Il me semble que le Seigneur béni veut m’exercer à la patience. Il n’a compassion ni de mes larmes ni de mon très douloureux état.
Sans Jésus, je me vois immergée dans les plus grandes misères et je crois qu’il n’y a pas d’âme plus scélérate que la mienne. Quand je suis sans Jésus, je me vois plus que jamais mauvaise.
Cependant, lorsque je me trouve avec celui qui possède tous les biens, mon âme trouve le remède à tous ses maux. Quand Jésus me manque, tout est fini pour moi, il n’y a plus aucun remède pour mes grandes misères.
Bien plus, la pensée que mon état ne soit plus selon sa Volonté m’opprime.
Et, n’étant plus dans sa Volonté,
- il me semble que je suis en dehors de mon centre et, souvent,
- je pense à chercher une façon de me sortir de cet état.
Pendant que je réfléchissais ainsi, j’entendis Jésus derrière mon dos me disant : « Tu es fatiguée, n’est-ce pas ?»
Je lui répondis : « Oui, Seigneur, je me sens suffisamment fatiguée. »
Il poursuivit : « Ah ! Ma fille, ne sors pas de ma Volonté ! Car, en sortant de ma Volonté,
- tu en viens à perdre la connaissance de moi et,
- en ne me connaissant pas, tu en viens à perdre la connaissance de toi.
Ce n’est qu’aux reflets de la lumière qu’on distingue clairement si une chose est de l’or ou de la boue. Quand tout est ténèbres, on peut facilement confondre les objets.
Ma Volonté est lumière. Cette lumière te donne la connaissance de Moi et. Aux reflets de cette lumière, tu en viens à connaître qui tu es.
Par suite,
- en voyant ta faiblesse, ton pur néant,
- tu t’accroches à mes bras et, unie à ma Volonté, tu vis avec Moi dans le Ciel.
Mais, si tu sors de ma Volonté,
- premièrement, tu en viens à perdre la vraie humilité et,
- ensuite, tu en viens à vivre sur la terre.
Tu es ainsi contrainte
- à ressentir le poids des choses terrestres,
- à gémir et à soupirer comme tous ces autres malheureux qui vivent en dehors de ma Volonté. »
Cela dit, Jésus se retira sans même se faire voir. Qui peut décrire le tourment de mon âme ?