Puisque Jésus continuait d’être absent,
- j’étais consumée par la peine et
- j’ai senti en moi monter une fièvre au point d’en devenir délirante.
Le confesseur vint pour célébrer le sacrifice divin et j’ai reçu la communion. Cependant, je n’ai pas vu mon cher Jésus comme d’habitude quand je communie.
C’est pourquoi j’ai commencé à parler d’une manière insensée :
« Dis-moi, mon Bien, pourquoi ne te montres-tu pas ? Il me semble que cette fois je n’ai pas occasionné ton évasion ! Quoi ? Tu me laisses tout simplement ? Ah ! Pas même des amis de cette terre agissent de cette manière. Quand ils ont à partir, au moins ils disent au revoir. Et tu ne me dis même pas au revoir ! Peut-on agir de cette manière ? Pardonne-moi si je parle comme cela.
C’est la fièvre qui me rend délirante et qui me fait tomber dans cette folie !»
Qui pourrait dire toutes les idioties que je Lui ai ainsi dites ?
J’étais délirante et je pleurais. À un moment, Jésus montrait une main, à un autre, un bras. J’ai vu le confesseur qui me donna l’autorisation de souffrir la crucifixion. Ainsi contraint par l’obéissance, Jésus se montra. Je Lui dis : « Pourquoi ne te montrais-Tu pas ?»
Et Lui, d’un ton sévère, Il me dit : « Ce n’est rien ! Ce n’est rien ! C’est seulement que Je veux châtier la terre.
Le fait d’être en bonne relation avec ne fût-ce qu’une seule personne me rend désarmé et Je n’ai plus la force de mettre les châtiments en marche.
Quand tu vois que Je veux envoyer des châtiments, tu commences à dire : “Verse-les sur moi. Fais-moi souffrir.”
Alors Je me sens vaincu par toi et Je ne passe jamais aux châtiments. Mais, pendant ce temps, l’homme ne fait que devenir plus provoquant. »
Le confesseur m’autorisa à souffrir la crucifixion. Mais Jésus se montra lent à procéder, contrairement aux autres fois où Il passait immédiatement aux actes.
Il me dit : « Que veux-tu faire ?» Je Lui répondis : « Seigneur, ce que tu veux. »
Se tournant alors vers le confesseur, Il lui dit d’un ton sérieux : « Veux-tu, toi aussi, Me lier en lui donnant cette permission pour que Je la fasse souffrir ?»
Pendant qu’Il disait cela, Il commença à me faire partager les douleurs de la Croix. Par la suite, pacifié, Il déversa en moi son amertume.
Puis Il dit : « Où est le confesseur ?» Je répondis : « Je ne sais pas. Il n’est sûrement plus avec nous. »
Jésus dit : « Je veux le voir car, puisqu’il m’a rafraîchi, Je veux moi aussi le rafraîchir. »