Qui pourrait décrire mon affliction de rester privée de ma très chère amie la souffrance ? Oui, j’admirais

  • le prodigieux empire de la sainte obéissance de même que
  • la puissance que le Seigneur avait communiquée à mon confesseur qui,

par l’obéissance et par le signe de la croix, m’avait libérée d’un mal que je considérais comme grave et qui était suffisant pour me faire mourir.

Malgré tout cela, je ne pouvais faire autrement que d’éprouver la douleur d’être privée d’une souffrance si bonne, qui amenait Jésus béni à la pitié et attendrissait son Cœur au point que je le faisais venir presque continuellement.

Lorsque Notre-Seigneur vint, je me suis plainte en lui disant : « Mon Bien-Aimé, qu’est-ce que Tu m’as fait ? Tu m’as fait libérer par mon confesseur. J’ai donc perdu, pour le moment, l’espérance de quitter la terre. D’ailleurs, pourquoi faire tant de détours ?

Tu peux Toi-même me libérer. Pourquoi as-Tu placé le confesseur entre nous ? Ah ! Peut-être que Tu n’as pas voulu me déplaire directement, n’est-ce pas ?»

Jésus répondit : « Ah ! Ma fille, comme tu as vite oublié que l’obéissance était tout pour Moi ! Je veux que l’obéissance soit tout pour toi.

D’ailleurs, j’ai placé le confesseur au milieu de nous pour que tu lui accordes les mêmes soins que tu accordes à ma propre personne. » Cela dit, Il disparut en me laissant tout attristée.

Comme elle sait faire les choses, dame obéissance ! Il faut la connaître et avoir affaire à elle pendant longtemps, et non pas seulement pendant une courte période, pour pouvoir vraiment dire qui elle est.

« Bravo, bravo pour dame obéissance ! Plus on te côtoie, plus tu te fais connaître. Quant à moi, pour dire vrai, je t’admire. Je suis même contrainte à t’aimer.

Mais je ne peux faire autrement que de me sentir fâchée avec toi, surtout lorsque tu m’en fais voir de belles choses .

C’est pourquoi je te prie, oh ! Chère obéissance, d’être plus indulgente, plus indulgente à me faire souffrir. »