J’ai passé plusieurs jours dans la crainte et les doutes au sujet de mon état.

Je croyais qu’il était entièrement le fruit de mon imagination. Parfois, mon esprit se fixait tellement sur cela que j’en arrivais à me plaindre à Notre-Seigneur et à me déplaire en sa présence en lui disant : « Quelle souffrance ! Quelle disgrâce que d’avoir été victime de mon imagination !

Je croyais te voir et,

  • au contraire, c’était totalement une hallucination de mon imagination. Je croyais accomplir ta Volonté en demeurant pendant tout ce temps dans ce lit, mais qui sait si cela n’était pas aussi un fruit de mon imagination ?

Seigneur, seulement à y penser me fait souffrir et m’épouvante. Ta Volonté adoucit tout, mais cela me rend amère jusque dans la moelle de mes os. De grâce, donne-moi la force de sortir de cet état imaginaire. »

Je me fixais tellement sur cette pensée que je ne pouvais plus me distraire, de sorte que j’arrivais à penser

  • que mon imagination m’avait préparé une place en enfer.

Je cherchais à me débarrasser de cette pensée en disant : « Eh bien, je me servirai de mon imagination pour aimer Jésus en enfer !»

Pendant que je me trouvais dans cet état d’obsession, Jésus béni voulut accroître ma situation douloureuse. En remuant à l’intérieur de moi, Il me dit :

« Ne prête pas attention à cela, autrement Je vais te laisser et Je te ferai voir

  • si c’est Moi qui viens ou
  • si c’est ton imagination qui a raison. »

À ce moment-là, je ne me suis pas préoccupée des Paroles de Jésus. Et je me suis dit : « Ah oui ? Il n’aura pas le courage de le faire, Il est si bon. » Pourtant, Il l’a vraiment fait. Il est inutile de dire ce que j’ai vécu en passant plusieurs jours privée de Jésus. Ce serait trop long ! Le souvenir seulement me gèle le sang dans les veines. C’est pourquoi je continue.

Ayant dit tout cela à mon confesseur, ce dernier se fit mon médiateur. Il se mit à prier avec moi pour que Jésus ait la bienveillance de revenir. Je me suis senti perdre connaissance et Jésus se fit voir de très loin, presque hargneux, car il ne voulait pas venir. Moi, je n’osais rien demander, mais mon confesseur insistait en ajoutant l’intention que Jésus me fasse participer à la crucifixion.

Alors, pour contenter mon confesseur, Jésus s’approcha et me fit participer aux douleurs de la croix. Ensuite, comme s’il avait fait la paix avec moi, Il me dit :

« Il était nécessaire que Je te prive de ma Présence, autrement tu n’aurais pas été convaincue que c’est Moi qui est à l’œuvre en toi, contrairement à ce que te suggère ton imagination.

La privation est utile pour faire connaître

  • d’où proviennent les choses,
  • la valeur de l’objet perdu, et
  • pour en avoir une plus grande estime par la suite. »