Alors que j’étais dans mon état habituel, je me suis soudainement trouvée hors de mon corps, à l’intérieur d’une église. Là, il y avait un prêtre qui célébrait le Sacrifice divin. Il pleurait amèrement et disait : « La colonne de mon Église n’a pas d’endroit où se reposer !»
Pendant qu’il disait cela, j’ai vu une colonne dont le sommet touchait le ciel. À la base de cette colonne, se trouvaient des prêtres, des évêques, des cardinaux et d’autres dignitaires. Ils soutenaient la colonne. J’observais de très près. À ma surprise, j’ai vu que, parmi ces personnes,
- l’une était très faible,
- une autre à moitié putréfiée,
- une autre infirme,
- une autre couverte de boue. Très peu étaient en condition pour soutenir la colonne.
En conséquence, cette pauvre colonne vacillait. Elle ne pouvait rester ferme à cause des coups qu’elle recevait au bas.
À son sommet se tenait le Saint-Père qui,
- avec des chaînes d’or et des rayons émanant de toute sa personne, faisait tout ce qu’il pouvait
- pour stabiliser la colonne et
- pour attacher et éclairer les personnes qui se trouvaient plus bas (bien que quelques-unes s’échappaient pour être plus libres de pourrir ou de devenir plus boueuses). Il s’efforçait aussi d’attacher et d’éclairer le monde entier.
Comme je regardais tout cela, le prêtre qui célébrait la Messe
- (je pense que c’était Notre-Seigneur, mais je n’en suis pas sûre) m’appela près de lui et Il me dit :
« Ma fille, regarde dans quel piteux état se trouve mon Église ! Ces personnes mêmes qui devraient la soutenir, la démolissent. Ils la frappent et vont jusqu’à la diffamer.
Le seul remède pour Moi est de faire couler beaucoup de Sang
- pour en former comme un bain afin de pouvoir
- laver cette boue putride et
- guérir ces blessures profondes.
Lorsque, par ce Sang,
- ces personnes seront guéries, fortifiées et belles,
- elles pourront être des instruments capables de maintenir mon Église stable et ferme. »
Il ajouta : « Je t’ai appelée pour te demander si tu veux
- être une victime et, ainsi,
- être une tutrice pour supporter cette colonne en ces temps si incorrigibles. »
En premier lieu, j’ai senti un frisson me traverser, car j’avais peur de ne pas avoir la force. Ensuite, je me suis offerte. Je me suis vue entourée de plusieurs saints, anges et âmes du purgatoire qui, avec des fouets et d’autres instruments, me tourmentaient.
Au début, j’ai eu peur. Par la suite,
- plus je souffrais, plus mon désir de souffrir augmentait, et
- je goûtais la souffrance comme un très doux nectar.
Il me vint cette pensée : « Qui sait ? Peut-être que ces douleurs seront un moyen de consumer ma vie et de m’amener à prendre mon dernier envol vers mon unique Bien ! »
Mais après avoir subi de dures souffrances, j’ai vu, à mon grand regret, que ces souffrances ne consumaient pas ma vie. Ô Dieu, quelle douleur de constater que cette fragile chair m’empêche de m’unir à mon éternel Bien !
Puis j’ai vu un massacre sanglant sur les gens qui étaient au bas de la colonne. Quelle horrible catastrophe ! Ceux qui ne furent pas victimes étaient très peu nombreux. L’audace des ennemis alla aussi loin que de tenter de tuer le Saint-Père !
Ensuite, il me sembla que
- ce sang versé et ces victimes constituaient le moyen de rendre forts ceux qui restaient,
- de telle manière qu’ils devinrent aptes à soutenir la colonne sans qu’elle vacille.
Ah ! Que d’heureux jours se levèrent par la suite ! Des jours de triomphe et de paix. La face de la terre sembla renouvelée.
La colonne acquit son lustre et sa splendeur première. À distance, je salue ces heureux jours qui vont donner
- tant de gloire à l’Église et
- tant d’honneur à ce Dieu qui en est la tête !