tout à l’obéissance, laquelle veut que je continue de demeurer dans cet état. Que la Volonté du Seigneur soit faite, toujours !